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Mort de Fidel Castro
Revue de Presse


Dimanche, 11-Déc-2016
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Cuba,un modèle selon l'Organisation mondiale de la santé





Selon l'organisme onusien, le système de santé à Cuba a valeur d'exemple pour tous les pays du monde.

Par Salim Lamrani        Mondialisation.ca, 30 juillet 2014 operamundi.uol.com

Le système de santé cubain est mondialement reconnu pour son excellence et son efficacité. Malgré des ressources extrêmement limitées et l'impact dramatique causé par les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d'un demi-siècle, Cuba a réussi à universaliser l'accès aux soins à toutes les catégories de la population et à obtenir des résultats similaires à ceux des nations les plus développées.

Lors de sa récente visite à La Havane en juillet 2014, Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, a fait l'éloge du système de santé cubain et s'est montrée impressionnée par les réussites dans ce domaine. «  Cuba est le seul pays qui dispose d'un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C'est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s'améliorer que grâce à l'innovation », a-t-elle déclaré. Elle a salué « les efforts de la direction de ce pays pour faire de la santé un pilier essentiel de développement[1] ».

Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. Selon Margaret Chan, le monde doit suivre l'exemple de l'île dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention. « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba », a-t-elle souligné[2].

Wikimedia Commons  L'Ecole latino-américaine de médecine (ELAM)

L'OMS rappelle que le manque d'accès aux soins dans le monde n'est en aucun cas une fatalité découlant d'un manque de ressources. Il traduit, au contraire, un manque de volonté politique de la part des dirigeants de protéger les populations les plus vulnérables. L'organisation cite à ce titre le cas de l'île de la Caraïbe comme étant le parfait contre-exemple[3]. D'ailleurs, en mai 2014, en guise de reconnaissance à l'excellence de son système de santé, Cuba a présidé la 67ème Assemblée mondiale de la Santé[4].

Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l'île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l'impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes. Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des Etats-Unis et se situe parmi les plus bas au monde[5].

Avec une espérance de vie de 78 ans, Cuba est l'un des meilleurs élèves du continent américain et du Tiers-monde, avec un indicateur similaire à celui des nations les plus développées. En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens. En 2025, Cuba disposera de la plus grande proportion de personnes de plus de 60 ans d'Amérique latine[6].

Un système de santé au service des peuples du Tiers-monde

Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète[7].

L'exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l'Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d'intégration de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires[8].

En une décennie, près de 3,5 millions de personnes ont pu retrouver la vue grâce à l'internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, a été étendu à tout le continent avec l'objectif d'opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue[9].

Au total, près de 165 institutions cubaines participent à l'Opération Miracle, qui dispose d'un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d'Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l'Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l'Uruguay[10].

La solidarité médicale cubaine s'étend également à l'Afrique. En 2014, LABIOFAM, l'entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l'Ouest, dans pas moins de 15 pays[11]. Selon l'OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûte la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». « Cela signifie que 1 000 jeunes enfants meurent chaque jour de paludisme[12] », rappelle l'Organisation.

De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l'Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l'ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l'institution cubaine. Selon Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, l'ELAM est « l'école de médecine la plus avancée au monde ». Il a également fait l'éloge des médecins cubains qui travaillent dans le monde entier et notamment à Haïti : « Ce sont toujours les premiers arrivés et ce sont les derniers à partir. Ils restent sur place après les crises. Cuba peut montrer au monde entier son système de santé, un modèle pour beaucoup de pays[13] ».

En faisant l'éloge de Cuba, l'Organisation mondiale de la santé souligne qu'il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d'offrir à l'ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s'il y a la volonté politique de placer l'être humain au centre du projet de société.

Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l'Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l'Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s'intitule "Cuba. Les médias face au défi de l'impartialité", Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d'Eduardo Galeano.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

[1] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », 16 juillet 2014.

[2] Agencia Cubana de Noticias, « World Health Organization Praises Cuba's Achievements », 14 juillet 2014.

[3] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », op. cit.

[4] EFE, « Directora general de la OMS está en Cuba para ver avances en investigaciones », 15 juillet 2014.

[5] EFE, « Cuba cierra 2013 con la tasa de mortalidad infantil más baja de su historia », 2 janvier 2014.

[6] Oscar Alfonso Sosa, « Crece esperanza de vida geriátrica en Cuba", Cubadebate, 29 avril 2014.

[7] Salim Lamrani, Cuba: les médias face au défi de l'impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013, p. 49.

[8] Cubadebate, « La Misión Milagro cumple hoy diez años : ha devuelto la vista a 3,4 millones de personas », 8 juillet 2014.

[9]Ibid.

[10] Ibid.

[11] Agencia Cubana de Noticias, « Cuba's LABIOFARM Launches Malaria Campaign in Western Africa », 30 mai 2014.

[12] Organisation mondiale de la santé, « World Malaria Report 2013 », 2013, p. v. http://www.who.int/malaria/publications/world_malaria_report_2013/report/en/ (site consulté le 19 juillet 2014).

[13] Nyliam Vásquez García, « La escuela médica más avanzada del mundo », Juventud Rebelde, 28 janvier 2014.

La source originale de cet article est operamundi.uol.com
Copyright © Salim Lamranioperamundi.uol.com, 2014

 

CASTRO, LE MAUVAIS GÉNIE DES DICTATEURS ARABES

Par Jacques BENILLOUCHE
 
      En exploitant son passé révolutionnaire et son image de marque liée à son succès dans le renversement du régime de Batista à Cuba, Fidel Castro avait cherché à exporter ses idées. Contrairement à ce qu'il espérait, la révolution cubaine avait eu du mal à s'implanter en Amérique Latine. Les gouvernements alliés des États-Unis, souvent issus de coups d'État, triomphaient en écrasant les mouvements révolutionnaires. L'homme, qui a été à l'initiative de tous les combats contre la CIA et qui a fait l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat, est mort de vieillesse dans son lit. C'était son ultime pied de nez à ceux qui avaient misé une forte somme sur sa tête.

