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Le Retour des Russes au Proche Orient -
Revue de Presse


mardi, 03-Sep-2013
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L'Egypte a entamé sa deuxième révolution

 

Le Parisien Philippe de Poulpiquet
http://www.leparisien.fr/international/en-direct-egypte-morsi-et-des-dirigeants-islamistes-interdits-de-quitter-le-pays-03-07-2013-2951085.php

manif

Plus d'un mois après la destitution de l'ex-président égyptien Mohammed Morsi par l'armée, le Caire a été le théâtre d'un véritable bain de sang ce mercredi. Pour mater la colère des partisans de l'ancien chef de l'Etat qui manifestent massivement depuis plusieurs semaines dans la capitale, la police a lancé une vaste opération dès le matin pour les déloger.

la communauté internationale, inquiète, et condamne les violences mais les pro-Morsi appellent à manifester tous les jours. Les forces de l'ordre ont pris d'assaut leurs deux lieux de rassemblement, la place Rabaa al-Adawiya et la place Nahda, armées de grenades lacrymogènes, d'armes automatiques et de bulldozers.

Le bilan humain de ces affrontements est encore difficile à établir. Le gouvernement évoque 278 morts dont 43 policiers et 1 403 blessés à travers tout le pays. Mais le bilan pourrait être bien plus lourd. De leur côté, les Frères musulmans, le mouvement islamiste dont sont issus M. Morsi et ses partisans, parlent de plus de 2 200 morts et 10 000 blessés. Face à ces violences, le gouvernement a décrété l'état d'urgence, entré en vigueur dès 16 heures heure locale (même heure à Paris). Des couvre-feux seront également instaurés tous les soirs et «jusqu'à nouvel ordre» au Caire et dans 13 provinces du pays, de 19 heures à 6 heures du matin heure locale, a indiqué un porte-parole du gouvernement.

Quant à la communauté internationale, elle condamne unanimement cette répression.

Adly Mansour désigné pour succéder à Mohamed Morsi

Adly Mansour, un juge anonyme à la tête du pays arabe le plus peuplé Président du Conseil constitutionnel depuis seulement deux jours, le juge Adly Mansour, a été désigné mercredi par l'armée pour succéder à l'islamiste Mohamed Morsi. Il devra tenir les rênes d'un pays divisé après plusieurs jours de manifestations massives et sanglantes entre opposants et partisans du premier président élu démocratiquement en Egypte. Ironie du sort, ce juge avait été nommé président du Conseil constitutionnel par Morsi lui-même à la mi-mai. Ce sexagénaire, père de trois enfants, a obtenu une bourse pour étudier dans le prestigieuse Ecole nationale d'administration (ENA) à Paris avant d'entamer une longue carrière judiciaire sous de régime de Hosni Moubarak. Il a exercé dans des tribunaux religieux, encadrés par l'Etat égyptien, où il émettait des fatwas ou des décrets sur des questions religieuses, mais aussi dans des cours civiles et criminelles. Contrairement aux principaux leaders d'opposition --comme le prix Nobel de la paix Mohammed ElBaradei ou l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa-- son nom n'est jamais apparu parmi les successeurs potentiels de M. Morsi. Cet anonymat relatif a probablement intéressé les militaires désireux de mettre en avant une figure neutre pour assurer la transition qui s'annonce mouvementée. Cet homme mince et moustachu de 67 ans aurait probablement pu parcourir les récentes manifestations sans être reconnu.

