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Turquie en 2013


mercredi, 03-Jul-2013
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Économie Turque : un nouveau tigre ?

 

La croissance économique de la Turquie de ces derniers temps a attiré l’attention toute particulière des milieux financiers internationaux. Par exemple, le journal américain Wall Street Journal, en informant ses lecteurs des chiffres de croissance de la Turquie au second quart de l’année 2011 (Avril-Mai-Juin) l’a qualifiée de « tigre au milieu du chaos et de la crise globale » ; la Turquie, dépassant largement, durant la deuxième période, toutes les prévisions des experts économiques en ce qui concerne les taux de croissance, a gardé son titre de « tigre grandissant de l’Eurasie. ».

En effet si nous nous penchons sur ces chiffres, l’on s’aperçoit que la Turquie a atteint un taux de croissance de 8.8% de son PNB pour le deuxième quart de 2011. Ce chiffre place la Turquie à la seconde place mondiale et à la première européenne. Si l’on veut rappeler les six premiers :

1) Chine 9.8%
2) Turquie 8.8%
3) Estonie 8.4%
4) Inde 7.7%
5) Indonésie 6.5%
5) Chili 6.5%

Dans la même période, l’UE a connu un taux de croissance de 1.7%.(moyenne de 27 pays.) D’autre part, le taux des Etats-Unis est resté au niveau de 1.5%.

Les taux de croissance des principaux secteurs économiques de la Turquie sont les suivants :

Agriculture 6.0%
Pêche 20.0%
Production
industrielle 8.0%
Construction 13.2%
Commerce 13.0%

Les autorités officielles turques exposent leur satisfaction quant à ces chiffres et déclarent que les objectifs pour la fin de l’année pourront être atteints et même dépassés. Les prévisions officielles concernant le taux de croissance du PNB turc pour la fin de l’année s’élèvent entre 7% et 8%. Ils précisent en outre que ces résultats ont surtout été atteints grâce aux efforts et aux activités du secteur privé turc. Ce point de vue est partagé par les dirigeants des organisations économiques compétentes du pays.

Parmi eux, le Dr. Murat Yalçıntaş, Président de la Chambre de Commerce d’Istanbul, ayant précisé que ces chiffres étaient la preuve que la Turquie avait pu transformer la crise économique en des occasions propices grâce à des politiques économiques justes, a affirmé que la locomotive de ce taux de croissance a été le secteur privé qui n’a pas hésité à réaliser des investissements malgré les développements défavorables dans l’économie mondiale et européenne. Le Président Yalçıntaş a en outre déclaré que ces activités du secteur privé étaient aussi le reflet de la vision positive du secteur vis-à-vis de l’avenir de l’économie du pays qui accomplirait un développement pérenne durant la période à venir. Il a aussi ajouté que la croissance allait se poursuivre en 2012.

* Eren Paykal

 

La Turquie confirme sa bonne santé économique

 

 

Créé le 11-05-2013 à 13h03 - Mis à jour à 13h09 Par Challenges.fr
Malgré son ralentissement, l'économie turque a toujours de quoi faire des envieux dans un contexte mondial morose, selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

Pour 2013, la Berd a confirmé cette semaine attendre une progression du PIB de 3,7% en Turquie, puis de 4% l'an prochain. Burhan Ozbilici/AP/SIPA

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Le ralentissement qu’a connu la Turquie ces deux dernières années n’entrave en rien la bonne marche de ses activités économiques. C’est le constat dressé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) qui a tenu sa réunion annuelle à Istanbul. Et ce même si après deux années de forte croissance, l'économie turque a nettement ralenti en 2012, avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de seulement 2,2% contre 8,8% l'année précédente.

"La Turquie était en surchauffe", estime Erik Berglof, l'économiste en chef de la Berd. Sa situation est ainsi très différente et bien plus enviable que celle d'autres pays comme la Russie et l'Égypte, dont les perspectives de croissance viennent d'être drastiquement revues à la baisse.

Pour 2013, la Berd a confirmé cette semaine attendre une progression du PIB de 3,7% en Turquie, puis 4% l'an prochain. Des risques demeurent, liés au ralentissement des exportations, aux financements qui restent de court terme et vulnérables aux changements sur les marchés mondiaux et à un faible montant des investissements directs étrangers (IDE).

