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Interview de Jacques Attali par le Haaretz

lundi, 02-Nov-2009

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Par Assaf Uni le 16/10/2009


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L'interview de Jacques Attali a fait du "buzz" en France, il m'a semblé plus honnête de vous la présenter dans son intégralité et de vous la traduire. J'ai pu faire des fautes de traduction, aussi, l'original suit la traduction, pour vous permettre de vous référer au texte original en anglais en cas de doute. Merci pour votre indulgence ! !

 

 

 

Jacques Attali ne supporte pas qu'on lui parle de l'antisémitisme en France. "Il y a des choses plus importantes à parler que de mon point de vue sur un problème qui n'existe pas", m'a t-il dit la semaine dernière dans une interview conduite au siège de sa société de consultant. Attali, un économiste et un écrivain prolifique qui a des rubriques hebdomadaires dans de nombreux médias, a été le plus important conseiller du président français François Mitterand. Aujourd'hui président de la plus importante ONG mondiale du micro-crédit. Attali est un Juif né en Algérie qui est venu en France avec sa famille lorsqu'il avait douze ans. La semaine prochaine, il prendra part à la seconde conférence présidentielle israélienne. "Face à demain" à Jérusalem. Il soutient que parler de l'antisémitisme en France est dangereux, si ce n'est pas une propagande israélienne

L'antisémitisme en France

N'y a-t-il aucun problème d'antisémitisme en France ?

«Zéro ! rien du tout. C'est un mensonge, un pur mensonge. Pas vrai. Il existe quelques antisémites bien connus, mais ce n'est pas un problème au niveau national »

Il y a une tendance parmi les juifs français à immigrer en Israël, et beaucoup d'entre eux disent que c'est du à l'atmosphère antisémite.

Je pense que ce n'est pas vrai. Je pense qu'il s'agit d'une propagande, d'une propagande israélienne.

Mais le nombre ne le prouve t-il pas ?

«Il y a des Juifs français qui prennent deux semaines de vacances à Tel Aviv et qui retournent à Paris ou ailleurs, il y a des juifs français qui achètent des appartements en Israël, comme des britanniques achètent des logements dans le Sud de la France. Pour des vacances. Depuis la dernière décennie, les israéliens se sont engagé dans une sorte de souhait, que la situation en France était désastreuse, et que le peuple allait immigrer en Israël. C'est une propagande très dangereuse qui fait que le peuple croit que la situation en France est terrible. C'est ridicule, et je suis un exemple du fait que ce n'est pas vrai. Je viens de rien, et j'ai fait ma place partout dans le monde et en France. La France a les communautés juives, musulmanes, et arabes les plus modernes. Il est absolument crucial pour les deux communautés d'établir de bonnes relations entre elles. C'est crucial pour Israël et pour le monde entier. C'est d'une importance stratégique. S'ils ne peuvent pas vivre ensemble ici, ils ne le pourront nulle part ailleurs dans le monde.

Mais maintenant n'est-ce pas compromis ?

«Ce n'est pas vrai, bien sûr il y a des disputes, mais il y a un tat de rencontres et de discussions.

Mais c'est au niveau politique, pas au niveau de la rue. Vous et moi ne porterions pas de kippa pour aller nous perdre dans certaines banlieues. Je connais des gens qui retirent leur Kippa par crainte dans le métro.

C'est peut-être vrai, mais personne ne m'en a parlé.

Ne pensez vous pas qu'il y a un problème d'antisémitisme dans la communauté musulmane de France ?

« Absolument pas; il faut absolument éviter de soutenir ceci, partout et tout le temps. Bien sûr ils sont contre la politique israélienne dans les territoires. Bien sûr vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a aucun problème. Vous pouvez toujours trouver des fous dans toutes les composantes des sociétés. Mais il n'existe pas de problème politique; c'est grossi, et en fait ça n'existe pas. Si vous regardez les chiffres vous ne pouvez pas le prouver.»

Bien sûr vous pouvez. Durant l'opération plomb fondu à Gaza, des cocktails Molotov ont été lancé contre des synagogues et des institutions juives en France, et des graffitis antisémites sont été peints sur les murs. Le nombre d'incidents antisémite a fait un grand bond dans les pages des journaux , en accord avec les statistiques du Congrès Juif Européen.

