Naomi Shemer

La «First Lady» de la chanson israélienne.

10/07/2004
Pour réagir :

  Pour naviguer
Appuyez sur le nez
     Une chanteuse qui a fait l'histoire. Née dans un kiboutz, ses airs ont parsemé toute la vie du jeune État d'Israël, Yroushelaym chef Zahav évoque la prise de Jérusalem en 1967,  Lou Yehi la guerre de Kippour, O my Captain l'assassinat de Rabbin.  Elle chantait pour les enfants qui le lui ont bien rendu !  ses mélodies sont entrées de son vivant dans la légende, et même dans le rituel des synagogues.   

Naomi Shemer vient de mourir (27 juin 2004) à l'Hôpital Ichilov de Tel Aviv des suites d'une longue maladie à 74 ans. Ses chansons, selon le "Haaretz" forment un véritable socle pour la culture israélienne.

Naomi Shemer est née et a grandi à Kvutsat Kinneret, un kiboutz fondé par ses parents près du lac de Tibériade. Selon sa volonté, elle vient d'y être enterrée, sans discours, en toute simplicité, mais en présence du Président de la République d'Israël, du Premier ministre, du ministre de l'enseignement et de très nombreux artistes, ainsi que son mari, ses deux enfants, et ses quatre petits enfants.

      
Très tôt, elle commença les leçons de piano. A partir des années 50, Naomi écrivit ses premières chansons. En 1955, elle quitta le kibboutz pour pour étudier la musique à l'académie Rubin de Jérusalem. Puis, elle retourna au kiboutz pour apprendre le rythme et la musique aux enfants, en effet, au début de sa carrière, elle écrivit des chansons pour enfants qui devinrent de véritables succès populaires.    

      Elle possédait un sens inné pour la poésie, l'écriture, la composition, mais également pour mettre en musique les textes d'autrui ou encore adapter en hébreu certaines chansons étrangères. Ses chansons font le lien entre le passé et le présent, les fêtes et l'ordinaire, le lac de Tibériade et Tel Aviv, toutes ses chansons naviguent dans l'histoire d'Israël entre la paix et la guerre. Mais les Israéliens la connaissent surtout pour les chansons qu’elle avait écrites pour la Chorale du Nahal de laquelle elle avait fait partie lors de son service national.

       En 1957, elle s'est marié avec l'acteur Gidéon Shemer, dont elle a eu une fille Lali.  Au milieu des années 60, Naomi se sépare de son mari, elle part avec sa fille à Paris où ses chansons sont influencées par la langue française (La ville en gris).    De retour en Israël, elle se marie avec le juge Mordechai Horowitz le père de son fils Daniel. En 1987, elle reçoit le grand prix d'Israël. Elle était membre de l'académie de la langue hébraïque.

        Sa chanson la plus connue est ' Yeroushalayim Chel Zahav '' repris et traduit en français par les Compagnons de la Chanson, qui a été écrite pour un festival de chansons à Jérusalem en avril 1967 à la demande de Teddy Kolek, maire de la ville.   Peu après la réunification de Jérusalem, elle y a ajouté une nouvelle strophe qui évoque le retour des juifs dans la vieille ville.  Cette chanson en hébreu est l’une des plus jouées dans le monde.

     Yeroushalaym, dont vous pourrez écouter la mélodie en cliquant sur les notes de musique plus bas,  entre lentement dans le rituel des synagogue, certains chantent des psaumes en utilisant la musique de Naomi. C'est un hymne à Jérusalem qui a l'avantage de ne pas être officiel, ce n'est pas une "idole" devant qui on se met au garde à vous, mais un chant d'amour et d'espoir.
     
En 1967, lorsque Nasser a massé ses troupes à Gaza, lorsque l'ONU à la demande de l'Egypte a plié bagage pour faciliter l'invasion, toute la communauté juive en France comme en Israël a eu très peur. il n'y avait pas encore de «territoires occupés» mais déjà une volonté de «libérer» la Palestine, 20 ans après la Shoa, on allait nettoyer un bout de terre où les juifs se concentraient.

    La victoire israélienne, probablement prévue par les stratèges, nous est apparu, à nous dans la diaspora comme un miracle, et la présence juive au pied du mur des lamentations comme un prodige.

    Nous avons alors senti passer le vent de l'histoire, ce n'était pas la joie d'une victoire militaire, non, c'était autre chose. C'était une émotion très forte emprunte de crainte, nous avions entre nos mains le rêve de tous nos ancêtres. C'est à ce moment que la voix claire de Naomi Shemer a conquis nos âmes.