"Dans cette période difficile, la Turquie est un exemple de réussite"

Malgré ses faiblesses, l'économie turque a toutefois encore de quoi faire des jaloux et les autorités turques, qui accueillaient vendredi et samedi la réunion annuelle de la Berd à Istanbul, ne cachent pas leurs ambitions. "Dans cette période difficile que connaît le monde, la Turquie est un exemple de réussite", s'est félicité le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, devant des responsables de pays arabes, d'Europe de l'Est et d'Asie centrale.

Il a rappelé ses grands projets d'infrastructures, comme la construction à Istanbul d'un troisième aéroport qui ambitionne de devenir le premier de la planète en nombre de passagers.

Les experts soulignent aussi les nombreux atouts du pays, à commencer par sa situation géographique privilégiée. "Depuis Istanbul, vous pouvez atteindre 56 pays en quatre heures" de vol, souligne Serra Akcaoglu, la patronne de la banque américaine Citibank dans le pays. La Turquie est pourtant aujourd'hui le deuxième pays d'intervention de la Berd, derrière la Russie, avec plus d'un milliard d'euros d'investissements l'an dernier et probablement autant en 2013.

Des inégalités toujours très présentes

La banque - détenue par 64 pays, l'Union européenne et la Banque européenne d'investissement - avait été fondée en 1991 pour aider les pays de l'ex-bloc soviétique à passer à l'économie de marché, avant d'étendre ses interventions à d'autre pays.

Même si Istanbul donne l'image d'un pays développé avec sa Bourse et ses grands hôtels, les inégalités entre régions et dans la population sont en effet toujours très importantes, rappelle la Berd.Comme en Chine, "nous devons nous soucier des conséquences sociales d'une croissance rapide", affirme Suma Chakrabarti, le président de l'institution depuis un an.

La rébellion kurde a en particulier dissuadé les investisseurs dans une partie du pays, par crainte d'attaques.

(Avec AFP)

Voir aussi : http://www.invest.gov.tr/fr-FR/turkey/factsandfigures/Pages/Economy.aspx

 

Turquie: la face cachée du croissant

TURQUIE - Depuis le 28 mai, la Turquie est le théâtre de protestations populaires d'une ampleur inédite depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes de l'AKP, il y a dix ans. A mi-chemin entre les "Indignés" occidentaux et les révoltés arabes de 2011, ce mouvement est symbolique de l'exaspération croissante de la population face à la tentation autoritaire du Premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan.

Benoît Margo

http://www.huffingtonpost.fr/benoit-margo/revolte-turquie_b_3384307.html

Quelle est l'origine de la colère?

Initialement, des mouvements écologistes et citoyens se sont opposés à un projet urbain à Istanbul, où les espaces verts sont peu nombreux. Il est prévu de raser le petit parc qui jouxte la grande place Taksim, centre névralgique de la ville moderne, pour que soient reconstruites les anciennes casernes ottomanes qui se trouvaient jadis à cet endroit, et qu'y soit implanté un centre commercial.

Ce projet est porté par la mairie d'Istanbul, et surtout par le gouvernement. Ancien maire de la ville lui-même dans les années 1990, Erdoğan est en fait le premier inspirateur de la politique urbaine d'Istanbul. Car la plus grande ville du pays sert littéralement de vitrine de la réussite turque au XXIe siècle.

Seulement voilà, le Premier ministre procède de plus en plus de manière arbitraire, tant à Istanbul qu'au niveau national. Dans les deux cas, il donne l'impression de vouloir retrouver à marche forcée la grandeur perdue de l'empire ottoman.

Ces dernières années, les projets d'Erdoğan pour sa ville natale se sont apparentés à une folie des grandeurs: troisième pont sur le Bosphore, troisième aéroport international, canal de contournement du Bosphore, nouvelles mosquées géantes dans le panorama caractéristique de l'ancienne Constantinople...

Ses ambitions passent par la destruction de forêts ou de quartiers historiques et populaires, pour laisser la place à des promoteurs immobiliers parfois un peu trop proches de lui, comme son propre gendre.

L'affaire du parc Gezi a donc joué un rôle d'étincelle qui a enflammé la colère de franges hétéroclites de la population, allant de l'extrême-gauche aux nationalistes, en passant par les alévis (des cousins des alaouites syriens), contre la politique du gouvernement.

De son côté, l'AKP (Parti de la Justice et du Développement) reste très sûr de lui, enhardi par ses larges victoires électorales, obtenues en 2007 et 2011. Il faut en effet souligner que, malgré sa longévité à la tête du pays, le parti islamiste jouit d'une popularité remarquablement forte dans l'opinion.