Liesse à Miami
      Il a joué le rôle de perturbateur, d'agitateur d'idées irréalistes et de mauvais génie des dictateurs arabes et africains. Il a enthousiasmé une génération d'étudiants rêveurs et naïfs, à la recherche d'un idéal parce qu'ils ne se retrouvaient plus dans l'idéologie capitaliste. Ce faisant et par opportunisme, Fidel Castro a été l'ami de tous les dictateurs arabes et africains, sans distinction, qui l'ont utilisé pour justifier l'assise de leur pouvoir illégitime. Il n'en a raté aucun et s'est accoquiné avec les plus sanguinaires. Il avait choisi cette stratégie pour s'opposer aux États-Unis, symboles d'un capitalisme corrompu selon lui. Il était devenu l'idole des gauchistes et l'icône des déshérités. Seuls les exilés cubains en Floride ont fait la fête parce que la plupart avaient été dépouillés de leur richesse et de leur statut.
      Fidel Castro et son ami Che Guevara (photo ci contre) avaient renversé en 1959 la dictature militaire de Fulgio Batista, soutenu par les Américains. Cette réussite de révolutionnaires déguenillés, assimilée à une victoire contre le pays le plus puissant du monde, a revigoré ceux qui combattaient les «impérialistes» dans le monde, les Britanniques et les Français. Il avait inspiré tous les combattants révolutionnaires qui, souvent musulmans, n'étaient pas gênés par les thèses du marxisme-léninisme.  
       Le 29 novembre 1947, Cuba avait voté contre le plan de partage des Nations Unies pour la Palestine, puis avait ensuite reconnu l'État d'Israël de facto le 14 janvier 1949 et de jure le 18 avril 1949. A la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959, Cuba décida l'établissement de relations diplomatiques qui s'étaient développées dans un esprit de confiance. Fidel Castro avait même décrété un deuil officiel de trois jours dans l'île à la mort du président Yitzhak Ben Zvi, en 1963, ce qui avait provoqué la colère du président algérien Ahmed Ben Bella qui avait aussitôt annulé la visite prévue de Castro en Algérie.

Golda  Meir et Ben Zvi reçoivent l'ambassadeur cubain en 1960

       Au départ, la coopération entre Cuba et Israël fut importante dans le domaine économique. La production d'agrumes et de poulets s'était développée grâce au travail des ingénieurs agronomes israéliens, envoyés par les kibboutzim. Les deux pays partageaient d'une part le sentiment d'être en «état de siège» et d'autre part la volonté résolue de peser sur le destin du monde, malgré leur taille réduite et leur faible population.
C'est au cours de la Conférence de création de la Tricontinentale, qui s'est tenue en janvier 1966, que la position castriste commença à évoluer dans un sens hostile à l'État d'Israël. Dans son message apocalyptique adressé à la Tricontinentale, Che Guevara avait pris parti en faveur des «pays progressistes» de la zone du Moyen-Orient contre Israël qui était accusé d'être «appuyé par les impérialistes».
 Cuba avait refusé, malgré la pression arabe, de rompre avec Israël. Il avait cependant envoyé des troupes pour lutter contre Israël pendant la guerre d'usure (1967-70) et avait également rejoint les forces expéditionnaires pendant la guerre de Kippour de 1973 pour mettre fin aux relations diplomatiques avec Israël, la même année. 
         L'armée et les services secrets cubains avaient pourtant une grande admiration pour le Mossad et Tsahal. Cela n'a pas empêché le principal porte-parole du régime à l'époque, Ricardo Alarcon, alors ambassadeur permanent à l'ONU, de dénoncer «l'agression armée contre les peuples arabes et l'attaque surprise à la manière nazie». Mais Castro lui-même avait déclaré en 1967 à l'hebdomadaire français Nouvel Observateur : «  Les vrais révolutionnaires ne menacent jamais d'exterminer un pays entier, en l'occurrence l'État d'Israël». Au sein de l'intelligentsia cubaine, Israël faisait débat car les généraux étaient favorables à Israël tandis que les dirigeants politiques prônaient la rupture des relations diplomatiques pour coller au mieux à l'Union soviétique. Leur influence fut néfaste puisque Fidel Castro entra dans le rang russe pour combattre le sionisme. 

Cuba, qui avait maintenu des contacts secrets avec les Palestiniens, officialisa ses relations avec les mouvements palestiniens. Yasser Arafat fut reçu à Cuba en chef d'État en novembre 1974, la même année où le chef de l'OLP avait brandi un rameau d'olivier à la tribune de l'Onu.

Tous les membres cubains du bureau politique du parti et du gouvernement avaient accueilli Yasser Arafat au pied de la passerelle. Les rivaux d'Arafat, George Habache et Nayef Hawatmeh, firent eux aussi le voyage de La Havane. Il ne s'agissait plus de discours stériles ou de promesses mais d'actes concrétisés par l'envoi d'armement et de conseillers. Les Cubains circulaient alors librement dans les camps palestiniens du Liban tandis que des guérilleros latino-américains participaient à des opérations de guérilla ou de sabotage. Cuba aligna alors sa position sur celle de la Russie en condamnant Israël dans tous les forums internationaux, allant jusqu'à accuser Israël de génocide envers les Palestiniens : «un génocide semblable à celui que les nazis perpétrèrent contre les Juifs». 

En souvenir du soutien de Castro au combat des Palestiniens, le FPLP (Front populaire de Libération de la Palestine) a d'ailleurs été la première organisation à pleurer son décès. Fidel Castro s'était toujours opposé au sionisme parce que, selon elle, Israël était proche de «l'impérialisme mondial et des puissances colonialistes». 

Cuba avait soutenu concrètement les Palestiniens en envoyant ses combattants renforcer les forces arabes pendant la guerre d'usure qui a suivi la Guerre de Six-Jours. Il avait réitéré ce soutien au cours de la Guerre de Kippour de 1973. Castro avait même un doute sur «le droit d'Israël d'exister» et pour cela, il n'avait pas rétabli de relations diplomatiques officielles.

Fidel Castro s'était distingué en étant le mauvais génie de beaucoup de dirigeants africains qui le vénéraient. Il appuya l'Algérie dans son combat contre la France colonialiste à tel point que le Département d'État des États-Unis avait annoncé en 1964 que l'Algérie était «devenue, littéralement, un agréable second foyer pour les voyageurs cubains, ainsi qu'une base de première importance pour étendre l'influence cubaine en Afrique». En échange d'une aide, le FLN favorisa en Algérie l'émergence d'un socialisme inspiré des Cubains ce qui fit dire à Ben Bella en 1962 : «Castro est mon frère, Nasser est mon maître, Tito mon exemple». 


Fidel Castro avec Khomenei
      Comme s'il visait systématiquement les ennemis d'Israël, Fidel Castro, pétri d'athéisme d'État, développa de bonnes relations avec la République islamique d'Iran qui ne se priva pas pourtant de réprimer en 1980 tous les mouvements gauchistes d'inspiration castriste. Les Mollahs ne voyaient en lui que l'opposant au «Grand Satan». Ali Khamenei, le Guide suprême, avait marqué son amitié à l'occasion d'une réunion en 2001 avec Castro : «Vous en avez été témoin, la Révolution islamique a toujours pris le parti de Cuba lors de ses différends avec les États-Unis, car nous estimons que votre cause est juste. 
     Le secret de la résistance de notre révolution aux pressions exercées sur nous par l'arrogance du reste du monde, c'est la forte conviction de notre peuple, lui qui adhère à l'islam, à ses principes et à ses valeurs. D'un point de vue islamique, votre résistance aux intimidations américaines et à sa domination est méritoire. C'est pourquoi nous vous avons réservé un accueil si chaleureux aujourd'hui, lors de votre visite à l'université de Téhéran». 
     Cuba a toujours joué un rôle de premier plan au Moyen-Orient pendant la Guerre froide. La République démocratique populaire du Yémen, qui fut d'ailleurs le seul pays à adopter l'idéologie soviéto-cubaine, a accueilli des centaines de soldats cubains venus renforcer l'État contre les menaces de ses voisins. Des conseillers militaires avaient aussi été envoyés en soutien à l'enclave côtière de Dhofar pour aider les militants marxistes-léninistes à lutter contre le sultanat d'Oman. En Afrique du Nord, Cuba avait aussi armé et formé le Front Polisario dans sa lutte de libération du Sahara occidental contre le Maroc.
Castro, Kadhafi et le président du Nicaragua Daniel Ortega