Il y a des questions.

«Regardez» interrompi Attali, «Je ne suis pas ici pour défendre la France, je suis ici pour défendre ma propre opinion : des riens (bullshit? ) , des cacahouètes, des mensonges. Ce n'est pas ce dont vous et moi devons parler. J'en suis désolé, nous devons parler de sujets plus importants. Il y a des choses plus importantes que mon point de vue sur un problème qui n'existe pas. Vous êtes un journaliste israélien, et toutes vos questions tournent autour ce ça.

«Mais, c'est un problème qui n'existe pas» dit-il franchement : Je suis désolé de parler de la caricature de la France. Et je ne suis pas ici pour défendre la France.»

La mère d'Ilan Halimi m'a donné ses raisons pour lesquelles son fils a été tué, personne ne pense qu'il s'agisse de l'antisémitisme des banlieues. Je la respecte, et je n'ai pas de commentaires à faire sur ses reproches.

 

Jacques Attali et l'Algérie

Jacques Attali est né dans une famille juive d'Alger en 1943. Il a vécu dans une sorte d'enclave française dit-il. «Je n'ai jamais eu de musulman dans ma classe. Il sait que ces choses ne me plaisent pas, mais l'Algérie, quand j'y vivais pratiquait un apartheid pur» Son père, un marchand prospère de parfum, et sa mère parlaient arabe quand ils parlaient en famille. «Mais dans notre maison, nous parlions uniquement français, ils refusaisent de nous laisser parler arabe, en raison des idées de progrès social »

En 1956, cependant, avant que la guerre d'indépendance de l'Algérie ne dégénère dans la violence extrême, son père a décidé d'installer sa famille à Paris. La volonté de promotion sociale a permis à Jacques, et dans une grande mesure aussi ses deux frères jumeaux, Bernard (ancien président d'Air France et Air Canada) - sur la route d'un succès rapide. Attali parle six langues et participe à quatre académies parmi les plus prestigieuses institutions d'enseignement français. Il a dit une fois que d'habitude, il fallait 21 ans pour obtenir ces diplômes, mais qu'il les avait gagné en sept ans.

Jacques Attali et François Mittérand

Très jeune, il a rejoint l'équipe du parti socialiste dirigé par François Mitterand, et l'a accompagné au palais de l'Élysée en 1981 et devint le conseiller tout puissant du président français pendant une décennie. Tous ceux qui rencontraient Mitterand devait traverser le bureau d'Attali. Le président appréciait son activité et la productivité de son intelligence : "Sur dix idées qu'il avait, j'en prenais une a dit une fois Mitterand"
«J'ai été avec lui pendant plus de dix ans, et il n'y a pas un seul jour sans que nous nous parlions ou rencontrions »

Vous manque-t-il ?

«Oui, bien sûr. J'étais très proche de mon père, aussi il ne fut pas un père d'adoption, mais nous avions des relations spéciales»

Ce n'est qu'après la mort de Mitterand en 1996 qu'Attali dit avoior été déçu par le refus du président d'adresser à la France un message sur la seconde guerre mondiale, en particulier envers la population Juive, et sur son propre passé d'officiel du régime de Vichy, un élément de sa biographie que le président a essayé de cacher.

Selon Attali, Mitterand avait un grand intérêt pour le judaïsme, et ils discutaient souvent ensemble de sujets juifs. "Il disait : «Les seules Juifs que je n'aime pas, sont ceux qui ne réalisent pas combien c'est une bénédiction d'être né Juif» . Nous étions ensemble dans un avion, et tous ses conseillers voulaient parler de sujets stratégiques, mais il ne voulait parler que du coût de la caverne de Machpela, et de toute l'histoire qu'on a prêté à Abraham. Nous en avons parlé pendant deux heures" . Attali qui a écrit une biographie du dernier président français, a utilisé une fois le terme de «Dernier roi de France»

Attali après François Mitterand

Attali était là, dans l'administration française quand le rideau de fer est tombé. En 1991, il a été l'initiateur et le fondateur de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement, qui avait pour but d'établir l'économie de marché en Europe de l'Est après la chute du communisme, soit par des investissements dans le marché privé ou par des incitations à la privatisation, ou au moyen d'éducation à l'économie de marché.
Attali a évolué du socialisme de ses premières années à la démocratie sociale, faisant de lui l'homme qui pouvait diffuser le capitalisme dans l'ancien empire soviétique. cependant, deux ans son salaire en tant que président de la banque, il a plongé dans les ennuis à la suite d'un rapport sur des décisions financières curieuses dont il était responsable. Il a été critiqué pour les gaspillages de banque, comme la dépense d'un million d'euros pour remplacer le marbre dans l'entrée de son siège à Londres.

