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La mort dans le judaïsme


jeudi, 28-Fév-2013
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  Les rites et traditions juive accompagnent le mourant et les endeuillés vers la sérénité, c'est ici et maintenant que les choses se passent, et pour le salut de l'âme d'un proche dans l'au-delà, la thora nous prescrit la fidélité et la générosité.

Trois raisons peuvent expliquer la peur de la mort.


    (inspiré de Yadin Steinsalz)
    • La première est qu'il s'agit d'un processus irréversible. L'idée que l'on puisse aller quelque part sans jamais en revenir comporte quelque chose de terrifiant.
    • En deuxième lieu, la mort est synonyme d'inconnu et, à ce titre, elle nous angoisse.
    • La troisième raison correspond, semble-t-il, à l'aspect le plus redoutable de la mort. Affronter un nouvel événement ou entrer dans une nouvelle phase de notre existence constituent des changements assez simples;
      La mort, en revanche, est une cessation totale. Tout s'arrête, tout disparaît.
      Cet anéantissement est extrêmement difficile à accepter.
 

Cette interruption totale concerne la seule partie physique de notre existence. Nous savons tous ce qu'il advient de notre corps après la mort. Cependant, une autre partie de notre être, celle qui n'a pas trait au physique, demeure. Car dans la mort comme dans la vie, nous nous définissons comme des êtres composés de deux éléments. L'un est visible; l'autre, plus intime - même s'il n'y a là rien de tout à fait absolu - représente notre « moi ». Tant que nous vivons, ce « moi » conjugue corps et âme.

Durant toute notre vie, nous confondons notre enveloppe physique, nos idées, nos rêves, le tout est unique. Or la mort impose une séparation de la partie spirituelle de la partie matérielle, qu'on peut comparer à la transformation de la chenille en papillon. La carcasse reste et disparait, tandis que l'insecte s'envole. La chenille ne pouvait pas s'imaginer en papillon, et le papillon ignore tout de sa précédente existence, même si c'est la chenille qui l'a engendré.

L'écart entre la vie avec un corps et la vie sans corps semble impossible à combler.

 

Ainsi après avoir posé le principe de l'immortalité de l'âme, nos rabbins sont rapidement passés à autre choses. La Thora est une thora de vie et non de mort, nous savons simplement que Dieu a crée l'homme à son image c'est à dire qu'Il l'a doté d'une âme qui participe à la nature divine, crée pure et sans tâche; et telle, elle revient à son Créateur quand le corps périt.

 

Chaque être vivant possède une âme, et on dit que l'homme en a au moins trois :

Néféch נפש (l'âme vitale ou l'âme animale), le Roua'h רוח (l'âme 'intelligente'), et la Nechama נשמה (l'âme divine).
Ces trois âmes se trouvent chacune dans une partie du corps:

  • le néfech se situe dans le sang, c'est elle qui permet les mouvements vitaux de l'individu. D'un point de vue spirituel, le nefech est lié au monde de l'action. Cette âme est appelée âme animale car c'est elle qui 'donne' toutes les tentations au corps.
  • Le Roua'h, qui est l'âme intelligente se trouve au niveau du coeur. C'est elle qui régit toutes les émotions. Mais, à un niveau spirituel, elle relève du niveau de la parole.
  • La Néchama, l'âme divine, se situe dans le cerveau. D.ieu nous l'a insufflée par le nez comme il est dit: ' Et Il a insufflé dans ses narines une âme de vie '. Spirituellement, elle correspond donc à la pensée liée au sacrée.

    C'est cette âme (Néchama) qui est la plus élevée des trois. Cette âme est une partie de D.ieu véritablement comme l'explique clairement le Tanya puisque l'âme provient du souffle de D.ieu (insufflée) et une chose qui est insufflée est une chose qui provient de la profondeur de celui qui l'insuffle, en l'occurrence ici, Hachem. Elle est donc extrêmement élevée.
  Même devant la mort, le judaïsme répète "Naassé, Venishma" Nous ferons et nous écouterons.

Les rabbins ont cherché très tôt à rassurer, à expliquer, à prévoir. Ils ont toujours considéré que la Thora était un ouvrage codé, d'où on pouvait tout tirer en étudiant beaucoup. Rapidement, ils se sont rendu compte qu'essayer de prévoir ce qui allait se passer après la mort était quelque chose de rude, avec de forts risques de se tromper.

