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Textes sur Durban II

lundi, 04-Mai-2009

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Publié le 05/03/2009 N°1903 Le Point
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy -

Refusons la mascarade de Durban II

Chacun se souvient de cette fameuse conférence de Durban qui s'acheva, deux jours avant le 11 septembre, dans la ville du même nom, en Afrique du Sud, sous l'égide des Nations unies.

Nous avons tous en mémoire le terrible spectacle offert, à Durban donc, par ces représentants d'ONG qui se retrouvaient, en principe, pour fustiger l'intolérance et le racisme et qui s'accordèrent, en réalité, sur le fait qu'il n'y avait qu'un Etat raciste au monde et que cet Etat, c'était Israël.

Et je ne peux, moi, en tout cas, oublier la stupeur et, très vite, le désespoir de ces délégations de survivants du génocide rwandais, de militants de la démocratie zimbabwéens, d'intouchables indiens, de Pygmées, de rescapés des massacres soudanais, j'en passe..., lorsqu'ils réalisèrent que leur sort ne présentait aucune espèce d'intérêt aux yeux des croisés de l'altermondialisme qui avaient fait main basse sur la conférence et ne voulaient, en matière de discrimination, ne plus voir désormais qu'une tête : celle des peuples dont le malheur pouvait être imputé à l'Occident en général et aux « Américano-sionistes » en particulier.

Huit ans plus tard, réédition.

Du 20 au 24 avril prochain, à Genève, nouvelle conférence-dite de Durban II-où l'on doit, nous explique-t-on, évaluer les « progrès » réalisés depuis Durban I en matière de lutte contre le racisme.

Sauf que tout ce que l'on sait de l'organisation de cette nouvelle conférence, tout ce qui a pu filtrer des intentions du bureau du « Comité préparatoire » présidé par la Libye, tout ce que l'on peut lire , surtout, dans le projet de « Déclaration finale » d'ores et déjà rédigé par le bureau avec l'aide, en particulier, de ses vice-présidents pakistanais, cubain et iranien -ah ! les grands démocrates...-laisse présager le pire.

Israël plus que jamais mis en accusation car fondé, dit-on, sur un « apartheid »... La critique des religions et, en particulier, de l'islam définie comme un « racisme »... L'inscription, autrement dit, du « délit de blasphème » parmi les crimes majeurs que la communauté internationale se doit de stigmatiser...
Sans parler du fait qu'il ne dit toujours pas un mot, ce projet de Déclaration, ni du Zimbabwe de Mugabe, ni du Darfour et de ses trois cent mille morts, ni d'aucune des hécatombes dont le monde-et en particulier l'Afrique-est, aujourd'hui même, le théâtre mais dont on imaginait mal les tenants de l'axe irano-libyen se faire les pourfendeurs...

Tel est l'esprit de Durban II.

Telle est la lettre du texte qui sera, à partir du 20 avril, soumis à la discussion.
Et tel est le piège, donc, qui est en train de se mettre en place et où l'on voudrait voir tomber les gouvernements des pays démocratiques ainsi que, venus du monde entier, les militants antiracistes.

Alors, je sais bien qu'une discussion est, par définition, un lieu ouvert. Et je n'ignore pas qu'il reste beaucoup de jours pour, d'ici au 20 avril, tenter de modifier un texte dont chacun convient qu'il est, en l'état, inacceptable.

Mais le point de départ étant celui-là, le socle de propositions servant de base au débat étant cette addition de préjugés, de haines et de silences, le rapport de forces, enfin, étant ce que l'on peut présumer qu'il sera au sein d'un Comité préparatoire dominé, je le répète, par les représentants d'Ahmadinejad et Kadhafi, on voit mal comment, même amendée, la Déclaration qui nous est présentée pourrait servir de Charte à une action antiraciste mondiale et concertée.