Plus récemment, Attali devint l'un des nombreux anciens de la Gauche à travailler avec le Président Nicolas Sarkozy, à la tête d'un comité qui dressait un plan de réforme pour la distribution de l'aide internationale. Pendant la dernière décade, Attali a été actif dans les ONG qui combattaient la faim en Afrique et la pauvreté à travers le monde. L'éclat de cette activité a été quelque peu terni par les procès contre lui (et 41 autres membres de l'élite politique française) dans l'affaire dite "Angolagate". Attali est accusé d'avoir aidé la société de Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak qui est suspecté de s'être engagé dans un commerce illégal d'armes avec l'Angola. Attali déni complètement toute implication dans cette affaire, et le procureur n'a pas demandé de peine de prison contre lui. Le verdict est attendu à la fin du mois.

La mégalomanie et la paranoïa

Attali a publié 49 livres, incluant des discussions sur la politique de la musique, une biographie de Karl Marx, des livres pour enfants, des articles d'économie, des jeux et des poèmes. son site internet, (aussi disponible en anglais www.attali.com) ressemble au site d'une petite société d'édition. L'an dernier Attali était 89 ième sur la liste des intellectuels étrangers les plus influents dans le monde.

Pour Attali, mégalomanie n'est pas un gros mot. "Je pense qu'il y a trois qualités que le peuple croit être une faiblesse, mais que je pense être une force : l'hypochondrie, la paranoïa, et la mégalomanie. La conscience des choses ainsi que l'auto-ironie sont aussi importantes.

Ces point font référence sa vision d' Israël. «Ces trois, mais principalement la paranoïa sont malheureusement nécessaires si on veut survivre. Non seulement pour les les Juifs; pour chacun qui veut survivre. Et, en tant que Juif, nous sommes tous paranoïaques. Et c'est bien, aussi longtemps que ce n'est pas trop fou. C'est utile.»

Les valeurs d'Israël et celles de ses ennemis

N'est-ce pas une des conclusions gênante de l'Opération plomb fondu que des palestiniens innocents ont été tué au nom de la paranoïa israélienne ?

«La paranoïa est bonne quand elle a des frontières. Israël risque aujourd'hui d'être contaminé par les valeurs de ses ennemis. Le vrai danger est que les ennemis d'Israël ont besoin de détruire ses valeurs morales pour gagner. Quand vous avez un ennemi qui ne respecte pas les règles du jeu, vous êtes forcé d'abandonner votre morale, et c'est le vrai danger. Le fait qu'Israël soit une nation morale dans une région sauvage et amorale peut mener à une situation dans laquelle il plonge au niveau de ses ennemis.»

Il semble qu'on ait, en Israël le sentiment de vivre une période difficile : l'Iran peut développer des armes nucléaires, le rapport Goldstone met le doute sur l'armée israélienne, et Obama met la pression avec l'Europe derrière lui. Comment ces choses sont-elles vues d'Europe ?

«Bien, d'abord, je voudrais vous dire que je ne représente personne d'autre que moi-même. Si vous voulez savoir ce que le peuple de France pense, allez dans la rue et interrogez les gens. Je suis un nomade dans le vaste monde. Je voudrais dire qu'il n'a jamais été facile d'être Juif. Et, dans la même optique, il n'était pas facile d'être un état Juif. Je ne sens pas cette période comme étant plus difficile que les années 1960 ou 1970. Dans chacune de ces décades vous pouvez trouver des problèmes beaucoup plus sérieux que les difficultés actuelles. »

«Israël est presqu'irréversible» continua-t-il, « Ce serait une catastrophe mondiale de faire disparaître Israël, et je ne le vois pas arriver. Mais le fait que c'est impossible ne veut pas dire que nous ne devons pas être très prudents et vigilants, et ne pas appliquer ce qui est appelé en anglais "deep intelligence" (intelligence profonde) face à nos ennemis. Je vois seulement un problème vraiment sérieux : Israël est il toujours Israël ? C'est une question juive très bien connue; Israël existe-t-il, n'a t-il jamais existé que comme une utopie ? En tant que nation sioniste oui, mais est-ce l'Israël de l'histoire juive ? Et si Israël est seulement une idée sioniste, est-ce une nation comme les autres ?

