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Les véritables frontières au moyen orient sont religieuses ou linguistiques.


Lundi, 05-Jan-2015
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  Les véritables frontières sont religieuses ou linguistiques, les frontières artificielles séparant des pays que rien ne distinguent s'effondrent avec la fin des dictatures impériales. Si on laissait la parole aux peuples, il se regrouperaient par affinité, et ce ne serait pas nécessairement gage de bonheur.
 
 

Les frontières héritées des accords Sykes Picot

  Les frontières des états de l'Asie occidentalecarte ont été fixées un peu arbitrairement suite au démantèlement de l'Empire Turque.
On a dit que les diplomates franco-anglais Sykes et Picot, pendant la première guerre mondiale, auraient tracé à la règle, un projet de futures frontières.
Il voulaient s'assurer du soutien d'alliés pour vaincre l'empire turque, et en même temps mettre la main sur des ressources en pétrole.
Pour satisfaire leurs amis et clients, il n'ont pas toujours hésité à promettre le même fief à plusieurs chefs de fraction. Par exemple, la Palestine devait faire partie d'un royaume arabe et devenir un état Juif, tout en restant sous contrôle international.

 Les français et les anglais ont ensuite été mandatés par la SDN pour gérer des états turbulents, dont les frontières ne respectaient pas les limites ethniques ou religieuses. Après avoir réprimé la révolte de druzes de 1925, les français ont du concéder l'indépendance aux féodaux syriens et libanais dès 1941. Les anglais ont du mater les révoltes arabes en Palestine et en Irak, et n'ont pu se maintenir conservant seulement les champs pétroliers avant de se faire évincer par les américains.

 Les états Syriens et Irakiens se sont réussi à maintenir en utilisant des méthodes fascistes, des régimes laïques et autoritaires ont imposé le silence à toute opposition. Ils ont tenté d'unifier leur peuple en créant un ennemi héréditaire : le sionisme contre lequel ils ont concentré toute leur énergie. Cela n'a pas suffit à maintenir l'unité nationale, les Kurdes d'Irak sont entrés en révolte dès 1961, et en Syrie, une révolte sunnite poussée par les frères musulmans a été sauvagement réprimée par Hafez et Assad en 1982 (Révolte et massacre de Hama) .

L'ordre régnait en Irak et au Levant.

Deux événements majeurs sont venus briser cet édifice :

  • La guerre des américains contre Saddam Hussein en Irak en 2003, a détruit l'état fasciste et puissant d'Irak. Les américains ont joué comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, et n'ont pas pris garde aux conflits ethniques internes, ils ignoraient tout de la mosaïque irakienne et des haines ancestrales qu'on y trouvait.
    Les Shiites, majoritaires et brimés par les sunnites avec sauvagerie, ont pris le pouvoir et sont devenus les vassaux de l'Iran. A leur tour ils n'ont pas respecté la minorité sunnite qui s'est révolté.
    La faiblesse de l'état a donné des ailes aux Kurdes, qui étaient en guerre contre les arabes, depmuis des lustres, ils en ont profité pour chasser les armées irakiennes de leur territoire autonome, et pour bâtir l'embryon d'un état démocratie, et prospère.
  • La guerre civile en Syrie, partie d'une révolte civile contre les excès de la dictature Allaouite, l'opposition démocratique syrienne a rapidement été marginalisée par les éléments sunnites partisans d'un nouvel empire islamique.
    Les sunnites appuyés par la population ont obtenu des stocks d'armes redoutables, soit par des livraisons importantes et clandestines venues d'Arabie pour soutenir le Djihad, ou de Turquie pour combattre les Kurdes.
    La guerre civile a attiré de nombreux volontaires, l'armée sunnite s'est renforcée de Djihadistes venus d'Afrique du Nord, d'Europe, d'Irak, d'Egypte et d'ailleurs. La route de la Jordanie étant fermée aux Djihadistes, les armes et les renforts venus d'Arabie transitent par le "sunnistan" Irakien, La révolte contre le pouvoir shiite n'a eu qu'à expliquer à ses fournisseurs Arabes et Qatari que le combat était le même, et les armes livrées ont servi des deux côtés de la frontière, contre les mauvais croyants athées, shiites, alaouites ou autres.

De nouveaux pays peuvent voir le jour :

Les conflits d'Irak et de Syrie ont mis en évidence les solidarités ethnico-religieuse des deux côtés de la frontière. Les Kurdes Syriens sont plus proches des Kurdes irakiens que des sunnites syriens. De même les sunnites partagent le même combat contre l'emprise shiite ou alaouite en Syrie et en Irak. Les armes et les propagandes traversent les frontières, et très peu de monde n'est là pour soutenir les états nations, considérés comme des états oppresseurs.