Et c'est pourquoi à la question posée, ce lundi 2 mars au matin, par la secrétaire d'Etat Rama Yade à un groupe d'intellectuels (faut-il aller à Durban II ? faut-il, et jusqu'à quel point, batailler pour que soient respectées les « lignes rouges » tracées par la diplomatie française ? ou faut-il, comme le Canada et, peut-être, les Etats-Unis, se résoudre à boycotter ?) je réponds, personnellement, que oui, hélas, la solution du boycott semble être la plus raisonnable, la plus digne, en même temps que la plus conforme à la vocation de la France.

La plus conforme à la vocation de la France, car il est inconcevable que le pays de Voltaire entre, si peu que ce soit, dans l'engrenage d'un débat où l'on accorderait aux représentants des Eglises le droit de limiter la liberté d'expression et de conscience.

La plus digne, car on n'imagine pas, trente-quatre ans après l'« ignominie » (Michel Foucault) de la résolution de l'Unesco assimilant le sionisme à une forme de racisme, la patrie des droits de l'homme consentir à ce que le légitime débat politique sur le déroulement, voire le principe, de la guerre de Gaza tourne à la stigmatisation globale, morale, unique en son genre, de l'Etat juif.

Et la plus raisonnable, parce que la lutte contre le racisme est chose beaucoup trop sérieuse pour que l'initiative en soit laissée à un quarteron de dictateurs dont le principal souci est de faire oublier les discriminations, humiliations, violations massives des droits de l'homme et de la femme dont leurs propres pays sont le lieu.

Dans l'intérêt même de cette lutte, par égard pour la belle et noble cause qu'est la cause antiraciste, en hommage à tous ceux qui, de Fanon à Mandela, en ont défini l'esprit, il faut refuser, très vite, très fermement, et sans appel, la farce de Durban II

Bloc note de BHL

 

 
Chronique
Durban II" : les leçons d'un match nul, par Caroline Fourest
LE MONDE | 24.04.09 | 14h37 • Mis à jour le 24.04.09 | 14h37

"Durban II" n'est ni un succès ni un échec, mais un match nul. On a sauvé la lettre, mais pas l'honneur.

La France et son ambassadeur, Jean-Baptiste Mattei, ont eu raison de refuser la politique de la chaise vide, malgré la pression. Boycotter revenait à déserter. Participer a permis d'obtenir un meilleur texte qu'à "Durban I". Sans référence à la "diffamation des religions" et sans focalisation sur Israël (comme si le conflit israélo-palestinien relevait du racisme et non d'un conflit territorial).

Entre ceux qui rêvent d'étendre la lutte contre le racisme à toutes les discriminations (y compris sexuelles) et ceux qui rêvent de transformer la lutte contre le racisme en lutte contre le blasphème, le seul compromis possible était un texte qui ne prévoyait ni l'un ni l'autre. Vu de Paris, cet accord peut paraître décevant. Vu de Genève, où l'on sait combien le rapport de force est défavorable aux pays démocratiques, on serait tenté de crier victoire.

Il faudra surveiller l'interprétation du paragraphe 12, bien mal ficelé, où l'énumération de certaines discriminations ("islamophobie, antisémitisme, anti-arabisme") laisse penser que le racisme envers les musulmans, les juifs ou les Arabes relève d'un racisme antireligieux... Pour le reste, le texte sert la lutte contre le racisme et milite contre l'oubli des crimes du passé - dont la Shoah. La haut-commissaire aux droits de l'homme, ainsi que la plupart des grandes ONG représentées à Genève, l'ont salué comme la meilleure réponse possible au discours du président iranien.

A partir du moment où le président iranien Ahmadinejad souhaitait venir faire son show pour les besoins de sa campagne électorale, il n'existait aucune posture idéale. Quitter la conférence revenait à lui abandonner le terrain. Les pays autoritaires en auraient profité pour réécrire le texte, dans le sens que l'on sait. A l'inverse, regarder ailleurs pendant qu'un tyran vomit sa haine à la tribune d'une conférence contre le racisme eut été indigne. Entre les deux, François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l'homme, a convaincu ses collègues européens de se lever pour quitter la salle à la première diatribe. Un geste rare dans cette enceinte. Il a réparé l'affront. Il aurait fallu plus pour sauver l'honneur.