La vraie menace vient de la diaspora

Pensez vous que le conflit israélo-palestinien puisse conduire à une rupture entre les juifs de la diaspora et les israéliens ?

«Le vrai problème est la menace de disparition des communautés juives à l'étranger, et non l'existence d'Israël. Un point stratégique pour la survie d'Israël - qui pour mois est flagrant, mais que personne ne veut discuter - est qu'Israël a besoin d'avoir des juifs autour de lui pour survivre, pas seulement pour des raisons démographiques mais aussi pour des raisons économiques en relation avec la globalisation. Mais Israël a une très mauvaise compréhension de ce qu'est un juif. Aussi longtemps que vous direz qu'être un juif c'est être en accord avec la 'Halaha (la loi juive), la tendance actuelle : mariages mixtes, melting pot- conduira à la destruction du peuple juif.

«La survie d'Israël nécessite 200 million de Juifs à travers le monde, ce qui signifie que c'est une question de conversion. Cette question n'est pas vraiment comprise. Nous devons avoir une définition plus large de qui est juif, et activer les conversions. Nous devons accepter tous ceux qui ont un parent Juif et qui ont été élevé dans une famille juive ou qui veut vivre comme Juif. Et si nous appliquons la loi du retour aux gens qui sont à peu près juifs, cela changera le tableau de façon significative. »

Mais est-ce si important d'avoir une diaspora forte ?

«Si nous n'essayons pas de la préserver, la totalité de la communauté Juive va disparaître. De nos jours c'est une composante essentielle de l'économie globale. La France à trois millions de français à l'étranger, le chine a cent million de chinois. cela leur confère un avantage, est c'est aussi essentiel pour la démographie israélienne.

Attali et le micro crédit

Une partie de son engagement concerne le microcrédit, une méthode développée par le prix Nobel Muhammad Yunus pour générer des petits prêts pour développer les affaires et créer un revenu pour les pauvres gens à travers le monde. PlaNet Finance, l'association sans but lucratif dont Attali est le président opère dans 80 pays, et a un grand succès dit-il. Il viendra bientôt en Israël avec le projet de cette organisation. Yunus est président du conseil de direction.

«Microfinance» dit Attali «est en relation avec ma vue Juive du monde. Comme vous le savez, en accord avec la pensée Juive le monde nous a été donné avec ses imperfections, et tout le concept du tikkun olam fait que nous devons réparer les les imperfections du monde.

La plus grande imperfection du monde aujourd'hui est la pauvreté, et j'utilise une grande partie de mon temps à essayer de la réparer. Aider à sortir les gens de la pauvreté est la plus importante tâche aujourd'hui, plus importante que l'écologie. Dans le judaïsme, il y a huit cercles de la Tsedaka (justice=charité) La plus basse est de la cacher, la septième est de prêter au pauvre, ainsi il peut repartir dans les affaires, c'est la micro finance. La huitième est de s'associer à un pauvre dans vos propres affaires. Je suis au septième niveau. »

Combien d'heure dormez vous par nuit ?

« Trois heures»

C'est tout ?

Quand les gens me demandent, je répond que la qualité ne dépend pas de la quantité. Cela peut être bon pour le travail, mais pas pour un physique qui a besoin de dormir.
Actuellement, ces derniers jours, j'ai dormi quatre heures»

D'où vient cette activité ? les douzaines de livres, les articles dans les hebdos, les projets internationaux ?

D'abord, je ne sais pas. Mais si je n'étais pas un lecteur, je ne pourrais continuer. Si mes premiers livres n'avaient pas eu de succès, je ne suis pas sûr que j'aurais continué. J'ai un moteur interne. J'ai 21 manuscrits dans mon ordinateur à des degré divers de complètude.