Déclarations d'Abdel Fattah al-Sissi

Voici l'essentiel des déclarations d'Abdel Fattah al-Sissi, le chef de l'armée égyptienne, lors de l'annonce de la destitution du président Morsi :

«Plusieurs propositions ont été faites lors d'une réunion avec le président Morsi le 30 juin pendant laquelle nous avons rejeté toute menace faite au peuple. Nous espérions trouver une issue afin de satisfaire les revendications du peuple.
Cependant, les réponses du président n'ont pas convaincu les aspirations de la rue.
Nous avons alors appelé à une autre réunion incluant les différents partis politiques, en n'excluant personne. A l'issue de cette réunion, la feuille de route est la suivante :

  • - Elections anticipées. En attendant, le président Morsi est remplacé par le chef de la Cour constitutionnelle.
  • - Formation d'une nouvelle coalition nationale
  • - Formation d'un comité qui travaillera sur les amendements de la constitution
  • - Des mesures qui prennent en compte la jeunesse égyptienne dans les prochaines décisions - L'armée appelle le peuple égyptien à s'abstenir de toute violence en attendant
  • - Nous saluons l'armée pour ses sacrifices répétés au nom de son pays.»

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Égypte : concert de condamnations au sein de la communauté internationale

 

 


http://www.france24.com/fr/20130815-concert-condamnations-communaute-internationale-egypte-manifestation-morsi-morts

Après la dispersion sanglante des manifestants pro-Morsi en Égypte, qui a fait au moins 525 morts selon les autorités, la communauté internationale a unanimement condamné ces violences. François Hollande a demandé la levée de l'état d'urgence.

 

L'ÉGYPTE FERME LE POINT DE PASSAGE AVEC GAZA

L'Égypte a fermé mercredi son point de passage avec la bande de Gaza pour une durée indéterminée après les violences nées de la dispersion sanglante de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, selon un responsable de la sécurité.

Des centaines de travailleurs palestiniens traversent chaque jour le point de passage de Rafah, dans la péninsule du Sinaï, dans les deux sens. (AFP)

La communauté internationale a vivement réagi et condamné l'évacuation meurtrière des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi par l'armée, au Caire, mercredi 15 août. Des violences qui auraient fait au moins 525 morts dans tous le pays, en très grande majorité des civils, selon le dernier bilan, jeudi, du gouvernement égyptien.

La France, qui a demandé "l'arrêt immédiat de la répression", a annoncé qu'elle saisissait le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, et ses principaux partenaires "pour qu'en urgence une position internationale soit prise en ce sens".

Le président François Hollande a, par ailleurs, convoqué jeudi l'ambassadeur d'Égypte en France, Nasser Kamel, à l'Élysée. Le chef de l'État a appelé en fin de matinée à "tout mettre en œuvre pour éviter la guerre civile" et à souligné que "l’état d’urgence devait être levé rapidement".

Regrettant des événements "lamentables", le secrétaire d'État américain John Kerry a appelé le gouvernement intérimaire et l'armée à "empêcher davantage de violence" et à "proposer des options constructives, parmi lesquelles le remaniement de la Constitution et l'organisation d'élections législatives et présidentielle".

"Les États-Unis donnent quelque 1,3 milliard d’euros en aide militaire à l’Égypte. Il y aurait donc des leviers pour peser sur le Caire, mais seront-ils utilisés ? A priori non," explique Stanislas de Saint Hippolyte, correspondant de FRANCE 24 à Washington. Les Américains pourraient en revanche décider de suspendre leur participation à des exercices militaires communs prévus en septembre, précise-t-il.

Et d'ajouter, "l’armée égyptienne est le partenaire central des Américains dans la région et un acteur incontournable pour assurer la sécurité d’Israël".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part "condamné dans les termes les plus fermes les violences qui se sont produites au Caire, quand les services de sécurité égyptiens ont utilisé la force" contre les manifestants. Il a demandé "à tous les Égyptiens de concentrer leurs efforts sur la promotion d'une réconciliation sans exclusive", selon son porte-parole.

Un peu plus tôt, le Premier ministre turc islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, avait appelé "la communauté internationale avec en tête le Conseil de sécurité de l'ONU et la Ligue arabe" à "immédiatement passer à l'acte pour faire cesser ce massacre".

Dans un communiqué, le Premier ministre Erdogan avait souligné que l'attitude conciliante de la communauté internationale à l'égard du "coup d'État" en Égypte "n'avait fait qu'encourager l'actuel gouvernement en vue de son intervention d'aujourd'hui (mercredi)".