Un peuple est un ensemble de personnes partageant le désir de vivre ensemble, c'est une définition simpliste, mais elle tient la route, par exemple aussi longtemps que les Corses, le Bretons et les Alsaciens partagerons le désir de vivre ensemble, ils seront français. Si la majorité des Corse ne voulait plus partager le destin des autres français, ils ne feraient plus partie de son peuple. On peut donc se demander si les peuples syriens ou irakiens existent encore aujourd'hui, et en allant plus loin, ces états sont-ils devenus des coquilles vides, la réalité du peuple étant ailleurs.

Il semble que de nouveaux états nations sont en train de naître sur le cadavre des frontières issues de la Grande Guerre.

  • Un état Kurde, d'autant plus fort qu'il comprendrait Kirkouk et ses champs pétrole, certains pensent que l'armée Kurde, pourrait même éventuellement s'emparer de Mossoul si sa sécurité l'imposait.
    Le Kurdistan est pro occidental, a cheval sur la Syrie et l'Irak, il est frontière avec la Turquie où vivent plusieurs millions de Kurdes en mal d'autonomie. Aujourd'hui les chrétiens de Mossoul et de la région trouvent refuge au Kurdistan, ou tentent de résister aux islamistes avec l'aide des Peshmergas, les combattants Kurdes.
    Israël se dit prête à reconnaître de suite un état Kurde, ce pays a toujours eu les meilleurs relations avec les rebelles peshmergas dès l'époque de Saddam Hussein.

    kurdistan
  • Un état islamiste sunnite radical, "L'Etat Islamique en Irak et au Levant" EIIL ce pays djihadiste et intolérant, tenterait probablement d'accroître son territoire vers la Jordanie protégée actuellement par les israéliens et les américains, ainsi que vers l'Arabie.
    On ignore d'où provient son armement, probablement avant tout des stocks d'armes pillés aux troupes régulières par des déserteurs acquis à la cause islamique. On dit que la Turquie, le Qatar seraient de gros fournisseurs, c'est possible mais cela reste à démontrer.
    Ce "sunnistan" serait utilisé par la Turquie pour limiter l'influence Kurde mediaet shiite, il pourrait être appelé à soutenir des révoltes tribales en Arabie contre la dynastie règnante.
    Le 28 juin l'Etat Islamique en Irak et au Levant est devenu l'Etat Islamique tout court, et a proclamé le retour du Califat. L'EIIL a désigné comme calife et donc chef des musulmans partout dans le monde Abou Bakr Al-Baghdadi.

Dans les zones qu'il contrôle, la shariah est instaurée, les non musulmans retrouvent le statut de dhimmi, un journal marocain est allé voir comment la vie civile s'y organise

batiment


Cet état est considéré par Israël comme très dangereux.

  • Un état shiite irakien, cet état existe déjà, c'est la zone ou le gouvernement de Bagdad peut assumer ses droits régaliens. Il est dirigé par le Premier ministre Nouri  al Maliki , cet homme est soumis à une double pression, d'abord l'Iran qui le soutient, et a une énorme capacité de nuisance, et Moqtada al-Sadr qui dirige une milice shiite redoutable, et qui ne tolére aucune faiblesse envers les sunnites.

    Les américains essaient de presse pression sur le régime de Bagdad pour qu'il assouplisse ses positions, et pour qu'une solution politique soit trouvée à la crise, mais ne régime ne voit de solution que dans la confrontation armée, et pour cela il peut compter sur les miliciens de Moqtada al-Sadr et sur l'aide iranienne... Les américains se trouvent donc malgré eux alliés des iraniens contre l'état islamique sunnite en gestation.
    Dans de telles conditions Israël et les monarchies pétrolières s'inquiètent, comment les américains vont-ils pouvoir faire pression pour empêcher l'iran d'atteindre la bombe atomique s'ils sont alliés contre les fanatiques sunnites ?

sadr

Voici une carte des possible

  • Un état Shiite, Alaouite-Chrétien-Druze le long de la méditerranée. Bashar El Assad pourrait maintenir son pouvoir à l'ouest de la Syrie, on sait qu'il est appuyé par la plupart de ses citoyens non sunnites, et par la Russie. Un nettoyage ethnique a déjà commencé, les troupes d'Assad chassent les sunnites, surtout les palestiniens, et accueillent des réfugiés shiites. L'iran envoie des missionnaires en grand nombre pour tenter de couvertir à la Shia un maximum de syrien.

D'autres éclatements sont possibles, ailleurs dans le monde arabe, la Lybie livrée aux chefs de guerre, l'Arabie où le tribalisme est loin d'être mort, le Pakistan où le Balouchistan demande son indépendance, en Iran aussi, les Azéris et d'autres minorités peuvent s'agiter, sans parler du mouvement berbère qui risque de mettre à mal l'unité Algérienne.

