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Election du président Rohani


lundi, 24-Jui-2013
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Quand l'Iran se réveillera

Yves Bonnet Ancien directeur de la DST
http://www.huffingtonpost.fr/yves-bonnet/hassan-rohani-president-iran_b_3459407.html?utm_hp_ref=france

Publication: 19/06/2013 06h00


Il y a au moins un pays qui ne s'y trompe pas, c'est Israël, dont le gouvernement et la presse, pour une fois unanimes, ne consacrent au non-évènement de l'élection présidentielle iranienne qu'un commentaire laconique : "nous jugerons sur pièces".
C'est bien le plus que l'on puisse faire, quand l'évidence s'impose de la mascarade du scrutin et de l'inanité du résultat.

Le scrutin d'abord :

Après l'épuration de la liste des candidats, allant jusqu'à celle d'un ancien Président de la "République islamique", par ailleurs objet d'un mandat d'arrêt international délivré par Interpol, après la réduction à quatre du chiffre des "nominés", dont aucun ne s'inscrivait dans la "ligne" du Président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, après la qualification absurde des impétrants entre conservateurs "durs" et "modérés", alors que tous sont issus du même moule khoneiniste et que leurs titres à la rigueur inflexible du régime sont équivalents, après tous ces avatars d'une élection ordinaire en dictature, sont intervenues des manipulations révélatrices de l'état de décomposition de la théocratie.

Etant donné que le ministère de l'intérieur est tenu par aun partisan d'Ahmadinejad, le résultat ne pouvait être contesté dans l'ordre qu'il donnait des candidats. En revanche, il importait de ne pas aller à un second tour, compte-tenu du précédent de 2009 et des troubles qu'il avait suscités. Il fallait aussi donner au monde l'impression d'une vraie consultation populaire, ayant mobilisé les foules. Telle était la mission impartie au million de séides stipendiés du régime sous des formes et des appellations diverses : adjonction d'un autre scrutin, municipal celui-ci, au présidentiel, affluence de miliciens dans les bureaux de vote comme naguère chez nous, des inspecteurs des R.G. à une fameuse réunion électorale, regroupement de bureaux de vote afin d'en élargir la fréquentation, et pour couronner le tout, multiplication des chiffres obtenus par quatre ou cinq dans les "salles de regroupement des voix", doux euphémisme pour désigner les bureaux de trucage électoral.

De la sorte, après avoir eu le culot d'annoncer dès la veille du scrutin les chiffres de participation, les autorités ont pu proclamer élu dès le premier tour un candidat qui n'avait même pas obtenu le fatidique quart des électeurs inscrits que requiert une élection à la majorité absolue. Qu'importe puisque les médias occidentaux ont avalé la supercherie, comme un brochet affamé gobe l'appât et l'hameçon.

Le nouveau Président ensuite.

La personnalité du mollah Hassan Rohani ne diffère en rien de celle de ses prédécesseurs. Il suffit de consulter sa biographie pour s'en convaincre. Ancien proche de l'ayatollah Khomeiny, il présente le profil d'un spécialiste des questions militaires, avec l'exercice des fonctions de secrétaire du Conseil supérieur de la sécurité nationale pendant seize ans, de 1989 à 2005, fonctions qu'il cumulait avec celles de conseiller à la sécurité nationale du Président, de membre du Conseil supérieur de la défense, de commandant en chef de la défense aérienne, de président du Conseil supérieur de la logistique de guerre et, pour couronner le tout, de Président de la commission de la défense nationale. Ce qui ne donne pas précisément l'image d'un grand pacifiste qui serait résolu à stopper la marche de l'Iran vers la possession de l'arme nucléaire, s'il en avait le pouvoir. Hassan Rohani a encore récemment déclaré qu'il avait trompé la troïka européenne à ce sujet afin de permettre la poursuite du programme atomique et ses déclarations d'allégeance au Guide suprême ne laissent place à aucune ambigüité quant à sa loyauté envers les caciques du régime. Parler, dans ces conditions, d'une "cohabitation" entre le Guide et le Président témoigne d'une méconnaissance certaine de la logique institutionnelle de l'Iran religieux.

Sans instruire un procès de (mauvaises) intentions à l'encontre du nouveau Président, il convient donc de ne pas oublier aussi vite les antécédents de ce religieux. Pourrait-il avoir changé et s'être converti à une relative modération ? Pourrait-il infléchir la ligne doctrinale de la République islamique au point de supporter que s'exprime une opposition politique au principe même d'une théocratie ? Pourrait-il donner des preuves de l'arrêt du programme nucléaire et abandonner le soutien à la Syrie de Bachar el Assad ? Comme le souligne Jérusalem, il faut certes attendre les actes plutôt que les discours de cet homme qui nous a déjà floués.