Le président turc Abdullah Gül a, lui, jugé inacceptable une "intervention armée contre des civils qui manifestent" et dressé un parallèle avec le début de la contestation en Syrie, avant qu'elle ne dégénère en conflit armé.

Le terme de "massacre" a également été employé par le mouvement palestinien du Hamas et par Téhéran, qui a évoqué "la possibilité d'une guerre civile" en Égypte.

Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a condamné "avec force" l'intervention de la police contre des "manifestants pacifiques".

La répression de mercredi est "un grave coup porté à la réconciliation et aux espoirs du peuple égyptien pour une transition démocratique", a estimé le secrétaire d'État américain, sans dire un mot de l'assistance militaire annuelle de 1,3 milliard de dollars que les États-Unis versent à l'armée égyptienne.

Appels à la retenue

Partout en Occident, où le renversement le 3 juillet du président Morsi, démocratiquement élu au printemps 2012, n'a guère suscité de critiques, les appels à la retenue se sont multipliés.

À Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé "toutes les forces politiques" à la "retenue" et au "sang-froid", afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions et d'autres victimes.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a elle aussi appelé "les forces de sécurité à faire preuve de la plus grande retenue et tous les citoyens égyptiens à éviter de nouvelles provocations et une escalade" de la violence. Elle a également réclamé la levée de l'état d'urgence "dès que possible".

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a, quant à lui, jugé que "les nombreux morts dénombrés ce matin au Caire étaient inacceptables".

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, "profondément inquiet de l'escalade de la violence en Égypte", a condamné le recours à la force et appelé "les forces de sécurité à agir avec retenue".

La Suède a estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt, que la "principale responsabilité" des "tueries" en Égypte incombait au régime.

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L'Egypte à la recherche de sa souveraineté perdue.

 

 

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/la-louve-alfa 19 Août 2013 par  LA LOUVE AΛΦΑ Médiapart

Le mouvement Tamarod (Rebellion), qui est en grande partie à l'origine de la destitution du président Morsi avec le Fonds de Salut National créé fin 2012, s'est joint à d'autres organisations pour une campagne appelant à annuler l'aide des États-Unis et le traité de paix avec Israël, de Camp David, de 1979 (Daily News Egypt). Il est question d'un référendum.

Il s'agit là de couper toute interférence et moyen de pression des États-Unis dans le gouvernement interne du pays, et de permettre à l'Égypte de retrouver sa souveraineté complète notamment afin de pouvoir faire intervenir leur armée (qui en a été empêchée jusqu'en 2011, par les accords de 1979 et qui n'est toujours pas libre des ses mouvements) dans le nord du Sinaï. Cette région est sous la surveillance conjuguée d'Israël, de la police égyptienne (qui ne peut pas grand chose) et de la FMO (Force multinationale de défense - 1 656 soldats de onze pays différents), depuis 1979. La région concernée qui va de l'ouest de la bande de Gaza au nord jusqu'à Taba et Charm el-Cheikh au sud est en état de guerre permanent. Des atrocités et des trafics (d'armes à destination du Hamas, jusqu'au trafic d'organes) y sont commises par les tribus et les trafiquants qui sévissent depuis des années, particulièrement le long de la frontière avec la Palestine

Une chronologie complète et détaillée des opérations militaires dans cette partie du Sinaï se trouve sur le ROP (Réseau de recherche sur les opérations de paix) de l'Université de Montréal. On y lit le 16 août 2013 : "Les forces de sécurité dans la péninsule du Sinaï sont en proie à des attaques quasi quotidiennes de militants depuis le renversement du président égyptien, Mohamed Morsi, le 3 juillet dernier". http://www.operationspaix.net/39-chronologie-complete-de-l-operation-fmo.html

Par ailleurs, des rumeurs reprises par internet et certains médias ( http://www.europe-israel.org/2013/07/un-accord-secret-entre-obama-et-les-freres-musulmans-pour-ceder-40-du-sinai-a-gaza/) se sont développées depuis 2012 : le président de la République, Mohamad Morsi, avec la confrérie des FM aurait cherché à aider les  Palestiniens à s’implanter dans le Sinaï. Il était question de ventes informelles de terrains pour le compte d’Arabes et d’étrangers, conclues par l’intermédiaire des bédouins. 

