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Esther Benbassa lance la polémique sur le CRIF

mercredi, 17-Mar-2010

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Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

Tribune

Par ESTHER BENBASSA directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes Études (Sorbonne)

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu’«il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…» Catégorique, il rejetait alors tout «communautarisme».

Lorsqu’on se gargarise aujourd’hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu’aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de «musulmans». C’est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l’identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l’ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d’entre eux passe au second plan après leur religion.

En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu’il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n’ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu’à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu’il «refuse l’égalité et la fraternité». Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l’an passé, les mesures d’ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l’horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti, l’un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël.

On en vient à se demander si le Crif n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d’Israël, qu’elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d’un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s’étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l’entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales.

Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l’antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n’être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne «dialoguer».

Aussi peu représentatif qu’il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d’Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de la Shoah et dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d’un judaïsme qui le plus souvent s’y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles.

Qu’est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d’abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l’antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu’obsèdent les vieux thèmes bien rôdés du pouvoir juif, du complot juif. La «servilité» de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés.

Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n’augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d’enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes.

Dernier ouvrage : «Etre juif après Gaza», CNRS éd., 2009.

http://www.estherbenbassa.net/

http://www.liberation.fr/societe/0101619772-le-crif-vrai-lobby-et-faux-pouvoir

Courriers

Humour

Théo Klein écrit à Esther Benbassa



Le CRIF reproduit ci-après avec l'autorisation de son auteur, un courrier envoyé par le Président d'honneur du CRIF à Esther Benbassa, à la suite de la publication dans Libération, de son article dans la rubrique Rebonds (p.20) « Le CRIF, vrai lobby et faux pouvoir », le 17 février 2010.

Chère Esther Benbassa,

J’ai pris connaissance avec étonnement et regret des termes sulfureux de votre article sur le CRIF publié dans Libération, plus exactement sur son dîner annuel, dont d’ailleurs j’ai été l’initiateur en 1985.

Le déferlement de qualificatifs dérisoires et méprisants dont vous souhaitez balayer le dîner, l’institution et ses dirigeants n’apporte cependant – en dehors de la manifestation de votre colère et de votre mépris – aucune contribution, pas la moindre suggestion : votre balayage, vous le souhaitez total et définitif.

Vous parlez de communautarisme à ce groupe humain auquel vous avez longtemps appartenu et appartenez peut-être encore, dans la méconnaissance de l’esprit de la kehilah qui marque ce groupe sans doute depuis la Babylonie et certainement depuis la fin du deuxième Temple et de toute autorité juive sur la terre ancestrale.

Il y a bien longtemps que je déplore certains propos dans des discours de présidents du CRIF et que, d’ailleurs, je leur fais part de mes critiques.

Je n’assiste que rarement au dîner lui-même en manifestant cependant par ma présence au moment des discours de la permanence au sein de l’institution de femmes et d’hommes ouverts à d’autres idées que celles qui sont exprimées publiquement.

Nos juifs sont tels qu’ils sont et le problème est de savoir si nous restons avec eux pour les aider à sortir du ghetto dans lequel ils s’enferment au moindre vent mauvais ou si nous les abandonnons mais alors pour aller où ?

J’ai été inquiet et triste en vous lisant, car dans la voie où vous vous êtes lancée avec votre ardeur habituelle, vous risquez de vous retrouver bien seule et de ne plus être celle que vous étiez.

Bien cordialement vôtre.

 

Les nouveaux graves délires d’Esther Benbassa
17/02/10 Par Marc Knobel pris sur le site du CRIF

http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=18873&artyd=70

Il y a comme cela des adjectifs, des mots ou des phrases qui sont utilisés sciemment pour blesser, caricaturer, jeter l’opprobre et, in fine, salir. Esther Benbassa le sait très bien, elle qui, d’article en article, récidive pour cogner encore plus fort contre le CRIF.

Aujourd’hui, dans la rubrique Rebonds de Libération (p.20) « Le CRIF, vrai lobby et faux pouvoir », Benbassa y va de sa plume au vitriol.

Que dit-elle, par exemple: « Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le CRIF ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement » écrit-elle, comme si il y avait une politique gouvernementale qui soit délibérément antimusulmane et comme si notre institution appuierait cette prétendue politique?!

Les délires de Benbassa frisent l’indécence. Benbassa, ajoute plus loin : « Qu’est ce que le CRIF sinon un groupuscule qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? »

Là, où il faudrait -puisqu’il y a débat- de la correction et de la tenue, Benbassa en rajoute une couche dans les images stéréotypées d’une rare violence. Nous lui laissons la responsabilité de cet article indécent. Est-ce qu’elle mesure seulement les conséquences de ces propos qui risquent assurément de creuser des fossés au sein de la société française ?