Ainsi votre vue du monde est "Tikkun olam"

«Ce serait mégalo de dire ça »

Mais vous dites que c'est de bonne qualité

Dans une certaine limite et avec assez d'auto-dérision. Mes deux enfants veillent à bien contrôler.

Longue interview de Jacques Attali
 

Courriers

Humour

The FIXER

By Assaf Uni le 16/10/2009
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1121392.html

Jacques Attali is fed up with talking about anti-Semitism in France. "There are more important things to discuss than my view on a nonexistent problem," he told me last week in an interview conducted in the headquarters of his consulting firm. Attali, an economist and a prolific writer who has a weekly column in a number of media outlets, was the most important adviser to perhaps the most important French president, Francois Mitterrand. Nowadays he is president of the world's largest nongovernmental organization (NGO) for microcredit. Attali is an Algerian-born Jew who moved to France with his family when he was 12. Next week he will take part in the Second Israeli Presidential Conference: Facing Tomorrow, in Jerusalem. He asserts that all the talk about anti-Semitism in France is dangerous - if not altogether organized -propaganda by Israel

Is there no problem of anti-Semitism in France?

"Zero! None whatsoever. It's a lie. It's a pure lie. Not true. There are some well-known anti-Semites, but it is not a problem at the national level."

There is a trend among French Jews to immigrate to Israel, and many of them say it's due to an anti-Semitic atmosphere.

"I think it is not true. I think it is propaganda, Israeli propaganda."

But don't the numbers prove it?

"There are some French Jews who take a two-week holiday in Tel Aviv and then they are back to Paris or elsewhere. There are French Jews who buy apartments in Israel the same way the British buy apartments in the south of France: for vacations. For the past decade, Israelis have engaged in some kind of wishful thinking that the situation in France is a disaster and that people are immigrating to Israel. It is very dangerous propaganda, to make people believe that the situation in France is terrible. It's ridiculous! I am an example of the fact that it is not true. I came from nothing and I advanced - worldwide but also in France. France has the most modern Jewish community and the most modern Arab and Muslim community. It is absolutely crucial for there to be success in relations between Jews and Arabs in France. It's crucial to Israel and to the whole world for the two communities to get along. These relations are of strategic importance: if they cannot live in harmony here, they cannot live in harmony anywhere."

But right now it doesn't look so promising.

"That is not true. There are a lot of discussions. Of course there are some disputes, but there are a lot of meetings and discussions."

That's at the political level, not the street level. You and I would not put on a skullcap and go wandering in certain Paris suburbs. I know people who take off their skullcap out of fear, even in the metro.

"Maybe that's true, but no one ever told me they do that."

Don't you think there is a problem of anti-Semitism among the Muslim community in France?

"Absolutely not. They are absolutely adamant to avoid it, wherever and whenever. Of course they are against the Israeli policy in the territories. Of course you can't say there is no problem at all. You can always find crazy people in every part of society. But it's not a political problem; it is not growing, and in fact it does not exist. If you look at the numbers you cannot prove it."

Of course you can. During Operation Cast Lead in Gaza, Molotov cocktails were thrown at synagogues and Jewish institutions in France and anti-Semitic graffiti was sprayed on walls. The number of anti-Semitic incidents leaped threefold, according to statistics of the European Jewish Congress. "Look," Attali interrupts, "I am not here to defend France. I am here to tell you my opinion: bullshit, peanuts, lies. This is not what you and I should be talking about. I am disappointed. We should talk about larger issues. There are more important things to discuss than my views on a nonexistent problem. You are an Israeli journalist and all your questions are about that."

These are only some of the questions.

"But it is a problem which does not exist. I say very bluntly: I am disappointed to be talking about a caricature of France. And I am not here to defend France."

Ilan Halimi's mother told me the reason her son was killed was because no one believed there is anti-Semitism in the suburbs.

"I respect her, and I do not want to comment on what she said in grief."

Jacques Attali was born to a Jewish family in Algiers in 1943. They lived in a kind of French enclave, he says. "I never had a Muslim in my class. I know there are those who will not agree with me, but Algeria when I lived there was pure apartheid." His father, a successful perfume merchant, and his mother spoke Arabic, which was spoken in their families. "But in our house we spoke only French - they refused to let us speak Arabic - because of the idea of social progress."