Castro et Sadam Hussein

      Au Moyen-Orient, Castro avait toujours été salué par les Irakiens, et par leur leader Saddam Hussein, comme un symbole d'héroïsme. Alors que l'Irak s'était trouvé isolé économiquement et politiquement, Saddam interrogeait souvent Castro sur ses méthodes pour faire échec aux Américains dans leur volonté de mettre Cuba à genoux. Il fut l'un des mantras de Saddam qui copia les méthodes cubaines face à la pression des États-Unis. Les sanctions américaines appliquées contre Cuba avaient été vues par Saddam Hussein comme un signe de l'hégémonie et de l'arrogance de l'Amérique.
              L'effondrement de l'URSS a été une catastrophe économique pour Cuba qui ne s'est pas encore remis des conséquences. Ses relations avec le Venezuela, le Nicaragua et la Bolivie, qui ont viré à gauche, n'ont pas été suivies d'effets bénéfiques. Cuba s'est entêté à maintenir son idéologie héritée du temps de la Guerre froide en ce qui concerne le Moyen-Orient. Dans une région enlisée dans la corruption et la gabegie, les anciennes luttes datant de la Guerre froide sont toujours d'actualité. Ainsi par mimétisme avec la Russie, il soutient le gouvernement de Bachar Al-Assad contre l'avis de nombreux partisans cubains.

      - Sarah : "on a dépassé Ben Gourion !"
     - Bibi      "on dépassera Fidel aussi !"

Fidel Castro laisse au Moyen-Orient un héritage durable. Le pays est encore l'un des seuls au monde, avec la Corée du Nord, où la plus grande partie de l'économie est étatique, embourbé dans la corruption et la gabegie. La démocratie n'y règne pas alors que le renversement du régime de Batista avait pour but de l'instaurer. La censure empêche les Cubains de savoir ce qui se passe dans le reste du monde dès lors où l'accès au téléphone mobile et à l'Internet est lui strictement restreint. Sa disparition laisse espérer un retour des Cubains dans le monde libre. Comme l'a souligné si judicieusement notre confrère Etienne Caubel : «Fidel Castro sera incinéré; les Cubains verront pour la première fois à quoi ressemble une urne».  

Jacques Benillouche 

 

En France, Le député européen Mélenchon est monté sur la tribune, à côté d'un portrait de Fidel Castro, d'un drapeau cubain et d'un drapeau français. Dans la foule, plusieurs personnes ont fait flotter des drapeaux, celui de Cuba mais aussi de l'URSS.

Le fondateur de la France insoumise et membre du Parti de gauche avait appelé ce samedi sur Twitter à un rassemblement avec "fleurs et bougies à 18 heures à Paris".

 

Mort de Fidel Castro :
l'anticommunisme est un humanisme, sauf en France !

 

 

 

 

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le «lider Maximo» est mort ce 25 novembre. Pour Gilles-Willes Goldnadel, au pays de Georges Marchais, le procès du communisme reste à instruire, comme en témoignent les éloges funèbres prononcés en hommage au boucher de La Havane.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

        Ce n'est pas la première fois qu'ils nous font cette mauvaise farce. C'est toujours la même chose, on la croit morte. On se dit que cette fois ils ont compris. Qu'ils ne recommenceront pas. La sotte grandiloquence. Les hommages obscènes. Le déni de la réalité. Eh bien, non, ils ont recommencé.
           Ils ont pleuré Castro. Même la soeur, Juanita, n'ira pas à l'enterrement de son frère: «il a transformé l'île en une énorme prison entourée d'eau». Mais certains, en France sont plus fraternels envers Fidel que la soeur du geôlier.

           Avant que de tenter d'expliquer l'inexplicable, un bref rappel de la réalité minimisée. Castro n'était pas seulement qu'un dictateur sud-américain. C'était un boucher et un équarisseur. Il ne s'est pas contenté de torturer et d'exécuter ses opposants, il a vendu leur sang, comme le rappelait le Wall Street Journal dans un article du 30 décembre 2005: le 27 mai 1966, 3,5 litres de sang par personne furent médicalement ponctionnés sur 166 détenus par décision de Fidel Castro et vendus au Vietnam communiste au prix de 100 $ le litre. Après la prise de sang, 866 condamnés, en état d'anémie cérébrale, paralysés et inconscients, furent emmenés sur des brancards et assassinés.

           Miguel A. Faria dans Cuba, une révolution écrit à la page 415 de son livre: «Depuis que Fidel Castro a pris le contrôle de l'île en 1959, les estimations les plus crédibles précisent que de 30 000 à 40 000 personnes ont été exécutées par le peloton d'exécution ou dans les geôles cubaines.»

          Dès les premiers jours de la révolution, Castro ordonna des exécutions sommaires dans le but d'établir une culture de la peur qui annihila rapidement toute résistance. Les révolutionnaires d'opérette qui le soutiennent en France lui pardonnent avec indulgence ses exactions en même temps qu'ils maudissent ordinairement la peine de mort appliquée aux assassins de droit commun. Ils passent volontiers sous silence que dans les décennies suivantes, Castro s'assura de la soumission de son peuple en prolongeant l'État de terreur.

          Profitons du deuil cruel qui frappe la galaxie communiste et ses compagnons pour régler aussi son compte à celui dont l'icône christique ornait les thurnes estudiantines des seventies et encore de nos jours les T-shirts de quelques attardés. Che Guevara avant que de faire le guérillero en Bolivie, dirigeait dès 1959 la sinistre prison de la Cabana, où il avait acquis le tendre sobriquet de «carnicerito» (le petit boucher). Selon Stéphane Courtois, auteur du Livre noir du communisme, ladite prison était un lieu où la torture et les mutilations étaient quotidiennes. Selon Archiva Cuba, une association basée dans le New Jersey, et qui s'est donné comme mission de documenter les crimes de Castro, en 1959, à la Cabana, au moins 151 personnes innocentes furent assassinées.

         Parmi les 94 enfants dont on a pu établir la mort, 22 ont été exécutés par les escadrons de l'idole de l'extrême gauchisme.

       Quant à la situation actuelle, et sans même évoquer la faillite économique, Christophe Deloire, président de Reporters Sans Frontières, rappelait samedi que Cuba demeurait au 171e rang (sur 180) au classement mondial de la liberté de la presse.