Marc Knobel

 

Réponse De Mme BENBASSA à Théo Klein (21 février)

Cher Théo Klein,

Dès réception de votre lettre, le 19 février, je vous ai appelé au téléphone pour, au nom de l’amitié et de l’estime que je vous porte, débattre directement avec vous. Ce que nous avons fait en toute cordialité. Vous m’avez annoncé que votre lettre serait publiée sur le site du CRIF. Maintenant qu’elle l’est, je me permets à mon tour de vous répondre publiquement.

Il me semble que vous avez focalisé votre attention sur le dîner dont vous avez été l’initiateur. Dois-je pourtant vous rappeler que lorsque vous étiez vous-même président du CRIF, ce dîner, porte ouverte aux échanges, avait une autre tonalité ?
De fait, le CRIF d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec le CRIF d’alors.
C’est un CRIF de repli, un CRIF dont les actes et les discours portent préjudice aux Juifs plutôt qu’ils ne les protègent, en entretenant le mythe d’une puissance juive omniprésente.

La droitisation de cet organisme est un fait patent. L’entrée de M. Gilles-William Goldnadel au sein de son comité directeur n’est pas due hasard. Je vous renvoie aux déclarations faites à ce sujet à la presse par M. Serge Hajdenberg, lui aussi ancien président du CRIF.
Dans ma tribune, c’est tout cela que je déplorais. Et si je l’ai écrit, c’est parce que je constate chaque jour un peu plus l’hostilité antijuive – certes blâmable – que le CRIF contribue à sa façon à nourrir, et ce plus encore depuis l’offensive israélienne contre Gaza et les déclarations faites alors par M. Richard Prasquier.

Dans votre missive, vous m’écrivez qu’il faut vivre avec les Juifs tels qu’ils sont. Je vous rappelle que, depuis 1790-1791, les Juifs français sont émancipés légalement et que rester membre de la « communauté » est désormais affaire de choix individuel. J’assume pour ma part pleinement ma judéité. C’est précisément pour cette raison que je critique le CRIF tel qu’il est.

Je m’octroie en outre le luxe de décider de vivre avec des Juifs qui sont pour l’existence d’Israël, mais sont aussi capables de le critiquer quand il le faut et ne rechignent pas à défendre la cause des Palestiniens. Bref, avec des Juifs dignes de l’humanisme et de l’universalisme auxquels, autrefois, on les identifiait. Le nombre ne fait pas la qualité, et si « isolée » je devais être, je préfère l’être avec ceux que j’ai choisis.

Je crois aux vertus du débat public, y compris s’agissant des questions « communautaires ». C’est précisément là ce que le CRIF rejette, ainsi qu’il l’a encore démontré en refusant à France Info, le 17 février, d’envoyer un de ses membres dialoguer publiquement avec moi sur les ondes, et en optant pour ce que j’appellerai la « guerre entre Juifs », comme dans le ghetto d’antan.

Vous me demandez quelle suggestion je puis faire.

Profitons de l’exemple nord-américain et de la naissance du mouvement J-Street qui, se distinguant des institutions juives existantes, cherche à promouvoir, concernant Israël, un autre discours juif, aussi bien auprès du Congrès que dans le pays.

Exigeons du CRIF qu’il devienne effectivement représentatif des Juifs de France, dans toute leur diversité, qu’il donne droit de cité en son sein à toutes les nuances de l’opinion juive (telles Une autre voix juive, l’Union juive française pour la paix, etc.), qu’il cesse de frapper d’illégitimité de principe telle ou telle d’entre elles, et de taxer de haine de soi ou de trahison les Juifs critiques de la politique israélienne.
C’est en rompant avec sa politique endogamique actuelle que le CRIF aura quelque chance de faire entendre une voix juive équilibrée et donc crédible.
Avec toute mon amitié.

Esther Benbassa

 

 

Point de vue de Richard Prasquier publié dans Libération, le 16 mars 2010

Le Diner du CRIF

Le dîner du CRIF est devenu comme la transposition française des fantasmes classiques sur la domination des Juifs tels que le Protocole des Sages de Sion les a gravés dans l’imaginaire collectif. C’est ce que veut apparemment démontrer Esther Benbassa (lire pages Rebonds du Libération du 17 février). Elle écrit que le CRIF émet des «menaces» et des «fatwas contre les uns et les autres», rend le CRIF responsable de générer lui-même de l’antisémitisme et souhaite que ce dîner soit «déserté», de façon à diminuer l’hostilité anti-juive. Esther Benbassa a–t-elle lu le discours qu’elle critique ? Où sont la ou les fatwas ? où sont les menaces? Quant aux insinuations que finalement, le CRIF - entendez les juifs - serait, par sa trop grande exposition, le vrai responsable de l’antisémitisme, nous les connaissons depuis bien longtemps …

 

aDans cette soirée, c’est la République qui fut à l’honneur, par les discours et par l’hommage rendu aux combattants juifs volontaires de la deuxième guerre mondiale et aux héros juifs méconnus du sauvetage.