In 1956, even before Algeria's war for independence escalated to the violent plateaus it would attain, his father decided to move the family to Paris. The desire for social advancement placed Jacques - and in large measure also his twin brother, Bernard (a former chairman of Air France and Air Canada) - on the fast track to success. Attali speaks six languages and holds four academic degrees from France's most prestigious institutions of learning. He once said that ordinarily it would take 21 years to obtain these degrees, "but I did it in seven years."

At a young age he joined the team of the Socialist Party leader Francois Mitterrand, accompanied him to the Elysee Palace in 1981 and became the French president's all-powerful adviser for a decade. Everyone who met with Mitterrand had to go through Attali's office - physically - and the president hailed his activity and his productive mind: "Of every 10 ideas of his, I take one," Mitterrand once said.

"I was with him for more than 10 years," Attali says. "Not a day passed without us talking or meeting."

Do you miss him?

"Yes, of course. I was very close to my father, so he was not a father-surrogate, but we had a special relationship."

It was not until after Mitterrand's death in 1996 that Attali said he had been disappointed by the president's unwillingness to address France's record in World War II, notably the attitude toward its Jewish population and Mitterrand's own past as an official in the Vichy administration - an element of his biography that the president tried to hide.

Mitterrand, says Attali, took a great interest in Judaism and the two often spoke about Jewish subjects. "He said 'the only Jews I resent are those who don't realize it's such a blessing to be born a Jew.' We were on a plane once, and all his advisers wanted to talk about some strategic issue, but he wanted to talk about the cost of the Machpela cave and the whole story about the loan Abraham took. We discussed it for two hours." Attali, who wrote a biography of the late French president, once termed him "the last king of France."

Attali was there in the French administration when the Iron Curtain came down. In 1991, he was the initiator and founder of the European Bank for Reconstruction and Development, which sought to create market economies in Eastern Europe after the collapse of communism, either by investment in the private market and encouragement of government privatization, or by means of education for a free-market economy. Attali moved from the socialism of his early years to social democracy, making him the man who was supposed to disseminate capitalism throughout the former Soviet empire. However, two years after his appointment as the bank's president, he resigned under a cloud, in the wake of reports about some peculiar financial decisions he had made. There was criticism of the bank's wastefulness, such as a spending one million euros to replace the marble in the lobby of its London headquarters.

More recently, Attali became one of the many former left-wing figures in France to work with President Nicolas Sarkozy, as the head of a committee that drew up a reform plan for the distribution of international aid. Throughout the last decades, Attali has been active in NGOs that fight hunger in Africa and poverty around the world. The luster of that activity was somewhat dimmed by the court case against him (and another 41 defendants from the French political elite) in the so-called "Angolagate" affair. Attali is accused of assisting a company owned by Pierre Falcone and Arcadi Gaydamak that is suspected of engaging in illegal arms trade with Angola; Attali completely denies involvement in the affair, and the prosecution is not asking for a prison term. The verdict is due at the end of the month.

Attali has published 49 books, including discussions on the politics of music, a biography of Karl Marx, children's books, economic articles, plays and poems. His Internet site (also available in English: www.attali.com) looks like the site of a small publishing company. Last year, Attali was 89th on the Foreign Policy/Prospect list of the 100 most influential intellectuals in the world.

For Attali, megalomania is not a bad word. "I think there are three qualities that people believe are weaknesses, but which I believe are strengths: hypochondria, paranoia and megalomania," Attali says with a smile. Afterward, he will explain that at a personal level, his family helps him control his own megalomania, and that self-awareness and self-irony are also important.

Now he talks about this in reference to Israel. "All three, but mainly paranoia, are badly needed if you want to survive. Not only for Jews. For anyone who wants to survive. And as Jews, we are all paranoid. And that's fine, as long as it's not too crazy. It's useful."

Isn't that one of the disturbing conclusions of Operation Cast Lead - that innocent Palestinians were killed in the name of Israeli paranoia?