Après dix ans de pouvoir islamiste, où en est la Turquie?

Sur le plan économique, en dépit d'inégalités persistantes, le bilan est plutôt bon en comparaison avec les précédents gouvernements. En 2001, le pays subissait une nouvelle crise sévère. Aujourd'hui, la Turquie se classe dans les 20 premières économies mondiales, entre la Corée du Sud et l'Indonésie.

Pour autant, après de premières années d'ouverture prometteuses, la diplomatie du "zéro problème" s'est, elle, heurtée à la réalité géopolitique. Le sentiment récurrent en Turquie de "forteresse assiégée" demeure, à l'heure où le conflit syrien menace de déborder (attentat de Reyhanli le 13 mai).

Sur le plan politique interne, le bilan est aussi contestable. Au début, Erdoğan et l'AKP prenaient soin de suivre un agenda européen de libéralisation politique sans mécontenter l'armée, traditionnellement la gardienne du dogme kémaliste, nationaliste et laïc.

Mais l'Europe s'est fermée à la Turquie, avant de sombrer dans la crise. Puis l'année 2007 a marqué une rupture. Après sa réélection triomphale, l'AKP s'est senti suffisamment puissant pour entamer le bras de fer avec les militaires.

Les islamistes ont pour la première fois réussi à placer, au forceps, un des leurs à la présidence de la République. Les mesures législatives fondées sur l'Islam se sont multipliées (sur l'avortement, le port du voile, l'alcool, le blasphème...), chose auparavant impensable.

A cause de cette nouvelle politique, le parti au pouvoir a frôlé l'interdiction en 2008. Depuis, les islamistes se sont attaqués directement aux militaires, allant jusqu'à effectuer de véritables purges par le biais de grands procès, comme celui du réseau Ergenekon.

Cet affrontement sonne comme un règlement de comptes, seize ans après le "coup d'Etat post-moderne" de 1997, qui avait vu l'ancêtre de l'AKP, le parti Refah, être expulsé du pouvoir et interdit par l'armée. A l'époque il est vrai, la démocratie turque était encore bien plus menacée qu'aujourd'hui, même si le pays reste par exemple l'un de ceux qui compte le plus de journalistes dans ses prisons.

La popularité de l'AKP tient à sa réussite économique, mais aussi précisément à sa politique conservatrice. En effet, les islamistes ont décomplexé une grande partie de leur base électorale, notamment la nouvelle bourgeoisie marchande imprégnée de valeurs musulmanes.

Si, par son charisme, Atatürk avait su imposer un principe de laïcité au cœur de la vie de la cité, la Turquie reste un pays profondément musulman. Mais là où certains voient la nécessité de régler le curseur vers le religieux pour être en phase avec la société, d'autres dénoncent la mise en application d'un agenda caché d'islamisation à outrance.

Quelles peuvent être les conséquences de ce "printemps de Taksim"?

Pour Istanbul, ces manifestations tombent vraiment mal. La ville se serait bien passée de cette publicité à trois mois de la désignation de l'hôte des Jeux Olympiques de 2020, dans laquelle elle part favorite.

S'il est trop tôt pour juger des conséquences politiques, on peut dire qu'il y a là un vrai test d'aptitude pour Erdoğan. Si ce dernier s'entête à jouer les autistes, il renforcera l'image d'une dérive à la Vladimir Poutine.

Dans un peu plus d'un an se tiendront en effet les premières élections présidentielles au suffrage universel de l'histoire du pays. Or Erdoğan, arrivé au terme de ses mandats parlementaires, tient justement à se présenter et faire amender la constitution pour doter la République turque d'un régime présidentiel.

Il pourrait ainsi se retrouver à présider triomphalement les célébrations des 100 ans de la République, en 2023. Tout un symbole pour celui qui semble se poser en Atatürk néo-ottoman.

Mais la gestion de cette crise pourrait peser sur l'avenir politique d'Erdoğan. Il n'est pas anodin que le président Abdullah Gül se montre conciliant envers les manifestants alors que lui multiplie les provocations. Modéré, l'ancien bras droit du Premier ministre, devenu son rival le plus sérieux, pourrait incarner un recours éventuel.

Plus généralement, ces contestations, qui pour le moment ne touchent que des villes ou des catégories sociales que l'on savait déjà hostiles au gouvernement, sont un avertissement pour l'AKP. Le parti islamiste va devoir se faire à une opposition ayant les moyens de se faire entendre. Et c'est sans aucun doute une bonne nouvelle pour la démocratie turque.

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