Voyage à Eli et Jérusalem en décembre 2005

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Cette page a ÚtÚ mise Ó jour le 28/09/06 ,

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      La formidable mobilisation contre le retrait de Gaza fut un échec. Eli fait semblant de l'oublier pendant que l'anarchie à Gaza laisse présager des jours sombres pour ses habitants. La Judée-Samarie-Cisjordanie vit à l'heure de la religion, chacun chez soi, et la paix pour tous. Jérusalem multiple et unique repose sur un équilibre magique.  Le sourire des femmes en hijab dans les magasins de luxe de la nouvelle ville de Jérusalem est une promesse.  
 
   
 Un village arabe voisin vu d'Eli, séparé par un écran de brume...

       

       C'est la deuxième fois que je pars à Eli cette année, mais cette fois, c'est pour la bonne cause, Tiféreth, (Splendeur en  hébreux), ma troisième petite fille vient d'y débarquer après un bref séjour de moins de 48 heures à la maternité surchargée de l'hôpital Hadassa de Jérusalem.

     . Le droit du travail local ne donne qu'un seul jour de congé paternité. Les deux autres jours doivent être pris sur un maigre stock de congés annuels, dix jours en tout. En France, nous sommes quand même privilégiés.

          Ces deux éléments suffisent à expliquer pourquoi mon épouse et moi même avons donc rajeuni de quelque trente ans en volant au secours de la jeune mère, qui  devait faire face seule à des tâches surhumaines dans son état. Heureusement, les millieux religieux continuent à faire vivre des coutumes très anciennes, qui tendent à resserrer le lien social. Les voisines se sont organisées, et pendant huit jours, elles apportent à la jeune mère les repas du midi et du soir. Nous avons donc pu juger de la qualité des divers maitresses de maison. Situation idéale pour le muffle parfait !    Mais cette solidarité va plus loin, on est venu frapper à la porte un jour, une collecte était organisée dans le village pour une famille tombée dans la nécessité. Certains d'ailleurs usent et abusent de cette générosité, et plusieurs mendiants individuels, munis des certificats, et de leur press-book, et de leur impressario sont venus nous solliciter.

 
         Des histoires merveilleuses courent à Eli, on m'a raconté celle d'une jeunes fille, qui était partie avec sa maman en pellerinage à Auschwitz, en Pologne, elle avait vu des paons, et avait trouvé ces animaux merveilleux, elle a insisté pour se faire photographier en leur compagnie. Peu de temps après, de retour en Israël, elle s'est fait assassiner par ce qu'elle avait pris le même bus à Jérusalem, que celui choisi par un "héros" palestinien qui avait jugé utile de se faire exploser. Dans les jours qui ont suivi un couple de paons est arrivé à Eli, et a choisi de s'installer dans la maison de la jeune fille.  

      A Eli, je me suis un peu senti comme un nordiste dans le dixiland chez les sudistes, ici, tout le monde est "Orange", opposé à tout retrait de territoire. Sur les voitures, on voit des rubans plus ou moins délavés, (le soleil est fatal pour les couleurs !), les jeunes en portent sur leur sac à dos, dans les écoles on explique aux enfants la peine des évacués du Goush Kativ (bande de Gaza). 
        La grande synagogue a été inaugurée pour les fêtes d'automne, d'extérieur le bâtiment est sobre et beau, l'intérieur n'est pas finalisé, et comme partout dans la région, la place pour les femmes est réduite et sans visibilité.

       Fataliste, un villageois a remarqué, qu'avec un bâtiment d'une telle hauteur, les irrédentistes d'Eli ne se laisseront pas facilement évacués quand ils seront sur le toit. Personne ne se fait d'illusion sur les intentions de Sharon, et personne ne croit en ses promesses.

      Les scènes affligeantes auxquelles on a assisté au lendemain de l'évacuation de Gaza on convaincu les quelques hésitants que cette évacuation n'était pas un pas vers la paix, mais donnait des gages aux ennemis qui en profiteraient pour se renforcer. Ce n'est pas le triomphe annoncé du Hamas aux élections palestiniennes qui vont leur faire changer d'avis ! 

     Je suis convaincu qu'il faut créer un état palestinien vivable, avec des frontières claires, que la Judée fait partie de la terre d'Israël, et fait partie de la Palestine. Que chaque peuple doit faire la loi, là où il est majoritaire. Que la majorité doit protéger la minorité qui elle doit obéir aux lois du dominant. Donc, que le habitants d'Eli devraient accepter la loi et la protection palestinienne chez eux. Qu'ils devraient faire des efforts pour se faire admettre au lieu de jouer les irrédentistes. Leur position actuelle ne peut mener qu'à leur évacuation en raison des pressions insurmontables des puissances occidentales sur l'état d'Israël.  Mes idées n'ont rencontré aucun succès sur place. On est convaincu ici que les arabes sont des barbares et des assassins, et que s'ils le pouvaient ils extermineraient tous les habitants d'Eli. Se soumettre à leur loi serait signer son arrêt de mort.