Aussi ont-il posé des adages comme cette explication : "La thora commence par la lettre B => ב (beith) la lettre א (aleph) aurait été préférable, car c'est la première de l'alphabet, si ב a été choisi c'est pour nous dire : Voyez tout est bloqué, au dessus,au dessous, avant... donc n'essayez pas de savoir ce qu'il y a avant, au dessus, au dessous de la création et de votre vie regardez seulement devant vous l'avenir qui vous attend.

Les rabbins ont donc d'abord pensé aux vivants. D'ailleurs on ne trouve pas grand chose sur l'au delà dans le Tanah' : rien dans la thora, un peu ailleurs. Les écrits sur la vie après la mort sont très tardifs, on trouve les spéculations les plus riches dans le Zohar, le livre de la kabbale, qui est apparu au XIII ième siècle en Espagne.

Les rites du deuil sont liés en filigrane aux déductions rabbiniques sur le périple de la Nechamah, l'âme divine, passant d'un monde à l'autre. La passage est si important pour le judaïsme, que le nom même du peuple hébreu עברי Ivri vient de Ever racine du verbe passer.

Le cadavre est impur

Le deuil n'est pas une priorité pour le judaïsme qui se focalise sur la vie. Nous n'avons le droit de prendre le deuil que pour sept catégories de proche : père et mère, frères et soeurs, le conjoint, le fils et la fille. La fréquentation des cadavres est proscrite, il est même ordonné d'enterrer les défunts dans l'heure ! ! ce n'est bien sûr pas possible, surtout en France, où nous sommes soumis à la loi républicaine, mais le principe est posé. En Israël les enterrements sont précipités ce qui rend souvent impossible la présence des proches.

Cette hâte s'explique probablement pour des raisons d'hygiène, mais les rabbins expliquent qu'il n'y a pas de plus grande impureté qu'un cadavre. L'homme est un mixte de pur et d'impur, l'âme s'est envolée il ne reste que l'impur. Or cet impur est sacré. On doit lui faire une toilette, et une fois en terre, il est interdit de le déplacer ou de le déranger.

Le mot impur nous trouble, il ne s’agit ni de malpropreté ni de péché.
La naissance a fait la plus extraordinaire des mitzvot, «J’ai fait un homme avec Dieu» dit Eve en accouchant de Caïn, et voilà la femme est impur après son accouchement, malgré cette proximité divine. L’impureté est la victoire de la nature, la pire c’est la mort qui nous empêche de faire des mitsvoths.
L’eau  permet de rendre l’épouse à son époux.
Pour se guérir de l’impureté, il existait la vache rousse, on mélange les cendres de la vache avec des herbes, et on aspergeait la personne endeuillée avec, elle redevenait pure .
Celui qui a été chargé de brûler la vache rousse devient impure, le goupillon mis dans l’eau bénite vient du rite de la vache rousse.

Comportement incompréhensible, pour remédier à une situation insupportable, on utilise un rite incompréhensible.  La raison nous conduit à la révolte, celui qui suit la coutume assiste à la  déchirure de son vêtement, il est entouré et honoré à la synagogue, il voit le défilé des gens qui consolent, toutes sortes de geste qui hissent les endeuillés hors de leurs peine profonde.  Tout cela occupe la vie qui se meuble. Cela nous aide

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Représentation de la mort chez les juifs d'Alsace
Par Fredy Raphaël
et en PDF

Avant l'enterrement

On doit le plus grand respect à l'agonisant, Jusqu'à son dernier souffle, l'agonisant doit être considéré comme une personne vivante jouissant de tous les droits et de tous les privilèges réservés à chaque être humain. Il convient de lui rendre visite et de l'assister en récitant des psaumes.