A force d'hésiter entre boycotter ou non, les démocraties ont manqué d'audace. Elles ont bataillé pour sauver le texte final, mais ont abandonné la tribune. Les pays les plus autoritaires s'y sont relayés pour ne parler que d'Israël ou de la diffamation des religions, sans qu'une autre vision du monde ne leur soit réellement opposée. Seul le ministre des affaires étrangères norvégien a sauvé l'honneur. Intervenant juste après le président iranien, il a dénoncé son discours avec la plus grande fermeté et rappelé que le texte voulu par cette assemblée était à l'opposé de ce message de haine.

Où étaient les autres ? Quel symbole si Rama Yade (secrétaire d'Etat aux droits de l'homme) avait succédé à Ahmadinejad pour remettre les pendules à l'heure ! Sous la pression des boycotteurs, son ministre de tutelle (Bernard Kouchner) ne lui a pas donné son accord. Et le président iranien a gardé la vedette.

Au lieu de boycotter ou d'envoyer leurs ambassadeurs, les Européens auraient dû se montrer offensifs et prendre le micro pour défendre leurs valeurs. Ils auraient dû rappeler en cascade que l'amalgame entre sionisme et racisme est une escroquerie, la focalisation sur le passé un écran de fumée, le racisme un mal qui ronge tous les pays (au Nord comme au Sud), et la critique de la religion un droit universel. Ils auraient aussi pu ironiser sur ces pays qui se battent contre la "diffamation des religions" au nom de l'islam tout en discriminant leurs minorités religieuses. Ou sur ces autres pays (parfois les mêmes) qui prétendent incarner les "damnés de la terre" tout en militant pour la domination masculine et l'oppression des minorités sexuelles. De ce point de vue, "Durban II" est une occasion manquée.

Caroline Fourest
Article paru dans l'édition du 25.04.09.

Caroline Fourest
parle d'un match nul
 

Incident pendant la conférence : le médecin palestinien otage de Kadafi prend la parole.

Des boycotteurs très présents

lundi 4 mai 2009 - par Michèle Sibony publié sur Oumma.com

Officiellement absent de la Conférence de Genève sur les droits de l’homme, Israël a en réalité exercé sur cette manifestation un contrôle de tous les instants.

Nous avons décidé à quelques militants associatifs, de l’ AIC, ATMF, CCIPPP,CMF, FTCR, et UJFP (1) de nous rendre à la conférence de réexamen de Durban à Genève, unis par un sentiment mêlé d’inquiétude et de nécessité. Notre message commun était clair : le refus de l’exception. La Conférence de réexamen de Durban contre le racisme et pour le respect des droits de l’homme dans le monde ne pouvait faire l’impasse de ces violations, du racisme colonial, et ces discriminations légales contre les citoyens palestiniens d’Israël. Le dire ensemble nous semblait important. Mais perdus dans ce cadre immense, et en l’absence de la plupart des ONG et associations françaises du mouvement social qu’allions nous pouvoir y faire d’autre que constater et surtout, en témoignant, tenter de lutter contre la lourde artillerie médiatique qui conditionnait depuis des mois les esprits sur cet événement ?

Nous avons vite compris où nous étions : Dès le 19 avril, une Conférence alternative était organisée à Genève avec des invités de choix, dont Caroline Fourest, venue défendre les thèses du choc des civilisations, et désigner l’ennemi musulman. Puis une manifestation contre l’antisémitisme visant directement la Conférence suivie d’une veillée d’arme le 20 et d’un meeting le 22 devant le Palais des Nations avec Nathan Charanski, l’ex dissident soviétique passé à l’extrême droite israélienne, ministre des relations avec la Diaspora et Alan Dershovitz célèbre avocat américain aujourd’hui néo conservateur.