          Ils ont pleuré Castro. Je ne parle pas des communistes. De Pierre Laurent, fils de Paul: «l'artisan de l'une des plus importantes révolutions initiées au XXe siècle… La démonstration de la possibilité de bâtir une société juste et souveraine pour tous les peuples».

         Je ne parle pas de notre Président de la République actuel, tout content d'avoir imaginé effleurer l'Histoire en touchant un vieillard et dont les euphémismes dégoutants dans son hommage funeste: «manquements aux droits de l'homme… désillusions» montrent à quel point les socialistes évaporés n'ont pas totalement coupé le cordon ombilical ensanglanté.

        Je parle des compagnons de déroute, je parle des camarades de carnaval: Christiane Taubira, jamais économe d'une hyperbole: «le dernier géant du XXe siècle…». Je parle de Clémentine Autain, invitée gentiment sur France Inter dimanche matin pour admonester ceux qui fêtent Kissinger mais cognent sur Castro et qui mériterait d'être engagée comme humoriste de la radio active de service public pour ce tweet mémorable et émouvant: «à Fidel Castro, pour la révolution cubaine, la résistance à l'impérialisme U.S, l'expérience «socialiste» d'un autre siècle. Hasta siempre!»

       Je parle enfin de Jean-Luc Mélenchon, dont Onfray disait samedi au Point qu'il avait «fumé la moquette», en tous les cas un havane hallucinogène, en écrivant ce twitt halluciné: «Fidel! Fidel! Mais qu'est-ce qui s'est passé avec Fidel? Demain était une promesse. Fidèle! Fidel! L'épée de Bolivar marche dans le ciel.»

       Je conseille encore à tous ceux qui ne l'aurait pas regardé, de visionner l'hommage du futur candidat fraîchement adoubé par les communistes à la rapière envolée dans les cieux: Samedi matin, à l'ambassade de Cuba. Une homélie larmoyante. C'est sans doute lors d'un même petit matin blafard de 1953, que des staliniens aux yeux rougis rendirent hommage au petit père des peuples qui attend aujourd'hui son fidèle suivant.
J'imagine déjà certains scandalisés par cette dernière ligne.

Le scandale habite ailleurs. Il demeure dans le fait que, précisément, il n'y ait pas scandale quand ces hommages publics au boucher de La Havane sont rendus par des personnes publiques qui ont pignon sur rue.

      Et l'explication vient. D'abord l'anti-occidentalisme pathologique, dans sa version antiaméricaine. Tout fut pardonné à Fidel au nom de la lutte sacrée contre l'impérialisme yankee. Tout, y compris le massacre et la mise au pas de son peuple. Mais cette anti occidentalisme radical n'est pas seulement politique, il est aussi racial.

Qu'on me permette de me citer dans mes Réflexions sur la question blanche (2011): «Il faut se faire à la déraison: un sombre salaud cubain, vénézuélien, bolivien ou mexicain basané, qui sait? mâtiné d'indien, ne sera jamais aussi honni qu'un bon vieux salaud chilien tel que Pinochet, poursuivi jusqu'au bord du tombeau, et que Sartre charriait pour «sa gueule de salaud latin» classique, à la Franco.».

Ensuite et surtout en raison du fait que le procès du communisme reste à instruire en France. Il s'agit d'une triste spécificité française.

         Il n'y a qu'en France que les archives du KGB n'aient pas été exploitées, après l'effondrement de l'URSS ce dont se désolait ma chère Annie Kriegel. Même dans l'Italie si communisante du compromis historique, les archives ont parlé, et l'on sait quel compagnon de route ou quel journaliste émargeait au budget soviétique. Il n'y a qu'en France où des syndicats politisés peuvent reconnaître leurs liens avec le PC sans être pour autant démonétisés. Il n'y a qu'en France où le parti communiste peut encore oser s'appeler par son nom et s'affubler d'un marteau et d'une faucille. Il n'y a qu'en France où des artistes sentencieux peuvent se produire à la fête du journal de l'organe central du parti communiste sans risquer la sentence. Il n'y a qu'en France où le parti de la gauche morale peut s'allier électoralement avec un parti communiste sans rougir ni être déconsidéré.

Car c'est en France encore que ceux qui ont combattu extrêmement le communisme et ses épigones d'extrême-gauche ont été médiatiquement rangés dans le ghetto de l'extrême droite.
Ce fut notamment le sort de Stéphane Courtois, qui faillit connaître la mort civile pour avoir écrit Le livre noir du communisme.

Pour avoir eu le courage suicidaire d'estimer à 100 millions le nombre d'êtres humains assassinés pour imposer le communisme. Paul Kangor dans The Communist estime que le livre de Courtois est largement en dessous de la réalité. Courtois évaluait à 20 millions les crimes de Staline, mais Alexandre Yakovlev , adjoint de Gorbatchev, cité par Kangor, estime le carnage entre 60 et 70 millions d'humains.
L'anticommunisme est un humanisme.

Post-scriptum citoyen: dimanche à 13h sur TF1, on pouvait voir les cubains réfugiés en Floride, ces anciens boat-people, fêter la mort du dictateur. Pas sur la chaîne de service public France 2 à la même heure. Seulement des cubains éplorés. Pour ceux qui, comme moi, n'arrivent pas à accepter comme un fléau naturel, la mainmise de l'idéologie sur le bien indivis des citoyens payant la redevance, je signale la naissance du «Collectif des usagers du service public audiovisuel» (contact@collectif-uspa.fr).

Gilles William Goldnadel ©

 

Réunis devant l'ambassade de Cuba à Bogota, en Colombie, des sympathisants rendent hommage à Fidel Castro.

 

Fidel Castro, "l'homme aux 35.000 femmes"


 

 

Madame.Le Figaro.fr
Fidel Castro affirmait n'avoir eu qu'une épouse. C'était sans compter ses nombreuses conquêtes. Retour sur sa vie d'infidèle.

« L'homme aux 35.000 femmes » : Fidel Castro avait été surnommé ainsi par le New York Post, en 2008. Et pour cause, son rude aspect de guérilléro, son charisme et ses discours-fleuves ont séduit autant les masses que les femmes, qui ont succombé en nombre à « l'effet Fidel ». Un aspect de sa vie sur lequel le commandant en chef de la révolution cubaine, décédé vendredi 25 novembre à l'âge de 90 ans, gardait la plus grande discrétion.

"Une vie pleine d'amour"

Aussi lumineux que son frère cadet Raul est discret, Fidel Castro a multiplié les conquêtes tout au long de sa vie, tandis que Raul n'a été l'homme que d'une seule femme, Vilma Espin, rencontrée dans le maquis et épousée en 1959, qui est morte en 2007. Au cours de ses innombrables interviews, l'ex-président cubain a rarement évoqué ses liaisons amoureuses, mais il a une fois reconnu avoir eu « une vie pleine d'amour ».