La mort ne fait pas scandale, car elle est l'oeuvre de la volonté divine, et les décrets de Dieu sont justes. Quand il semble que toute vie s'est éteinte, les présents s'écrient : "Béni sois-tu, juge équitable". ברוך דיין האמת Le fils aîné, ou l'un des proches, s'avance alors vers le lit et ferme les yeux à celui qui vient de quitter ce lieu d'exil" (2). (L'usage de fermer les yeux du mort est déjà attesté dans la Genèse , où Dieu dit à Jacob : "Je descendrai avec toi en Egypte et je t'en ferai remonter, et Joseph mettra sa main sur tes yeux)

Puis la toilette funéraire, qui se nomme «tahara», טהרה purification. Les membres de la Hevra-Kadisha, חברה קדישא la "confrérie sainte " qui accomplit cette mizva doivent s'abstenir de toute parole qui ne se rapporte pas au mort. Ils récitent la prière suivante : "Je déverserai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés, je vous purifierai de toute impureté et de toute souillure" (Ezechiel 36:25). Puis le corps est parfumé, et habillé d'une tunique blanche, s'il est un homme on ajoute son Talith, on a coutume, quand on le peut de mettre un peu de terre de Jérusalem sous sa tête du défunt.

Avant l'enterrement, les endeuillés et ne doivent s'occuper que de la mise en terre, ils s’assoient sur un siège au raz du sol, et consomme un plat préparé par les amis, avec un œuf dur, et aussi souvent des lentilles. Le corps est veillé nuit et jour par des proches qui lisent des psaumes.

Il n'y a pas de funérailles dans les synagogues, on introduit pas d'impureté dans un lieu de prière. La cérémonie a lieu au cimetière, le corps était jadis posé à même le sol et orienté vers Jérusalem, car c'est là qu'aura lieu la résurrection des morts.

 

Le deuil

Le grand deuil dure sept jours, les Shiv'a, שבעה au cours desquels les endeuillés ne sortent pas de chez eux, le deuil consiste à se persuader que le disparu a disparu.
On chasse le mort du monde des vivants et on multiplie les bonnes actions en sa mémoire. Afin que l'endeuillé puisse réciter le kaddish, on réunit chez lui un minyan, dix hommes au moins. C'est une pratique qui permet de lier les communautés, le pauvre va chez le riche, et le riche chez le pauvre. On entre dans l'intimité de l'endeuillé, qui ressent ainsi la solidarité de la communauté.

  • 3 jours de pleurs=> l’âme est au dessus de la tombe
  • 4 jours de deuil => l'âme voyage entre la tombe et la maison des shivas

Selon la Kabbale, au moment de la mort, l'âme emporte vers l'autre existence  toute l'imagerie de la vie matérielle. Ainsi, même les modes de pensée de l'âme restent liés à la vie antérieure, en particulier lorsque la personne a vécu longtemps. Bien que, dans la mort, toutes ces notions « incarnées » perdent de leur réalité, l'âme se comporte, pendant une période plus ou moins longue, comme si elle continuait de résider dans le corps. Ce monde imaginaire porte en hébreu le nom de Olam Dimyone . עוֹלָם דִמְיוֹן(Monde de la ressemblance) Cette expérience d'une réalité subjective, imaginaire et tout à fait irréelle peut s'expliquer au travers d'une métaphore: le phénomène de la douleur fantôme. Une personne qui a été amputée continue à ressentir une démangeaison ou une douleur dans le membre disparu.

 

 Kaf ha Kéla, כף הקלע littéralement, «le creux (ou la cuillère) de la fronde ». L'âme est un peu ballottée d'un bout du monde à l'autre. On traverse alors une phase pendant laquelle on voit défiler sa vie.  Alors que les limites du cerveau physique (qui, bien souvent, fait obstruction) ont disparu, l'âme se remémore entièrement tous les événements vécus, mais sous un angle différent.
 Dans la vie, on ne peut se souvenir que du passé. Kaf ha-Kéla, en revanche, permet de refaire l'expérience de la vie telle qu'elle fut, et y ajoute une autre perspective: la possibilité de contempler les choses non seulement dans la direction du passé mais aussi celle du futur.
C'est une période de détachement de délivrance

Guéhinom  גהנום Le stade qui suit cette phase de délivrance s'appelle Guéhinom, que le terme français « enfer» traduit mal. Il s' agit en fait de la continuation du premier stage préparatoire de compréhension. Le Guéhinom ne constitue en rien une «punition»; pour utiliser un terme moderne, il s'agirait plutôt d'une thérapie.
Nous accédons à une meilleure compréhension de notre existence à partir de la perspective de l'âme pure, et nous réalisons à quel point certaines expériences de notre vie ont été néfastes. Dès lors, tous ces souvenirs du passé qui refusent de nous lâcher deviennent trop douloureux et nous voulons à tout prix nous en débarrasser.