Oui, nous avons parlé aussi d’Israël, de l’Iran, et du danger de l’Islam radical. Certains imaginent qu’Ahmadinejad et Ben Laden n’auront plus de raison d’en vouloir à l’Occident une fois qu’Israël aura rendu les territoires qu’il occupe «illégalement». Chacun peut croire aux contes de fée, penser que la violence anti-israélienne, anti-juive et antioccidentale n’est que l’expression d’une détresse immense, refuser d’écouter les discours de haine et négliger de croire la charte du Hamas. Cassandre n’est pas populaire et il est si agréable de se sentir dans le camp du bien, c’est-à-dire des opprimés, des anti-impérialistes, des combattants estampillés de la liberté. Il est plus réconfortant de ne pas fouiller le passé, le discours interne et le corpus idéologique des véritables marionnettistes manipulateurs des bons sentiments.

 

Le CRIF n’est pas un lobby va-t-en guerre, mais se veut une vigie qui n’annonce pas uniquement de bonnes nouvelles. L’histoire a donné aux Juifs un devoir de lucidité que certains d’entre eux se refusent obstinément à exercer. Ecrire que le «CRIF ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement» relève de la diffamation, d’abord pour le gouvernement, ensuite pour notre institution.
Un seul exemple ? Mme Benbassa serait bien en peine d’en fournir.

De fait, le CRIF fut le premier à critiquer le caractère populiste de la votation suisse sur les minarets, il s’est toujours opposé aux discriminations dont les musulmans, bien plus que les Juifs, sont victimes dans notre pays ; il a constamment réagi aux actes de racisme qui les ciblaient. Mme Benbassa injurie, sous le qualificatif qu’elle veut méprisant, de «bons musulmans» ceux qui étaient présents au dîner. Je suppose qu’elle s’en prenait à l’imam Chalghoumi, contre qui les chiens sont lancés depuis qu’il a prôné l’amitié avec les juifs et s’est déclaré contre une burqa que n’impose pas l’islam, qui humilie la femme et qui interdit les rapports de visage à visage, bases de nos relations sociales. Mais a-t-elle vu que presque tous les dirigeants des grandes institutions musulmanes étaient présents aussi ? Les prend-elle pour les laquais du CRIF ? Nous, nous considérons qu’ils sont les acteurs essentiels de la République dans sa lutte contre le radicalisme islamique.

 

Nous aurions le pouvoir de faire «plier les uns et les autres», mais au fond nous ne serions qu’un «groupuscule endogamique» (c’est-à-dire juif? quelle découverte !). J’espère qu’il n’a pas fallu cette investigation approfondie de notre directrice d’études pour que les politiques sachent que les juifs sont peu nombreux, que leur poids électoral est limité, et que, finalement, les Protocoles des Sages de Sion sont des faux. Je passerai sur l’accusation éculée et fausse d’être la «seconde ambassade d’Israël». Lorsque je me suis exprimé, dans ces mêmes colonnes, contre le choix de M.Hosni au poste de Directeur Général de l’Unesco, j’étais aux antipodes de la position israélienne. Ecrire, comme le fait Mme Benbassa, que «ce qui aurait passé antérieurement pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui le soutien à Israël» rend songeur. Donc, tous ceux qui soutiennent Israël seraient une cinquième colonne dans notre pays ? J’imagine la tête de tous les amis non-juifs d’Israël ! Mais peut-être cette remarque ne s’applique-t-elle qu’aux juifs ? Faire cette distinction n’est pas très républicain, mais peut-être, pense-t-elle, et ce serait le nœud du problème, qu’un vrai juif ne devrait pas soutenir Israël ? Au mieux, il devrait s’ériger en censeur continuel de ce que devrait faire Israël.

 

Le CRIF, n’a pas l’outrecuidance de penser qu’il devrait dicter leur attitude à ceux qui vivent la réalité au quotidien. Il assume volontiers le fait d’être «légitimiste». Israël est une démocratie ouverte, son gouvernement -de coalition large- représente l’expression de la majorité du peuple, ses décisions suivent les processus légaux. Il ne manque pas de gouvernements dans le monde à l’encontre desquels la colère des démocrates devrait se manifester, car ils sont bien loin de ces procédures. Mais ces causes ne sont pas dans l’air du temps. La dénonciation d’Israël et de ses soutiens est plus populaire et médiatiquement plus rentable. Les critiques de Mme Benbassa ne peuvent que conforter le CRIF dans ses positions : celles du camp de la paix durable.

Richard Prasquier (article publié dans Libération le 16 mars 2010)