Mais alors, ces élections sont-elles un coup pour rien ?

Ce serait faire bon marché de la volonté populaire de changement que ces élections ont fourni l'occasion de découvrir. Indiscutablement , tous les analystes s'accordent sur ce point, l'Iran vit une véritable et inexorable conversion des esprits à un changement de régime, à l'abandon du Velayate Faqih, la primauté du jurisprudent religieux, au retour des libertés. L'adhésion à une constitution (celle de l'ayatollah Khomeiny) qui falsifiait l'élan libérateur de 1979, longtemps nié contre toute évidence par ceux qui avaient confisqué la volonté démocratique, n'est certes plus depuis longtemps et une certaine opposition, celle qui a multiplié les gestes pendant la campagne électorale, et qui s'exprime clairement en faveur d'une démocratie pluraliste et tolérante, en a durement payé le prix.

Aujourd'hui, même les contempteurs de ce système archaïque en demandent l'amodiation. Aujourd'hui, même les caciques du régime, Rafsandjani en tête, s'en désolidarisent. S'ils le font, ce n'est pas par bonté d'âme ni en vertu d'une improbable grâce, mais plus simplement parce qu'ils mesurent la profondeur et la largeur du fossé qui les séparent de la société civile et des forces actives de ce grand pays. Leur "réalisme" les conduit sur le chemin de l'apaisement que le Guide n'empruntera jamais. Mais il sort affaibli de l'épreuve. Il s'est résigné à la victoire approximative de Rohani parce qu'il tient toujours les rênes du lourd char de l'Etat. Mais l'essieu en est fendu et ne tardera guère à se briser.haut

 

Le nouveau président Iranien, un CV de donneur d’ordres d’attentats terroristes.

Posted on 22 juin 2013.
http://lequidampost.fr/le-nouveau-president-iranien-un-cv-de-donneur-dordre-dattentats-terroristes/

Les gens peuvent changer et changent, mais Rohani a t-il vraiment changé? Avec le CV, et son passé, le monde risque d’être bien déçu.

Le Président Rohani nouvellement élu de l’Iran a promis, lundi, lors de sa première conférence de presse, suivre “la voie de la modération”. Les journalistes Européens, qui n’investiguent pas beaucoup ont présenté en cet homme comme « modéré », ils ont eu tors. Ils auraient du regarder les journaux Argentins, ou cet homme ne laisse pas indifférent.

Le président iranien Hassan Rohani élu était membre dirigeant du « Conseil des Affaires Spéciales » chargé d’orchestrer une campagne de terrorisme et d’assassinats mondiale contre les ennemis perçus de la République islamique d’Iran dans les années 1990, selon le rapport de Human Rights Documentation Center.

Le « Conseil des Affaires Spéciales » aurait été chargé de choisir les pays, les bâtiments pour poser les bombes, et le personnes à exécuter.

Après la mort de l’ayatollah Khomeiny en 1989, la responsabilité du terrorisme et des décisions des assassinats est tombé au « Conseil des Affaires Spéciales ». Le Conseil des Affaires Spéciales recommandait les actes de terrorisme a présenter au Guide suprême. Après approbation, un membre du Conseil des Affaires Spéciales était chargé de la mise en œuvre de la décision, de la mise en route de l’opération en coordination et le du financement spécial des services iraniens de renseignement. En fonction des décisions ‘attentat, un membre différent du Conseil était désigné comme responsable de la mise en route et du suivi de chaque acte terroriste.

Les services de renseignement iraniens d’action. ont effectué sur ordre du conseil au moins 162 assassinats politiques entre 1979 et 1999, la grande majorité ayant eu lieu dans les années 1990.

Atentat AMIA

Le nouveau président iranien Hassan Rohani était membre du gouvernement iranien et du Conseil des Affaires Spéciales. Il a été désigné comme responsable de la plus grande opération meurtrière de cette époque, la programmation de l’attentat terroriste d’un centre communautaire juif de Buenos Aires en Argentine en 1994, l’attentat AMIA.

L’attentat AMIA est l’attaque terroriste la plus meurtrière de l’histoire de l’Argentine, tuant 85 personnes et en blessant des centaines d’autres. Les enquêteurs du gouvernement argentin ont remonté la filière de l’attentat et ont accusé le gouvernement iranien de la planification de l’attaque et le Hezbollah comme mandataire terroriste qui a réalisé l’acte terroriste.