 

 

La faiblesse des états nation est mise en évidence

La tentative de créer une zone d'influence Iraniene Est Ouest, allant de l'Iran vers le Liban reliant le Hezbollah, le régime d'Assad et l'Irak de Nouri El Maleki, se heurte à un axe sunnite Nord Sud, allant de la Turquie au Yemen, par la Syrie sunnite et la Jordanie
Les habitants de la région se définissent d'abord selon la religion, puis l'ethnie, enfin la nation, c'est vrai un peu partout, y compris en Israël, où les partis arabes ne militent pas pour un état laïque qui seul leur assurerait une égalité, mais pour la solidarité islamique puis arabe.
On peut donc légitimement penser que les nouvelles frontières seront plus logiques que les anciennes, car elles suivront les coutours des zones d'influence des religions majoritaires, ainsi, elles pourraient mieux garantir la stabilité régionale, une fois les rapports de force clairement établis.

La Jordanie est fragilisée et en première ligne, pays sunnite, elle est une proie tentante pour l'Etat Islamique, Les islamistes sont déjà majoritaires au parlement à Amman. Le pays, naturellement très pauvre croule sous la charge imposée par l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés de Syrie. Le Roi Abdallah ne peut garantir ses frontières que que grâce au bouclier israélien, mais sans une aide financière importante, il ne pourra pas se maintenir longtemps le calme à l'intérieur de ses frontières, et s'il tombe, ce sera au profit des patisans de l'EIIL En Jordanie, comme ailleurs, l'hostilité à Israël domine la société civile, et c'est cette détestation qui est crée, entretenue et développée pour permettre une solidarité islamique. Ce ciment est indispensable aux Djihadistes, il s'en servent pour discréditer le roi et favoriser la pénétration de l'Etat Islamique dans le pays.

Israël n'échappe pas au mouvement régional, Nethanyahou insiste pour imposer qu'Israël soit reconnu comme l'État Nation du peuple juif. Or de plus en plus la judaïcité est définie par la religion, ainsi ce sont les rabbins qui décident qui est juif et qui ne l'est pas, et la nationalité se distingue de la citoyenneté.
L'État tend à devenir celui des nationaux, définis par leur religion, et non celui des citoyens.

La notion de laïcité à la Française est aujourd'hui étrangère à la mentalité du Proche Orient.

Ces bouleversements favorisent l'irrédentisme palestinien

Le Hamas est idéologiquement très proche de l'Etat Islamique, et Israël ne peut pas prendre le risque de voir ce mouvement s'implanter chez lui ou à proximité immédiate.
Après l'échec annoncé des négociations entre Mahmoud Abbas et les israéliens, l'Autorité Palestinienne a décidé pour le n ième fois de réunifier la résistance palestinienne, et de se rapprocher du Hamas. Fatah et Hamas ont formé un gouvernement de technocrate commun, qui aura du mal à se réunir si Israël y met son véto, car toutes les portes d'entrée de la Palestine sont vérouillées par l'armée israélienne.
Ce rapprochement s'accompagne d'une radicalisation de l'opinion, la majorité des arabes de Palestine sont désormais opposés à une solution à deux états, et veulent libérer toute la Paletine de la présence sioniste.
Les actes de violence se multiplient.

Trois adolescents d'une Yeshiva dans les territoires , Eyal Yifrach, Gil-ad Shaar et Naftali Fraenkel, ont été capturés alors qu'ils faisaient de l'auto stop probablement par des combattants proche du Hamas. Ce succès militaire a été vécu avec enthousiasme par la population palestinienne.
Les recherches pour les récupérer ont donné lieu à des centaines d'arrestations, dont beaucoup d'anciens prisonniers libérés en échange de Guilad Shalit et qui avaient repris du service. Israël a découvert de très nombreuses caches d'armes, et des tunnels sous les maisons.
Ces arrestatons ont provoqué des tirs de missiles depuis Gaza sur Israël, et en réaction des élimination ciblées de combattants arabes, et des bombardements d'objectifs réputés militaires. En réaction, les djihadistes ont multiplié les attaques, et une usine de Sdérot a été touchée et a pris feu. Le cycle de la violence est à nouveau enclanché.

Des volontaires ont retrouvé les cadavres des trois adolescents, ils auraient été assassiné dès le premier jour, ce qui expliquerait pourquoi aucune rançon n'a été demandée. Aussitôt le cabinet israélien s'est réuni pour préparer sa riposte, tandis que le Hamas promet l'enfer aux sionistes s'ils osent attaquer Gaza.
Des juifs d'extrême droite ont été interpellés alors qu'ils criaient leur haine et molestaient de paisibles citoyens arabes de Jérusalem.
Le cycle de la violence et de la mort continue, lors de l'enterrement des ados, une foule immense s'est réunie, et « chacune des familles, à sa manière, a exhorté les Israéliens à rester unis et forts, a salué notre solidarité, nous a remercié pour nos espoirs et nos prières. Ils ont refusé d’être contaminés par l’inhumanité qui leur a enlevé leurs enfants bien-aimés.
Nos pensées sont avec eux
. »

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Puisse les démocraties rester fortes et sages, que cette force inspire la crainte à tous ceux qui chez nous cèdent à la panique et au racisme, et chez eux, décourage ceux qui rêvent de mettre le monde à feu et à sang pour imposer leur idéologie criminelle.

Michel Lévy

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