Le premier ministre, fin 2012, a dû prendre un décret posant des restrictions, pour assainir la situation, sur l’appropriation immobilière dans le Sinaï. Ce qui semble bien laisser entendre qu'il se passait là quelque chose de trouble. Et ce qui a fait dire à l'époque au guide suprême de la confrérie, Mohamad Badie, que rien n’empêchait d’installer des camps pour les Palestiniens. 

Le 18 juillet 2013, après la destitution du président Morsi,  une opération militaire « de nettoyage » a commencé dans le nord du Sinaï. Les militaires et la police collaborent afin d'éliminer les "éléments criminels" qui font régner la terreur. Il est question de nombreux morts et blessés. Les forces égyptiennes sont équipées d'armes lourdes, de lance-roquettes et d'hélicoptères Apache, ainsi que de tanks placés à des points de contrôle. La police était en alerte maximum depuis plus d'un mois.

Parallèlement, et compte tenu des menaces des pays occidentaux de supprimer leurs aides à l'Égypte, l'Arabie Saoudite a annoncé que les pays arabes et islamiques vont prendre des dispositions pour aider l'Égypte si les nations occidentales mettaient leurs menaces à exécution à la suite des évènements.

"To those who have announced they are cutting their aid to Egypt, or threatening to do that, [we say that] Arab and Muslim nations are rich...and will not hesitate to help Egypt," Foreign Minister Prince Saud al-Faisal said in a statement carried by SPA state news agency.

Les pays du Golfe ont promis des milliards en aide et assistance.

Dans le quotidien Egypt Independent du 19 août, j'ai relevé deux commentaires intéressants dans ce contexte :

le premier d'un supporter d'Israël : "Ironic, really. The EU is doing the same thing to Egypt that they have done to Israel, and that the left in the US would have the US do to Israel. As a supporter of Israel I have no joy in seeing the injustice, on whomever it is committed, of EU and other politicians and media people simple-mindedly reacting against the Egyptian government, without looking at how the MB (FM) ruled Egypt with no regard for the rights of others, and the intolerance that is the MB creed. The mass media and Western governments lazily conflate democracy with liberty (the objective of democracy should be to achieve liberty and protection of fundamental rights for all, not simply the power to impose tyranny against the minority). It's as if the EU is blind to burning Coptic churches...."

Le second d'un consultant égyptien : "Couldn't the EU predict this would happen? All they will succeed in doing is pushing Egpyt away and into the arms of the Gulf States. Where will their influence be then?
The EU needs to re-double its efforts to get the various factions together and to get talks going. Cutting aid is such a stupid thing with obvious and negative possibilities.

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L'opération anti Assad a commencée


 

Info "Le Figaro" 22 Août 2013

Selon nos informations, des opposants au régime, encadrés par des aaacommandos jordaniens, israéliens et américains, progressent vers Damas depuis mi-août. Cette offensive pourrait expliquer le possible recours du président syrien à des armes chimiques.

S'il est encore trop tôt pour pouvoir écarter catégoriquement la thèse défendue par Damas et Moscou, qui rejettent la responsabilité du massacre sur l'opposition syrienne, il est d'ores et déjà possible d'apporter des réponses à une troublante question.

Quel intérêt aurait eu Bachar el-Assad à lancer une attaque non conventionnelle au moment précis où il venait d'autoriser des inspecteurs de l'ONU - après les avoir bloqués pendant plusieurs mois - à enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques?