Le procureur de la république Argentine dans son rapport a réussit a obtenir les témoignages de plusieurs iraniens dont celui très important de Abolghasem Mesbahi.

Abolghasem Mesbahi est un ancien membre dirigeant des services secrets iraniens. Abolghasem Mesbahi, a témoigné que la décision de lancer l’attaque a été faite par le Conseil des Affaires Spéciales reliées au puissant Conseil suprême de sécurité nationale en Août 1993.

Mesbahi a désigné clairement que. Rohani, a été désigné comme le planificateur et organisateur de cet attentat. Rohani avait alors le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, et était aussi membre actif du Conseil des Affaires Spéciales initiateur de l’attentat contre l’AMIA.

En ce qui concerne le rôle du Conseil des Affaires Spéciales dans la décision de procéder à l’attaque AMIA, Moghadam a déclaré que cette décision a été prise avec l’approbation d’Ali Khamenei, le guide suprême. Les autres membres du Conseil des Affaires Spéciales étaient à l’époque les anciens présidents, iraniens Ali Akbar Hashemi, Rafsanjani, et les membres, Mir Hejazi, Velayati, Fallahijan et bien entendu Rohani, qui lui a été en charge de mettre en forme l’attentat AMIA de Buenos Aires.

Rohani actuel président de la république islamique d’Iran est donc recherché par Interpol dans le cadre de l’attentat sur demande des autorités Argentines. On doute qu’il se déplace un jour dans un pays ou Interpol dispose d’une convention d’extradition vers l’Argentine.

Le fils de Rohani

n’a pas supporté de vivre avec ce qu’il savait de son père. Il ne supportait pas les liens et les raisonnements de son père et sa proximité avec le grand patron de l’Iran de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei. Le Fils de Rohani c’est suicidé en 1992.

Il a laissé avant de mourir dans sa lettre expliquant son suicide, qui parle de son père, l’actuel président le texte suivant:

fils de rohani«Je déteste votre gouvernement, vos mensonges, votre corruption, votre religion, vos actes doubles et votre hypocrisie. J’ai honte de vivre dans un tel environnement où je suis obligé de mentir à mes amis chaque jour, en leur disant que mon père ne fait pas partie de tout cela. En leur disant que mon père aime cette nation, alors je crois que c’est pas vrai. Ça me rend malade vous voir, mon père, baiser la main de Khamenei. »

Rohani a eu des mots très durs à l’égard du geste de son fils, le suicide est condamné par l’islam, mais il c’est assuré qu’il puisse être enseveli à proximité du mausolée du fondateur de la République islamique.

En 1993 quelques mois après la mort de son fils, avait lieu l’attentat terroriste AMIA, le fils en avait il entendu parler ? Et savait il son père le principal instigateur ?


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POUR ISRAËL ROHANI PEUT ÊTRE L’ANGE OU LE DÉMON

Par Jacques BENILLOUCHE lundi 24 juin 2013
copyright © Temps et Contretemps
http://benillouche.blogspot.co.il/2013/06/pour-israel-rohani-peut-etre-lange-ou_24.html

La victoire aux élections présidentielles d’Hassan Rohani, qualifié par les médias internationaux de réformateur, permet à l'Iran d'améliorer une image ternie auprès des occidentaux et donne aux plus optimistes l’espoir d’une reprise des négociations sur le problème nucléaire. Cette élection fut une surprise pour l’Occident, mais certainement pas pour les iraniens eux-mêmes, ou du moins pour leurs dirigeants. On attendait effectivement la victoire des faucons comme Saïd Jalili ou Bagher Ghalibaf mais le candidat des réformateurs et des modérés a franchi la ligne avant tout le monde, grâce au soutien affiché de ses parrains, les ex-présidents Rafsandjani et Khatami qui avaient pris leur distance avec le Guide Suprême.

Président bipolaire

Au lendemain de son élection, Rohani s’est montré bipolaire en saluant «la victoire de la modération sur l’extrémisme» tout en demandant la reconnaissance des droits de l’Iran sur le problème du nucléaire. Il tenait surtout à démontrer qu’il ne cherchait pas à éluder cette question qui restait un point de son programme. Il doit bien sûr sa victoire à la lassitude d’un peuple qui n’a rien gagné en huit années d’Ahmadinejad, sinon une économie ruinée, un pays isolé et sanctionné, et des négociations nucléaires en berne. La Bourse d’ailleurs ne s’est pas trompée pas puisque le rial a déjà gagné 10% de sa valeur perdue face au dollar.