"Paranoia is good when it has boundaries. Israel's real risk today is being contaminated by [the values of] its enemies. The real danger is due to the fact that Israel's enemies need to destroy its moral values in order to triumph. When you have enemies that do not respect the rules of the game you are forced to abandon your morals, and that's the real danger. The fact that Israel is a moral nation in a wild and non-moral region may lead to a situation in which it sinks to the level of its enemies."

There seems to be a feeling in Israel that this is a rough time to be an Israeli: Iran may be developing nuclear weapons, the Goldstone report casts doubt on the Israeli army, and Obama is pressuring Israel with Europe's backing. How do things look from Europe?

"Well, first I would like to say that I don't represent anyone but myself. If you want to know what people in France think, go to the street and ask someone. I am a worldwide nomadic person. I would say that it has never been easy to be Jewish. And by the same token, it was not going to be easy to be a Jewish state. I don't see this period as more difficult than things were for Israel in the 1960s or 1970s. In each of these decades you can find problems much more serious than the current ones.

"Israel is almost irreversible," he continues. "It would take a worldwide catastrophe to make Israel disappear, and I do not see that happening. But the fact that it's impossible doesn't mean that we should not be very cautious and vigilant and not apply what is called in English 'deep intelligence' in regard to our enemies. I see only one truly serious problem: Is Israel still Israel? It's a very well-known Jewish question: Does Israel exist, has it ever existed as a utopia? As a Zionist nation, yes, but is it Israel as it was in the idea of Jewish history? And if Israel is only a Zionist idea, is it a nation like any other?

Do you think the Israeli-Palestinian conflict is driving a wedge between the Jewish diaspora and the Israelis?

"The real problem is the threat of the disappearance of the Jewish communities abroad, and not the existence of Israel. One strategic point about Israel's survival - which for me is obvious, but which no one wants to discuss - is that Israel has to have Jews around the world in order to survive, not only because of demographics but also for economic reasons related to globalization. But Israel has a very poor strategic understanding of who is a Jew. As long as you say that being a Jew is only according to the halakha [Jewish religious law], the current trend - mixed marriages, melting pot - will end up destroying the Jewish people.

"The survival of Israel needs 200 million Jews around the world, which means it's a question of conversion. This question is not really addressed. We should have a much broader definition of who is a Jew, and active conversion. We should accept anybody who has one Jewish parent or was raised in a Jewish family or wants to live as a Jew. And if you apply the Law of Return to people who are distantly Jewish, that will change the picture significantly."

But why is it important to have a strong diaspora?

"If we do not even try to preserve it, the whole Jewish community will disappear. In today's world it is an essential component of the global economy. France has three million Frenchmen living abroad, China has 100 million Chinese. This confers an advantage. It is also essential for Israel demographically."

It's all part of his involvement in microcredit, a method developed by the Nobel Peace laureate Muhammad Yunus to generate small loans to develop businesses or create income for poor people around the world. PlaNet Finance, the not-for-profit organization of which Attali is president, operates in 80 countries and is a huge success, he says. It is coming soon to Israel, jointly with the Latet (To Give) organization. Yunus is president of the board of directors.

"Microfinance," Attali says, "is connected to my Jewish view of the world. As you know, according to Jewish thought the world was given to us imperfect, and the whole concept of tikkun olam holds that we must repair the world's imperfectness. The greatest imperfection in the world today is poverty and I spend a great deal of my time trying to fix it. Helping people get out of poverty is the most important task today, far more than ecology. In Judaism there are eight rungs of tzedakah [charitableness] - the lowest is to give in order to show off, the seventh is to give a loan to a poor man so he can start a business - that's microfinance. The eighth is to take a poor person as a partner in your business. I am at the seventh level."

How many hours do you sleep at night?

"Three hours."

Is that all?

"When people ask me that, I answer that the quality doesn't depend on the quantity." That may be good for work, but not for a physical need like sleep.

"Actually, these days I sleep four hours."

Where does all this activity come from: the dozens of books, the weekly columns, the international projects?

"First, I don't know. But if I had no readers I would not continue. If my first few books had not been successes, I am not sure I would have gone on. I have an internal engine. I have 21 manuscripts in my computer in different stages."

So your world view is "tikkun olam."

"It's megalomaniac to say that."

But that's a good quality, you said.

"Within certain limits, and with enough self-irony. My two children are good at keeping this under control."

 

 

 

 

 

 

 

 

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