Une logique opérationnelle d'abord. Selon les informations recueillies par Le Figaro, les premiers contingents syriens formés à la guérilla par les Américains en Jordanie seraient entrés en action depuis la mi-août dans le sud de la Syrie, dans la région de Deraa. Un premier groupe de 300 hommes, sans doute épaulés par des commandos israéliens et jordaniens, ainsi que par des hommes de la CIA, aurait franchi la frontière le 17 août. Un second les aurait rejoints le 19. Selon des sources militaires, les Américains, qui ne veulent ni mettre de soldats sur le sol syrien, ni armer des rebelles en partie contrôlés par les islamistes radicaux, forment discrètement depuis plusieurs mois, dans un camp d'entraînement installé à la frontière jordano-syrienne, des combattants de l'ASL, l'Armée syrienne libre, triés sur le volet.

Sentiment d'impunité

À la faveur de l'été, leurs protégés auraient commencé à bousculer des bataillons syriens dans le sud du pays, en approchant de la capitale. «Leur poussée se ferait désormais sentir jusque dans la Ghouta, où les formations de l'ASL étaient déjà à l'œuvre, mais sans réellement pouvoir faire la différence aux abords de la forteresse damascène», explique David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas).
Selon ce spécialiste de la région, l'idée envisagée par Washington serait la création éventuelle d'une zone tampon à partir du sud de la Syrie, voire d'une zone d'exclusion aérienne, qui permettrait d'entraîner les opposants en toute sécurité, jusqu'à ce que le rapport de forces change. C'est la raison pour laquelle les États-Unis ont déployé des batteries Patriot et des F16, fin juin, en Jordanie.

La pression militaire récemment exercée contre al-Ghouta menace la capitale Damas, le cœur du pouvoir syrien. En juillet dernier, le porte-parole du président el-Assad avait publiquement affirmé que le régime n'utiliserait pas d'armes chimiques en Syrie «sauf en cas d'agression extérieure». L'intrusion d'agents étrangers dans le sud du pays, par exemple…

L'autre raison, si l'armée a réellement commis un massacre chimique à Damas, est davantage diplomatique. Depuis le mois d'août 2012, date à laquelle Barack Obama a prévenu que l'utilisation d'armes chimiques constituait une «ligne rouge» qui, une fois franchie, pourrait déclencher une intervention militaire, treize attaques chimiques de moindre envergure ont été recensées, sans provoquer de réaction américaine. Certes, les preuves sont difficiles à obtenir, puisque Damas bloque systématiquement le travail des enquêteurs de l'ONU. Le sentiment d'impunité ressenti par le régime syrien est renforcé par la protection russe apportée au Conseil de sécurité de l'ONU. Barack Obama qui, lorsqu'il est arrivé à la Maison-Blanche, avait proposé au Kremlin un «redémarrage» des relations, ne veut pas briser le lien avec Moscou. Le chef d'état-major américain, Martin Dempsey, son principal conseiller militaire, justifie son opposition à une intervention, même limitée, par l'atomisation de l'opposition syrienne et le poids exercé par les groupes extrémistes.

Quelles options?

Si le régime syrien est réellement derrière le bombardement chimique de Damas, il aura fait franchir un degré supplémentaire à un conflit qui a déjà fait plus de 100.000 morts. «Il ne s'agit plus d'un test à petite échelle comme avant. Les armes chimiques font désormais partie de la guerre, où elles jouent un rôle de dissuasion. C'est un message aux Américains. C'est aussi un défi lancé à Barack Obama, qui risque de perdre sa légitimité auprès de ses alliés dans le monde», analyse un spécialiste du dossier.

Parallèlement aux opérations clandestines menées depuis le sol jordanien, la communauté internationale, comme chaque fois que la crise franchit un pic, reconsidère les différentes options militaires. Armer les rebelles? «Si on le fait un jour on ne le dira pas», commente une source diplomatique. Des frappes aériennes chirurgicales? Possible, mais la solution comporte des risques de régionalisation du conflit. Des forces spéciales pour sécuriser et neutraliser les sites d'armes chimiques? Israël a frappé son voisin syrien à plusieurs reprises. Mais les services occidentaux ne veulent pas prendre le risque que les stocks d'armes chimiques se retrouvent aux mains des groupes djihadistes. Dernière option, l'inaction. C'est celle sur laquelle semble avoir parié Bachar el-Assad à Damas.

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