Mais ce serait une erreur de croire que la victoire de Rohani a été obtenue contre la volonté du Guide Suprême car le président élu était son propre représentant au sein du Conseil suprême de la sécurité nationale. Khamenei détient toujours la clef du dossier du nucléaire mais il a compris que la politique intransigeante d’Ahmadinejad a conduit le pays à la ruine. Il sent le pouvoir lui échapper et il veut sauver ce qu’il peut encore sauver de son régime, sans faire l’erreur des dictateurs arabes tombés sous le coup des révolutionnaires.
Alors il a fini par imposer en coulisses l’élection de Rohani sachant qu’il pourrait recevoir un accueil favorable auprès des américains. D’ailleurs Rohani a immédiatement tendu la main aux Américains et n’a pas écarté la possibilité de discussions directes avec les États-Unis. Il ne s’agit pas d’une position improvisée puisque, pendant sa campagne électorale, il avait exigé une plus grande «souplesse» vis-à-vis de l’Occident. Les pays occidentaux ne lui ont fait aucun procès d’intention et ils ont accueilli favorablement la main tendue de Rohani, en espérant un revirement de la politique iranienne. Après Paris, Berlin et Moscou, Washington a déclaré qu’il «restait prêt à collaborer directement avec Téhéran sur le nucléaire, afin de trouver une solution diplomatique».

Intransigeance israélienne

Israël en revanche, qui ne se distingue jamais par une politique diplomatique originale, sinon courageuse, n’a pas su prendre la balle au bond et persiste dans la politique exigeant le durcissement des sanctions parce qu’il ne s’attend pas à un bouleversement politique. En choisissant une attitude opposée à celle des pays occidentaux, Benjamin Netanyahou reporte sur lui l’intransigeance qui a jadis qualifié Ahmadinejad. Il sait pourtant qu’il n’a plus personne contre qui agiter le spectre de la peur. Il a assimilé l’idée que cette élection reporte automatiquement tout projet de frappe militaire et donc de guerre. Il n’avait pas à donner un blanc- seing au nouveau président mais au contraire à le contraindre à mettre ses convictions en conformité avec ses paroles, en ouvrant en particulier un dialogue direct avec Israël. Mais n’est pas Begin qui veut.

Certes Rohani n’est pas un enfant de chœur car il fait partie du sérail islamique depuis des dizaines d’années. Mais les israéliens auraient pu lui donner acte qu’en 2003 il a accepté la suspension de l’enrichissement d’uranium et l’application du protocole additionnel au Traité de non-prolifération, permettant des inspections inopinées des installations nucléaires iraniennes. Israël aurait pu se distinguer en entrant dans le jeu de Rohani, même s’il est impossible de prévoir la face cachée et mystérieuse de la politique iranienne où la logique scientifique est absente de tous les scénarios. Mais il fallait essayer parce que Israël, en surfant sur toutes les louanges occidentales exprimées à Rohani, n’aurait pas fait cavalier seul et ne se serait pas montré isolé comme il est aujourd’hui. Il a été surpris par l’élection et il n’a pas encore surmonté cet effet.

Il n’y aucun doute que Rohani n’a rien d’un «réformiste» puisqu’il a participé aux grandes décisions du pays en tant que proche collaborateur de l’ayatollah Ali Khamenei, pendant 16 années consécutives. Il est une création du régime des mollahs, qui sait user de sa voix douce et discrète et qui se qualifie à la rigueur «d’ancien conservateur.» Mais il faut lui donner acte qu’il peut changer. Élu, il doit à présent choisir sa nouvelle voie dès lors où il veut faire amende honorable.
La politique est faite de surprises et d’initiatives et Israël aurait dû s’engouffrer dans cette faille, sans complexe mais avec beaucoup de prudence sachant que sa sécurité est en jeu. Cela n’imposait aucun renoncement sécuritaire. Après ses investissements dans le domaine aéronautique et nucléaire, et à présent maritime, Israël est prêt à toutes les éventualités sans baisser la garde tout en faisant un pas vers ses ennemis. Il a créé une nouvelle dissuasion maritime grâce à ses nouveaux sous-marins capables de rester plusieurs semaines sous l’eau, équipés d’ogives nucléaires et positionnés au large des côtes iraniennes. La politique de la main tendue aurait peut-être été payante.