Avant même d'être connu comme « révolutionnaire », Fidel Castro multipliait les conquêtes, choisissant de préférence des blondes sans dédaigner les métisses. Dans les années 1950 et 1960, il séduit moult Américaines, Allemandes ou Italiennes et, dans les années 1970, il nouera une amitié étroite avec l'actrice italienne Gina Lollobrigida qui réalisera un documentaire sur lui. Peu après son arrivée au pouvoir, en 1959, Fidel Castro entretint une liaison avec une jeune allemande, Marita Lorenz. Celle-ci a récemment raconté dans un livre avoir été convaincue par la CIA d'assassiner le « Comandante », avant de flancher au moment fatidique. En 1964, il eut aussi une aventure avec Evelyne Pisier, sœur de l'actrice Marie-France Pisier, subtilisée à son petit ami de l'époque, Bernard Kouchner, alors jeune étudiant en visite sur l'île.

Les historiens lui attribuent au moins sept enfants. « Politiquement, en tant que révolutionnaire, je rejette l'idée de mêler la famille à la politique. Ces histoires de premières dames, je trouve ça vraiment ridicule », confiait-il en 2002 au cinéaste américain Oliver Stone dans son documentaire Looking for Fidel

Des femmes influentes

Dans cette biographie, il révélait qu'il n'était pas marié avec Dalia Soto del Valle, la blonde aux yeux verts de quinze ans sa cadette avec laquelle il a vécu à partir des années 1980 dans une maison de l'ouest de La Havane. Ex-maîtresse d'école, « Lala », qu'il a connue en 1961 lors d'une campagne d'alphabétisation du régime, est la mère de cinq de ses enfants : Alejandro, Alex, Antonio, Alexis et Angel, comme le père de Castro.

Fidel Castro affirmait ne s'être marié qu'une seule fois, le 12 octobre 1948 avec Mirta Diaz-Balart, une étudiante en philosophie issue d'une famille aisée, mère de son aîné, Fidelito, physicien nucléaire de 67 ans. Il divorça en 1954 après avoir appris qu'elle émargeait au ministère de l'Intérieur tandis qu'il croupissait en prison après l'assaut raté contre la caserne de la Moncada (1953), acte fondateur de sa légende.

Entretemps, il s'est épris, en 1952, de Natalia Revuelta, « Naty », une jolie blonde mariée, qui lui donne une fille, Alina, en mars 1956. Très rebelle, elle fuira Cuba en 1993 et vit depuis à Miami (en Floride). À la mi-1955, Castro entretint aussi une liaison avec une créole, Maria Laborde, activiste de son mouvement, dont il aura un autre fils, Jorge Angel.

Une des femmes les plus influentes dans la vie de Fidel Castro fut sans conteste Celia Sanchez, qu'il avait connue dans le maquis de la Sierra Maestra (sud) en 1957. Elle fut son bras droit, sa confidente, sa secrétaire personnelle et peut-être davantage jusqu'à sa mort d'un cancer en 1980.

À l'exception d'Alina, tous ses enfants vivent à Cuba mais ont toujours été préservés de l'attention des médias. L'infatigable artisan de la révolution cubaine avouait avoir consacré peu de temps à sa progéniture, mais espérait « avoir été un bon père pendant le temps que j'ai passé avec eux », a-t-il dit à Oliver Stone.

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SPARITION

Fidel Castro, mort du «Comandante»

Libération    Gérard Thomas — 26 novembre 2016 à 06:58 (mis à jour à 07:12)
 

Le leader cubain, qui avait cédé le pouvoir à son frère en 2008 après avoir dirigé l'île pendant un demi-siècle, est mort vendredi à La Havane.

Bête noire de onze présidents américains –  d'Eisenhower à Obama  – et porte-drapeau des luttes anti-impérialistes du siècle dernier, Fidel Castro s'est éteint vendredi à La Havane, terrassé par une maladie qui l'avait contraint à céder le pouvoir à son frère Raúl en février 2008 après quarante-neuf ans de règne sans partage sur l'île.

Le 13 août dernier, pour son 90e anniversaire, il était réapparu en public pour la première fois en quatre mois après avoir critiqué par écrit les Etats-Unis, l'ancien ennemi de la guerre froide avec lequel Cuba est en plein rapprochement.

Héraut du tiers-monde dans la deuxième moitié du XXe siècle, ce dernier dinosaure du socialisme était de la trempe des Nasser et des Nehru. Il restera un symbole pour les pays du Sud, Amérique latine en tête. En hommage à son action pour les luttes de libération, il avait été élu à la présidence du sommet des non-alignés à La Havane en septembre 2006.

Des jésuites aux factions révolutionnaires

Fidel Castro est né le 13 août 1926 près de Birán (province d'Oriente, au­jourd'hui province de Holguín) au sein d'une famille aisée de la bourgeoisie locale. Son père, Angel, est un riche planteur de canne à sucre émigré de Galice (Espagne) qui a fait fortune grâce au commerce avec les Américains. «Il graissait la patte des autorités pour obtenir des passe-droits, se souvenait le "Líder máximo". Il invitait les élus locaux, ouvrait les portes de l'armoire du salon et en sortait des enveloppes bourrées de billets qu'il leur distribuait  !»

Le reste du temps, Angel Castro trompe sa femme et collectionne les aventures. La mère de Fidel, Lina Ruz, est l'ancienne servante créole de la famille qui lui a déjà donné deux enfants illégitimes, Angela et Ramon. Le couple aura par la suite trois autres descendants  : Juanita, Raúl (qui deviendra le protégé de Fidel et son inséparable compagnon d'armes) et Augustina. Jusqu'à son baptême en 1935 et sa reconnaissance officielle par Angel, Fidel gardera le nom de sa mère.

Son père l'envoie en pension chez les jésuites, où il accomplira toute sa scolarité, d'abord en primaire au collège La Salle de Santiago de Cuba, puis en secondaire au collège catholique Bélen de La Havane. C'est là, au cours d'un tournoi de basket-ball contre le collège protestant La Progresiva qu'il tombe amoureux de Mirta Díaz-Balart, alors âgée de 15 ans. En 1943, Fidel Castro s'inscrit à la faculté de droit de La Havane, devient président de la Fédération des étudiants et s'engage progressivement dans l'idéologie révolutionnaire. Avec ses amis de l'Union insurrectionnelle révolutionnaire (UIR), il fait régulièrement le coup de feu contre une autre organisation terroriste étudiante, le Mouvement socialiste révolutionnaire (MSR). Les règlements de compte entre les deux factions ensanglantent les rues de La Havane. «C'était une période beaucoup plus dangereuse que toutes mes années passées à préparer et à faire la révolution», confiera-t-il plus tard.

Les noces américaines

En 1947, à la tête d'un corps expéditionnaire, il tente même de renverser le dictateur Rafael Trujillo en République dominicaine. L'opération est un échec. Mirta attend sagement son révolutionnaire d'amant à La Havane. Leur ­mariage est finalement prononcé le 10 octobre 1948 lors d'une cérémonie religieuse en l'église de Banes, le village des Díaz-Balart situé à quelques kilomètres de Biran. Les époux entament alors un long voyage de noce aux Etats-Unis. Miami d'abord, New York ensuite. Castro est conquis par l'Amérique triomphante de l'après-guerre  : il envisage même sérieusement de s'y installer. Le couple finit par rentrer à La Havane au bout de trois mois de lune de miel. Fidelito, le seul fils que Fidel Castro reconnaîtra officiellement, naît quelques mois plus tard.