Le Gan Eden, Jardin d'éden גן עדן Ce paradis n'occupe pas plus de place que l'enfer dans la pensée juive, qui est entièrement tournée vers ici et maintenant. L'âme purifiée peut rester près du créateur, pour l'éternité ? peut-être pas si nous pensons à la résurrection des morts, mais là nous entrons dans un autre mystère. Si les explications ésotériques, où la façon dont cela se réalisera varie selon les auteurs, la croyance au retour de l'âme purifiée dans une enveloppe charnelle à Jérusalem fait partie du credo. Le Gan Eden serait donc un havre provisoire. Plus tard, ce sera le Gan Eden qui descendra sur terre.

gilgoul haneshanim Roue des âmes גלגול הנשמות Certains rabbins soutiennent que des âmes pour accéder au Gan Eden, ont besoin de se réincarner et de mener une nouvelle vie, et qu'ils sont réincarnés dans des animaux ou des hommes en fonction des efforts qu'ils ont à accomplir. D'autres y voient une punition, ce sont en quelque sorte des fantômes, comme le Dibbouk célébré par une pièce de théâtre Yiddish célèbre. Ces interprétations cabalistiques ne font pas l'unanimité parmi les rabbins.


Dans la Revue Sens, une comparaison entre le Pater Noster chrétien et le Kaddish Juif

Le deuil dure un an, mais nous récitons le kaddish pendant onze mois

Le reste des 30 jours de deuils, est moins rigoureux les hommes ne se rasent pas, pas de vêtement neuf, on ne participent pas à des fêtes. La coutume sépharade est de se rendre souvent au cimetière, alors qu'en Europe, nous avons coutume de laisser les morts seuls pendant onze mois.

En effet, ce n'est qu'au bout de onze mois que nous posons la pierre tombale, nous savons que l'âme des juste ira au Gan Eden, et qu'il faudra un an au pire pour y arriver, alors comme nous pensons que nos proches ne sont pas si mauvais que cela, nous considérons qu'ils y sont arrivé au bout de onze mois.

L'endeuillé récite le Kaddish, קדיש une prière en araméen, qui est une louange à D ieu, elle est très importante pour nous, elle est le signe de la transmission; Le plus grand désespoir de ceux qui n'ont pas eu d'enfant, est de penser que personne ne dira le kaddish pour eux. C'est un signe de soumission et de transmission de génération en génération, aussi longtemps que nos enfants diront le kaddish notre communauté sera vivante.

Le kaddish est toujours récitée debout, dans la direction de Jérusalem.
Si cette prière n'est pas véritablement destinée à l'âme du disparu, le judaïsme affirme que sa récitation permet de soulager le défunt des tourments de la géhinom.
C'est avant tout une prière de louange en l'honneur de Dieu, et un appel présent à l'instauration du royaume de Dieu sur la terre. Le Pater Noster des chrétiens est issu directement du Kaddish.

En conclusion

Seules les personnes qualifiées sont autorisées à étudier la vision juive de l'au delà, et ce n'est pas l'essentiel pour le judaïsme. La thora nous recommande d'honorer notre père et notre mère, de lui être fidèle, et de lui rendre honneur. La façon la plus sûre de le faire est de rester fidèle à la thora, et de réciter en temps et en heure le Kaddish, reconnaissance de père en fils de notre filiation spirituelle, et de nous bien comporter avec nos prochains. Les funérailles somptueuses sont proscrites, nous devons consacrer ces sommes à la bienfaisance, et faire des dons en la mémoire de nos proches.

Michel Lévy

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus :
Le rôle de chaque juif dans la perte d'un proche (Cyber contact Beith Shemesh)
Comment définir l'âme dans le judaïsme : David Moyal
Que se passe-t-il après la mort par le Rav Ron Shaya (Une vision mystique)
Le point de vue du judaïsme sur l’au-delà Rav Dr Shélomo Zini
La réincarnation des âmes par Monique Shoenberg
Le Guilgoul, vrai ou faux ? Rav Binyamin Wattenberg