Mais il faut avouer que le Mossad, nous l’avons écrit souvent, a beaucoup de mal à s’implanter en Iran. C’est pourquoi, ni lui et ni les services de renseignements militaires n’avaient prévu ce chamboulement expliquant peut-être l’absence de réaction immédiate et positive du gouvernement israélien. Ils avaient beau dire que la population iranienne était excédée mais ils n’avaient pas envisagé l’arrivée d’un homme qui a battu les ultraconservateurs sans qu’aucune alarme n’ait été déclenchée. Ce fut la même surprise que celle des printemps arabes. La leçon reste pourtant que 50,7% de la population iranienne a rejeté les extrêmes et qu’Israël se serait grandi, non pas en cautionnant le nouveau régime, mais en soutenant des hommes et des femmes bafoués, bâillonnés mais debout. Cette population qui a crié fort : «Non à Gaza et non au Hezbollah» méritait un peu de compassion.

Pour ces hommes courageux face à une répression implacable et face à des sanctions internationales qui les touchent plus qu’elles ne touchent le programme nucléaire, Netanyahou aurait pu faire un geste politique courageux sachant qu’il n’a plus en face de lui Ahmadinejad qui justifiait sa politique militaire. Il est vrai que pendant que les Occidentaux encensent Rohani, les Iraniens continueront à faire avancer leur programme nucléaire mais il est certain qu’une action militaire devient impensable, au moins durant l’année où Rohani devra faire ses preuves de vrai «réformateur» axé sur l’intérêt de son peuple plutôt que sur les intérêts d’une caste belliqueuse.

Le risque de la main tendue d’Israël aurait été faible car Rohani ne pourra pas tromper longtemps le monde et berner Israël qui n’aurait pas cessé de garder le doigt sur la gâchette. Comme l’expliquait un haut dirigeant israélien des services sécuritaires : «Quel que soit leur astuce, les iraniens ne seront pas en mesure de tromper le monde qui sait déjà ce qui se passe là-bas. Il n'existe aucun dirigeant occidental qui ne soit convaincu sans l'ombre d'un doute que le programme nucléaire militaire, très avancé et ambitieux, est en cours en Iran, et très probablement, déjà sur le point d'être achevée.»

Changement de rhétorique

Rohani n’a pas les moyens de changer ces faits mais il sera capable de modifier sa rhétorique pour ne pas délirer sur la fin prochaine et irréductible d’Israël. Son langage empreint de réconciliation pourrait certes être plus dangereux car il est en mesure, à l’occasion de ses prochaines visites dans les capitales occidentales, d’anesthésier beaucoup de pays qui soutiennent aujourd’hui l’État Juif. Même Barack Obama semble sensible au changement de langage. Israël n’y pourra rien sauf à entrer dans le jeu iranien, soit pour démontrer l’inanité de leur position, soit pour prouver que Rohani n’a fait qu’élever un voile de fumée sur une politique qui change dans la continuité.
Lorsque les Russes ont suggéré que l'Iran était prêt à suspendre l'enrichissement d'uranium, en le maintenant au niveau de 20%, Benjamin Netanyahou est monté au créneau en affirmant qu'une telle démarche serait «purement cosmétique, et qu’il exigeait l'arrêt complet de l'enrichissement de l'uranium, la destruction des stocks d’uranium enrichi, et l’arrêt des activités d'installations nucléaires ». Il savait qu’il n’avait aucune chance d’être entendu et que ce vœu pieux ne pouvait être réalisé, même dans le pays des miracles. Mais il avait encore fait preuve d’intransigeance et d’absence d’initiative politique qui n’aurait rien coûté au pays.

Cependant une analyse approfondie peut conduire à une explication plus pessimiste et plus plausible des faits. Rohani a été poussé au pouvoir par Khamenei lui-même qui est loin d’être primaire, comme on tend à le définir. Il a compris que le peuple est las de son régime, que les Gardiens de la Révolution ne bénéficient plus de la même aura, que son temps est compté et que son régime est désavoué. Il a donc choisi le pion Rohani pour mieux contrôler la colère qui gronde. C’est donc la mission de prozac du peuple qu’a reçue le nouveau président, de la part de son Guide, avec la l'objectif de calmer les inquiétudes du peuple iranien et de duper les pays occidentaux pour qu’à terme l'Iran puisse disposer de cinq missiles Shahab équipés de têtes nucléaires.

C’est effectivement un risque à courir. Il faudra plusieurs mois pour connaitre la véritable stratégie définie par Rohani, pour évaluer s’il est un réformateur authentique, s’il est l’ange qui veut ouvrir son pays à la nouvelle réalité mondiale, ou le démon dont le rôle assigné reste celui de détruire Israël.