Fidel boucle sa dernière année d'études et ouvre, en 1950, un cabinet d'avocat «pour défendre les déshérités». L'entreprise périclite car, si les clients existent bien, ils sont trop désargentés pour engager des procédures. D'ailleurs, le goût de la politique dévore Castro. Il devient membre du Parti du peuple cubain (dit Parti orthodoxe, qui se réclame du poète José Martí, un jacobin socialiste héros de l'indépendance) et se présente aux élections parlementaires de 1952. Mais le scrutin est annulé par le coup d'Etat du colonel Fulgencio Batista, le 10 mars 1952.

Après le coup d'Etat, l'avocat Fidel Castro tente un recours devant la Cour constitutionnelle, qui le rejette. Il se lance aussitôt dans l'action directe pour lutter contre la dictature. D'autant que la répression est féroce. Les opposants à Batista sont traqués, arrêtés, assassinés ou déportés. Cuba devient rapidement le bordel des Etats-Unis  : mafia, jeux, corruption prostitution, casinos, drogue… L'économie cubaine, dans son ensemble, est entre les mains des entreprises et des banques nord-américaines. Plus de 500  000 Cubains sont au chômage.

Pendant de longs mois, les Castro vi­votent aux crochets du père de Fidel, qui les soutient financièrement. On leur coupe régulièrement l'électricité pour non-paiement des factures (la Compagnie d'électricité, à capitaux américains, sera dans les toutes premières à être nationalisée après la révolution). Ce qui n'empêche pas Fidel Castro d'investir ses maigres économies dans… la collection des discours et articles de Benito Mussolini.

Le pénitencier de l'île des Pins

En compagnie de son frère Raúl, Fidel Castro et quelque 150 jeunes révolutionnaires déclenchent l'offensive armée contre la tyrannie de Batista le 26 juillet 1953 en prenant d'assaut la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba. La tentative d'insurrection est réprimée dans le sang. Fidel et Raúl échappent au massacre, mais sont arrêtés. Le Parti communiste cubain, qui n'a aucune attirance pour les actions menées par ces jeunes activistes, dénonce l'entreprise de «petits-bourgeois aventuristes». Lors de son procès, le 16 octobre de la même année, Fidel Castro prononce lui-même sa plaidoirie, restée célèbre sous le nom de «L'histoire m'absoudra». Les deux frères sont condamnés à quinze ans d'emprisonnement et sont déportés au pénitencier de l'île des Pins. Mais Fidel Castro et ses idées commencent à gagner la sympathie de larges secteurs de la population.

Pendant la détention de son mari, Mirta découvre abruptement sa vie sentimentale cachée. En effet, Fidel entretient depuis plusieurs années une liaison secrète avec Naty Revuelta, une superbe blonde aux yeux verts, secrétaire exécutive de la Standard Oil Company à La Havane. De sa cellule, Castro écrit des lettres d'amour à Mirta et à Naty. Sournoisement, les responsables de la prison échangent un jour les courriers, faisant parvenir à la femme légitime la lettre destinée à la maîtresse et vice-versa. Mirta entame immédiatement une procédure de divorce. Elle se remarie par la suite avec Emilio Blanco Nunez, fils du représentant du dictateur Batista à l'ONU, avec qui elle aura deux filles. Naty, elle, donnera le jour à Alina, la seule fille de Castro, longtemps top-model à Cuba avant de stigmatiser la «tyrannie de son père» et de s'exiler en 1993 aux Etats-Unis. Quant à Fidel Castro, amnistié et libéré avec son frère en 1955, il se vengera après la révolution en faisant exécuter le directeur du pénitencier. Sa deuxième compagne officielle, l'institutrice Dalia Soto del Valle, lui donnera cinq autres fils. En tout, Castro aurait au moins huit descendants.

Désormais privé du soutien paternel, honni par sa belle-famille et inquiété par les sbires de Batista, Fidel Castro s'exile au Mexique en juillet 1955. Entouré d'une poignée de fidèles, il fonde à Mexico le Mouvement du 26-Juillet. Un jeune médecin argentin révolutionnaire, Ernesto «Che» Guevara, se joint à eux.

La révolution en barque

Le 25 novembre 1956, la révolution cubaine est lancée sur la rive droite du fleuve Tuxpan, près du golfe du Mexique, à quelque 300 kilomètres à l'est de Mexico. 82 hommes prennent la mer en direction de Cuba sur une petite embarcation en mauvais état, Granma, achetée par le Mouvement du 26-Juillet. «Il y avait tellement peu de place à bord qu'on a été obligé de laisser à terre les plus gros et les plus grands d'entre nous», raconte Castro. Les barbudos, ces guérilleros barbus et vêtus d'uniformes vert olive qui tendent des embuscades aux agents du pouvoir en place, deviennent rapidement populaires. La dictature de Fulgencio Batista s'écroule en janvier 1959.

Les transformations de la société cubaine n'inquiètent pas les principales puissances mondiales, Etats-Unis en tête, qui s'empressent de reconnaître le nouveau gouvernement.

Dès le mois d'avril, Fidel Castro entreprend un voyage officiel aux Etats-Unis pour expliquer qu'il n'est «pas communiste», et pour négocier au meilleur prix la récolte de sucre cubain. Mais Washington refuse de fixer le prix du sucre pour la saison. Castro s'énerve. «Nous le vendrons ailleurs», menace-t-il. En février 1960, l'URSS passe un premier accord avec Cuba pour acheter son sucre en échange de pétrole. Huit mois plus tard, les Etats-Unis décrètent un embargo total sur le commerce avec Cuba.

De la crise des missiles au pied de nez tiers-mondiste

En janvier 1961, les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues. En avril, John F. Kennedy, le premier des onze présidents américains que Castro verra défiler, fait débarquer des anticastristes dans la baie des Cochons. Leur défaite est cuisante et Castro devient le porte-drapeau des anti-impérialistes. En pleine guerre froide, le russe Nikita Khrouchtchev en fait son poulain et installe des missiles soviétiques en territoire cubain. Kennedy mobilise immédiatement 150 000 réservistes, organise le blocus naval de Cuba et lance un ultimatum à Moscou. Dans un premier temps, Khrouchtchev refuse d'obéir. Il finit cependant par obtempérer le 28 octobre, contre l'engagement américain de ne pas attaquer l'île. Castro tire ombrage de cet accord conclu entre les deux «grands» sans qu'il n'eût été consulté.

Dans un magistral pied de nez à Washington comme à Moscou, Cuba se lance alors dans le soutien aux guérillas tiers-mondiste  : Angola, Ethiopie, Guatemala, Salvador, Nicaragua… les conseillers et les combattants cubains sont de tous les fronts. Fidel Castro rengainera progressivement sa kalachnikov après l'exécution par l'armée bolivienne d'Ernesto Guevara, le 9 octobre 1967.