    Après l'assassinat du Premier Ministre Itzhak Rabin, N. Shemer traduisit et mit en musique le poème de Walt Whitman, "Ô Capitaine ! Mon Capitaine !" (Oh Rav Hovel)

     Elle était un artiste de génie, une femme courageuse qui exprimait toujours ses idées même quand elles n’étaient pas populaires auprès de la presse israélienne qui lui reprochaient ses opinions nationalistes.
Naomi Shemer était avant tout une incorrigible romantique.

En cliquant sur l'image ci dessous vous aurez un double CD avec beaucoup de ses chansons.

Les plus connues d'entre elles sont :

* ''Lu Yehi '' (1973)
* Hurshat Haecalyptus (1957) crée pour les cinquante ans du kibboutz Kineret
* Yerushalayim shel zahav (Jerusalem d'Or) 1967
* Anah'nu Shneinu Meoto Hakfar (Nous étions deux du même village)1967
* Hithadshut (Renaissance)
* Lou Yehi (Cela pourra être après la guerre de Kippour 1973)
* Al kol ele (De toutes ces choses)
* Od lo ahavti dai (Je n'ai pas assez aimé encore)
* Acharey HaShkiya BaSadeh (1975 p)
* Kibbuy Orot
* Kineret (1973 p)
* Shir Nolad (1980 p)

 

 

 

 

 

-

 

 
 

 L'air des montagnes est pur comme vin
Et l'odeur des pins
Est portée par le vent du soir
Avec le son des cloches.

Et quand sommeil l'arbre et la pierre
Enfouie dans son rêve,
S'abime la ville solitaire
Un mur dans le cœur.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

2.

Comme ils sont à sec les puits !
La place du marché est vide.
Et nul oeil ne guette le mont du Temple
Dans la Vieille Ville.

Et dans les grottes des rochers
Hurlent les vents
Et nul ne descend vers la Mer Morte
Par la route de Jéricho.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

3.

Mais venue aujourd'hui chanter pour toi
Et te tresser des louanges
Je ne suis pas à la hauteur du moindre de tes enfants
ni du dernier des poètes.

Car ton nom brûle les lèvres
Comme le baiser d'un séraphin
Si je t'oublie Jérusalem...
Toi qui es toute d'or.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

4.

Nous sommes revenus aux puits des eaux,
au marché et sur la place.
Un shofar appelle sur le Mont du Temple
dans la Vieille Ville.

Et dans les grottes des rochers
Des milliers de soleil rayonnent
Nous reviendrons et descendrons vers la Mer Morte
Par la route de Jéricho.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

(*) Shofar : Corne de bélier instrument correspondant aux cloches chrétiennes ou au chant du muezzin... le choffar annoncera les temps messianiques. Aujourd'ui on ne somme plus du choffar que pour les jours de pénitence Roch Hachana et Yom Kippour, le son évoque les sanglots, la crainte, et appele à un retour vers la foi.

 
Avir harim zalul kayayin
Ve-rei'ah oranim
Nissa be-ru'ah ha'arbayim
Im kol pa'amonim

U-ve-tardemat ilan va-even
Shvuyah ba-halomah
Ha-ir asher badad yoshevet
U-ve-libbah homah

Yerushalayim shel zahav
Ve-shel nehoshet ve-shel or
Ha-lo le-khol shirayikh
Ani kinnor.

Eikhah yavshu borot ha-mayim
Kikkar ha-shuk reikah
Ve-ein poked et Har ha-Bayit
Ba-ir ha-attikah

U-va-me'arot asher ba-selah
Meyallelot ruhot
Ve-ein yored el Yam ha-Melah
Be-derekh Yeriho

Yerushalayim shel zahav
Ve-shel nehoshet ve-shel or
Ha-lo le-khol shirayikh
Ani kinnor.

Akh be-vo'i ha-yom la-shir lakh
Ve-lakh likshor ketarim
Katonti mi-ze'ir bana'ikh
U-me-aharon ha-meshorerim

Ki shemekh zorev et ha-sefatayim
Ke-neshikat saraf
Im eshkakhekh Yerushalayim
Asher kullah zahav

Yerushalayim shel zahav
Ve-shel nehoshet ve-shel or
Ha-lo le-khol shirayikh
Ani kinnor.

Hazarnu el borot ha-mayim
La-shuk ve-la-kikkar
Shofar kore be-Har ha-Bayit
Ba-ir ha-attikah

U-va-me'arot asher ba-selah
Alfey shemashot zorhot
Nashuv nered el Yam ha-Melah
Be-derekh Yeriho

Yerushalayim shel zahav
Ve-shel nehoshet ve-shel or
Ha-lo le-khol shirayikh
Ani kinnor.

 

 

C'est sur cet air que se termine le film "La Liste de Schindler".
Vous trouverez dans la marge un lien sur une analyse musicale du film du plus grand intérêt.