Mais c’est avec l’ouverture de la Conférence des États que nous avons mesuré l’ampleur de l’opération. Dès le matin des groupes sionistes manifestent devant les entrées du Palais des Nations, scotch noir sur la bouche, avec pancartes et tracts dénonçant une conférence conduite selon eux par les États racistes ne respectant pas les droits humains. Ils appellent à quitter la Conférence en soutien aux États luttant vraiment contre le racisme et pour ces droits, États-unis, Canada, Israël et quelques pays européens.

Israël bien qu’ officiellement absent de la Conférence y a assuré sa présence et son contrôle avec un lobby de près de 1500 personnes entourées et protégées par une forte présence de barbouzes israéliennes, et l’arrogance de colons en territoire conquis : l’Union des Étudiants Israéliens, l’ Union des Étudiants juifs de France, des groupes d’étudiants américains, anglais, et aussi des chrétiens sionistes.

L’accréditation a été retirée le 3e jour de la conférence à Coexist et l’UEJF en raison de leur comportement « délinquant » pour dénoncer le racisme de la conférence dans toutes les commissions susceptibles d’aborder le colonialisme israélien, les violations des droits humains en Palestine ou les discriminations et le racisme vis à vis des Palestiniens citoyens d’Israël. La méthode est binaire et mono thématique : chaque fois qu’il sera question de la Palestine, le lobby présent opposera une batterie de questions : Quid du Darfour, du Congo, du Sri Lanka, des Droits des femmes et des homosexuels en Iran etc... ? et quid de l’ Antisémitisme ?

Plus grave encore, le fruit d’un lobbying coordonné par UN Watch - ONG au service de la cause - auprès des groupes africains entre autres, les persuadant que ce sont les Palestiniens et leur problème qui veulent monopoliser l’attention et sont indifférents aux autres discriminations.

(Ndlr : Pour juger dela pertinance de ce paragraphe, j'invite le lecteur à lire le discours du président Ahmadinedjad )

Pour comprendre ce qui se passe il faut obstinément déconstruire la massive propagande à l’œuvre, qui présente l’ensemble de l’opération comme l’attaque d’un Sud antisémite, essentiellement arabo-musulman, opposé à la liberté d’expression, et pour l’essentiel contre la démocratie qui est évidemment représentée par tous les pays absents. Or en réalité c’est l’inverse qui s’est passé. depuis le lendemain de Durban 1 jusqu’à Genève, la conférence contre le racisme a été soumise aux lignes rouges des démocraties du Nord : ne pas condamner Israël et ne pas évoquer la Palestine, quitte à imposer même pour y parvenir qu’aucun pays n’y soit nommément désigné.

Depuis Durban huit années ont passé, huit années d’ultra libéralisme néo conservateur qui ont imposé l’ unilatéralisme comme mode de négociation, la guerre préventive et la recolonisation comme modalité de pacification, laminé les droits civiques, le droit international, et les institutions de l’ONU, réuni dans l’OTAN la nouvelle direction mondiale, provoqué une crise économique mondiale majeure.

Genève est le sinistre reflet de cette période, et de la violence sans merci de la rencontre Nord Sud contemporaine. C’est la confiscation de cet espace d’expression des peuples du tiers monde, ceux qui souffrent jusque dans nos contrées, du racisme et des violations des droits humains. Dans le Forum de la société civile, ceux là ont demandé que des sanctions de ces violations visent aussi les pays d’accueil des millions de réfugiés. Mais au total l’imposture médiatique de Genève aura consisté à faire croire à un boycott d’Israël et d’un certain nombre d’Etats, alors que ceux-ci ont été omniprésents, qu’ils ont imposé un diktat préalable sur texte de la déclaration finale, vidant comme une coquille le cadre de travail, et exercé un contrôle permanent à l’intérieur comme à l’extérieur de la conférence.

Michèle Sibony UJFP -30 avril 2009 Politis

(1)Alternative Information Centre -jérusalem/Bethléem,
Association des Travailleurs Maghrébins de France,
Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien,
Collectif des Musulmans de France,
Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives,
Union Juive Française pour la Paix

Incident pendant la conférence : le médecin palestinien otage de Kadafi prend la parole.
  Voir Résolution finale EditRegion15
 

Lire discours du Président Iranien