La dramatique situation économique du pays pousse définitivement Cuba dans les bras de l'Union soviétique au début des années 70. La Havane devient dépendante à plus de 80% du commerce avec Moscou. L'éclatement de l'URSS, en 1991, provoque à nouveau une terrible crise économique qui oblige Fidel Castro à faire de timides concessions au capitalisme jusqu'à ce qu'il trouve un nouvel allié économique en la personne du président vénézuélien, Hugo Chávez.

L'arsenal des régimes totalitaires

Les années Castro sont marquées par d'incessantes violations des droits de l'homme perpétrées par le régime  : dénonciations, détentions arbitraires, longues peines d'emprisonnement, persécution des opposants, fermetures de librairies, chasse aux homosexuels, purges, disgrâces et privations des libertés fondamentales. Tout l'arsenal des régimes totalitaires est mis en œuvre pour éviter les débordements. De nombreux compagnons de Fidel Castro –  ceux de la clandestinité, de la lutte armée dans la Sierra Maestra et des premiers mois de la révolution  – ont même souvent fait les frais de la répression pour avoir osé le critiquer. Etranglé par le blocus américain, Cuba a cependant mis en place des politiques d'éducation et de santé performantes et les Cubains restent généralement fiers de n'avoir pas plié l'échine face à leur grand voisin.

C'est d'ailleurs sur la scène internationale que Fidel Castro, uniforme de commandant, barbe en bataille et baskets aux pieds, a capitalisé la sympathie. Jusqu'au déclenchement, en 2006, de la maladie qui a eu raison de lui, il était devenu l'hôte de marque impromptu des forums internationaux. Son arrivée, dans une bousculade de photographes et de cameramen, et ses légendaires prestations au micro constituaient un gage de succès pour la manifestation.

Du sommet ibérico-américain de Madrid en 1992 (son premier voyage officiel en Europe occidentale) au sommet de l'alimentation (Rome, 1996), en passant par la réunion de l'Organisation mondiale de la santé (Genève, 1998) ou le sommet du millénaire de l'Organisation des Nations unies (New York, 2000), inviter Fidel Castro était devenu une sorte de mode, un pied-de-nez à l'omnipotence des Etats-Unis.

Gérard Thomas

Pour Fidel «Toute la gloire tient dans un grain de maïs» a dit Raul

04DÉC
Paru dans
"histoire et société"

 

A Santiago, Raoul et Lula,  dans cette ville héroïque et africaine, je m'interroge sur ce geste de raoul qui est celui par lequel on salue la fragilité des intiés de la santeria, le vaudou cubain, comme il y eut jadis  le vol de colombe, c'est toute l'histoire cubaine inextricablement mêlée avec laquelle Fidel, les siens et le peuple cubain ont   construit le socialisme. (photo)…

« Il n'y aura aucun monument ou édifice au nom de Fidel Castro, selon une de ses dernières volontés » – Raul Castro, 3/12/2016

Raul a dit que fidèle à l'éthique de José Marti, pour qui  toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs, le leader de la Révolution a rejeté le culte de la personnalité  Il a insisté pour que, une fois mort , son nom  ne soit  jamais été utilisé pour nommer les places, les avenues, les rues et autres lieux publics, ainsi que ne devaient  pas être érigés  des bustes et des statues  ou d'autres formes similaires.

Déjà Fidel s'était opposé à ce que soient élevées des statues à des dirigeants vivants, mais voici qu'il refuse cette célébration à sa mort… Les journalistes qui s'obstinent à le traiter de leader maximo finiront-ils par comprendre qui était Fidel, sa modestie et sa discrétion dans le même temps où il s'identifiait à la grandeur de son peuple…

Marianne me dit que dans les forums russes, on peut lire des phrases comme celle-ci: « Il faudrait que les Cubains nous envoient une pincée de ses cendres pour que nous la jetions dans la Moscova et que notre force révolutionnaire renaisse quand nous boirons cette eau. »… Comment dire le monde qui le pleure, en Amérique latine, nuestra America, mais aussi en Afrique, en Asie… Il est le peuple cubain, mais celui-ci en défendant sa patrie est devenu monde… Les petits, les déshérités accédant à l'immortalité d'une Révolution.

Ceux qui, parmi nous français, ont accepté de le connaître de participer à l'épopée cubaine en auront acquis  l'immense privilège de pouvoir faire confiance à l'humanité et ils savent à quel point Raoul et ceux qui l'ont entouré étaient faits de la même qualité… Comme d'habitude Raoul était là pour répondre pleinement aux voeux de ce frère qu'il a aimé, suivi, protégé toute sa vie y compris dans ce dernier voyage d'une boite en bois remplie de cendres, un trajet qui a retricoté le chemin de la caravane de la liberté jusqu'à son point de départ. . . .

Danielle Bleitrach

 

 

http://www.alterinfo.net/A-Cuba-l-education-et-la-sante-en-acces-libre-sont-des-droits-humains-fondamentaux-Interview-de-l-ambassadeur-cubain-a_a27437.html

Vibrant plaidoyer pour Cuba...

 

 
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Pourquoi cette hostilité incessante des USA contre Cuba ?

"Articles par Michaël Parenti"

 

INVESTIG'ACTION


 

Ces derniers temps, les relations américano-cubaines ont été de mal en pis. Sous l'administration de George W. Bush, le boycott américain s'est encore durci. L'agitation antigouvernementale à Cuba même a été financée et dirigée par la section des intérêts américains à La Havane. Les restrictions du département d'Etat concernant les voyages vers l'île sont devenues plus sévères que jamais. Mauvais présage entre tous, au début de 2003, les gros pontes américains ont ouvertement commencé à envisager une invasion de Cuba et la discussion n'a été suspendue provisoirement qu'après que l'invasion de l'Irak se fut avérée si coûteuse.

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En Afrique, la petite Cuba s'est donné un rôle planétaire

 

Le conflit angolais, notamment, a permis à Fidel Castro d'exister face aux superpuissances de l'époque

Par Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional) LE MONDE Le 28.11.2016

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C'était au début des années 1960, et la révolution cubaine, malgré ses efforts, ne s'exportait pas bien en Amérique latine. Les échecs s'accumulaient, des pouvoirs amis étaient annihilés. Du Brésil à l'Argentine, les gouvernements « réactionnaires », alliés des Etats-Unis, semblaient triompher, de coups d'Etat en écrasements de mouvements révolutionnaires.

Il restait une partie de la planète peut-être mûre pour l'aventure révolutionnaire, et c'était l'Afrique, à peine et mal décolonisée. Entre elle et Cuba, il y a toute la largeur de l'Atlantique. Certaines proximités allaient compenser la distance. Cuba se trouvait des affinités avec le mondenoir, victime de la colonisation et désormais terrain de jeu pour les pays occidentaux en pleine guerre froide. Il semblait également naturel qu'une île comme Cuba, où vit une forte population noire ou métisse trouvant ses racines dans la traite négrière et ancienne colonie, se projette vers le continent des origines. Et tant pis si la question raciale n'était pas si nette sur l'île des « Barbudos ». Fidel Castro en avait fait un thème de politique intérieure, n'hésitant pas à déclarer lors d'un discours en 1966, lui dont le père était un Espagnol immigré de Galice :« Le sang de l'Afrique coule profondément dans nos veines. »

Missions militaires tous azimuts

Cuba avait mis le pied en Afrique en commençant par un coup de foudre pour le Frontde libération national (FLN) des Algériens, alors en pleine guerre contre la France. En 1961, Fidel Castro avait envoyé son premier bateau d'armes au FLN, alors qu'il n'était au pouvoir à La Havane que depuis deux ans. En 1962, il accueillera à Cuba Ahmed Ben Bella en ami et en héros. L'année suivante, on envoie des armes, y compris 22 blindés, et des soldats, pour assister l'Algérie dans la première « guerre des sables » qui est sur le point de l'opposer auMaroc.

Che Guevara va se charger de porter la révolution dans le reste de l'Afrique, qu'il parcourt pendant trois mois en 1964. Souvent, les Cubains déchantent.
Le Che, parti animer dans la clandestinité le maquis des combattants Simba, dans l'est du Congo, passera sept mois à setourmenter face à des Congolais velléitaires et évitera de justesse la capture alors qu'approchent les soldats de Mobutu appuyés par la CIA.
Les Cubains trouvent aussi des interlocuteurs à leur mesure. Comme Amilcar Cabral, le chef du Parti africain pour l'indépendance de laGuinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), qui mène une guerre de libération exemplaire en Guinée-Bissau.

Avec l'aide cubaine, sa formation vamettre les troupes coloniales portugaises dans de telles difficultés que la « révolution des œillets », le coup d'Etat des militaires portugais las de la guerre coloniale, s'en trouve précipitée en 1974. Pour la première fois, Cuba a pesé sur un processus politique international. Alors, les missions militaires se multiplient. L'Afrique, grande tranchée de la guerre froide, est en feu. Au départ, La Havane avance pour son seul compte, ne travaillant qu'à la propagation de la révolution. On accueille des étudiants à Cuba et on envoie des conseillers militaires.

Peu à peu, l'aide militaire de l'URSS devient indispensable. Moscou affrète des avions Iliouchine pour les traversées transatlantiques et remplit d'armes les bateaux à destination des mouvements africains que les Cubains entraînent. En Occident, on raille Castro, « marionnette de Moscou ». C'est se tromper : Cuba, jusqu'aux années 1970, choisit ses « amis » et ses terrains d'intervention. Ensuite, il faut composeravec les pays frères du bloc, de l'URSS à la Yougoslavie de Tito, autre pays non aligné impliqué en Afrique.

Opération « Carlota »

C'est en Angola que cette alchimie est portée à son plus haut degré de perfection. Après la « révolution des œillets », les colonies portugaises doivent accéder à l'indépendance. Des trois mouvements de libération, seul le Mouvement populaire de libération de l'Angola(MPLA) est proche des Cubains, depuis plus de dix ans. L'Unita et le Front national de libération de l'Angola (FNLA), eux, composent avec une alliance complexe qui réunit les Etats-Unis, l'Afrique du Sud de l'apartheid, des pays européens (France et Grande-Bretagne en tête) ainsi que la Chine communiste de Mao Zedong, animée par ses calculs antisoviétiques.

Contre le MPLA, une première opération, appuyée par la CIA et le Zaïre de Mobutu, tente de prendre Luanda par le nord, tandis que du sud monte une colonne de blindés sud-africains avec le même objectif. Les chars Eland approchent de la capitale quand Fidel Castro lance l'opération « Carlota », du nom d'une esclave noire qui avait mené une insurrection à Cuba en 1843. Des conseillers cubains débarquent et les armes fournies par l'URSS suivent. Luanda ne tombera jamais. Entre octobre 1975 et avril 1976, plus de 30 000 Cubains sont envoyés dans le pays.

Fidel Castro a gagné un pari : celui de se trouver au centre d'un épisode majeur de la guerre froide. Ses troupes ont sauvé un pouvoir ami et fait la démonstration que les forces de l'Afrique du Sud sont vulnérables. L'échec sud-africain a des répercussions en Afrique australe, où les alliés et satellites du pays de l'apartheid (la Rhodésie, qui n'est pas encore le Zimbabwe, le Sud-Ouest africain, qui n'est pas encore laNamibie) considèrent cette démonstration avec inquiétude. Quelques mois plus tard éclate une insurrection à Soweto, un township de Johannesburg…

Dernier affrontement de la guerre froide

La petite île est parvenue à jouer un rôle planétaire. « En Afrique, nous pouvons infliger une lourde défaite à toute la politique des impérialistes… Nous pouvons libérer l'Afrique de l'influence des Etats-Unis et de la Chine », déclarera Fidel Castro au leader est-allemand Erich Honecker dans les années 1970, à une époque où Cuba se plie de plus en plus aux décisions de l'URSS. A la demande de Moscou, les Cubains vont intervenir en Ethiopie en 1977 pour aider le pouvoir du Derg à repousser l'attaque de la Somalie de Siyad Barré dans la région de l'Ogaden.

Avant l'effondrement de l'URSS, les troupes cubaines vont participer à l'un des derniers grands affrontements de la guerre froide, encore en Angola, lors de la bataille de Cuito Cuanavale. En janvier 1988, entre 20 000 et 40 000 Cubains, selon les sources, sont engagés aux côtés de 30 000 Angolais et 3 000 Namibiens, avec 600 chars en appui, des centaines de pièces d'artillerie, 1 000 canons antiaériens et des Mig 23. En face, l'armée sud-africaine. C'est la plus grosse bataille sur le sol africain depuis la seconde guerre mondiale. Tous les participants en sortiront en clamant victoire. Tous mentent : ils sont éprouvés, le savent, et cherchent désormais une voie de sortie. Ce sera la dernière contribution cubaine en Afrique. La Namibie, jusqu'alors sous mandat sud-africain, obtient son indépendance en échange du retrait d'Angola des forces de La Havane.

L'Union soviétique est en train de vivre ses derniers jours, une autre ère commence, et les Cubains s'envolent. Ils ont maintenu des missions militaires en Guinée-Bissau, en Angola, au Congo-Brazzaville, au Zaïre (Congo-Kinshasa), au Bénin, en Ethiopie, et ont participé à la formation de plusieurs mouvements de libération, depuis le Zimbabwe jusqu'au Mozambique en passant par l'ANC de Nelson Mandela, qui en sera toujours reconnaissant à Fidel Castro.

Mais l'histoire s'est terminée, la vague révolutionnaire s'est brisée et Cuba se trouve à nouveau bien loin des côtes africaines.