     Pourtant, j'ai rencontré aussi des juifs, habitant les implantations, qui admiraient l'islam. Ils apprécient la tenu pudique des musulmanes, qui contrairement aux filles de Tel Aviv savent se tenir. Il existe une proximité entre le judaïsme orthodoxe qu'on pratique ici, et l'islam. Cette proximité pourrait être porteur d'espoir, si les rabbins et les imams n'avaient pas l'habitude de porter des jugements collectifs sur leurs "cousins".

 

    J'ai eu le plaisir de voyager un peu, et d'apprécier Jérusalem.

    Sur la route, les "trempistes" sont revenus, "trempiste" est le terme utilisé ici pour désigner des auto-stoppeurs, on en voit en grappe à chaque biffurcation de la route 60, juste devant l'arrêt d'autobus, et à côté de protection en béton, où se cacher en cas de danger. Ils attendent soit le "tremp" de leur rêve, soit l'autobus.

    Moins nombreux la journée, mais plus nombreux en fin d'après midi on voit les arabes qui après une longue journée" de travail attendent leurs autobus, ou des véhicules compatissants (et arabes bien entendus). Les bourgades arabes qui dominent la route 60 s'honnorent de superbes immeubles collectifs. Les villages ont parfois des noms bizzares, comme Sanjill... vous aurez reconnu Saint Gilles. On ne voit que très peu de grues, et pourtant les maisons neuves poussent comme des champignons.

 

 

         La séparation avec les palestiniens est  une décision qui ne plait pas à tout le monde, j'ai vu la barrière, et j'ai vu le mur. Il progresse très vite, on voit le mur à Jérusalem, et la barrière vers Ariel.

          Tous les jours on a confirmation que le mur-barrière est la frontière que le gouvernement d'Israël souhaite imposer aux Palestiniens. Dans l'espoir d'une négociation, elle se rapproche le plus possible de la ligne de démarcation de 1948, en englobant un maximum de population juive, et un minimum d'habitants arabes. Ceux qui considèrent que la Judée Samarie fait partie de l'état juif, ceux qui considèrent que Jaffa fait partie de l'état arabe et ceux qui pensent qu'il faut abolir les barrières entre les hommes s'y opposent.

          Jérusalem est à la limite du désert de Judée, et quand on atteint la ville sainte en venant de la mer morte, on voit des bédoins semi nomades qui habitent dans des machins à mi chemin entre le bidon ville et la tente de bédoin, sans eau ni confort. Parmi ceux qui protestent il y a les partisans de la re judaïsation de la Cisjordanie. Nous avons vu de petits villages construits en toute illégalité, ou se regroupent une quinzaine de logements, des caravanes, style barraques de chantier, en attendant la possibilité de construire en dur. Les habitants de ces logements sont des militants qui rejoignent les militants de "La paix maintenant" pour lutter contre le mur, mais pour des raisons différentes.
      On entre dans la ville en passant un barrage léger, il n'y a pas de queue, mais ceux qui ont une plaque verte (palestine), ou ceux qui ont une tronche bizzare doivent montrer leurs papiers, et ont souvent le privilège de subir un contrôle plus ou moins rigoureux.

 Le mur en construction m'a évoqué la muraille d'une grande ville moyenageuse, séparant des zones habitées des campagnes non sécurisées. Il m'a semblé enserrer les quartiers juifs, et éviter antant que faire se peut, d'occuper des terres palestiniennes, même non bâties.


Les égyptiens aussi ont crée un mur de sécurité pour protéger les touristes à Sharm el Sheik, et cela ne plait pas non plus à tout le monde !
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L'Inde accélère la construction d'une barrière de 4000 km
fermant sa frontière hermétiquement avec le Bangladesh dans la
crainte que son voisin musulman ne devienne un nouvel Afghanistan"

[The Sunday Times - 13 /11/ 05

      J'ai eu l'occasion de me promener à pied, en voiture, et de m'égarer dans les quartiers de la ville. D'une rue à l'autre, on passe de l'hébreux à l'arabe, la ville semble homogène dans sa diversité. Il existe de beaux et de vilains quartiers partout. Pour rendre sa splendeur (Tiféreth) à la ville capitale, le gouvernement a décidé d'entreprendre de recouvrir toutes les maisons de pierre de Jérusalem. Cette pierre dorée si caractéristique.

      Pour cela, elle en a importé des tonnes de Jordanie !

      Je suis entré à pied dans la vieille ville par la porte de Damas, celle qui est à côté de la gare d'autobus de Jérusalem Est. Tous les bus sont verts, et sont écrits en arabe, on ne voit que très peu de juifs dans le secteur, c'est vrai que de temps en temps, il y en a un qui se fait assassiner... mais n'étant pas habillé de façon ostencible, je pouvais facilement me fondre dans la foule et passer inapercu.

      La ville est couverte d'arcades, et souvent on ne voit pas le ciel, entré dans un café par hasard, j'ai découvert avec surprise que la petite porte donnait sur une salle aussi intime qu'un hall de gare, peu de clients, aussi, j'ai pu être servi rapidement, j'ai commandé un café, et on m'a servi aussitôt un café turc sucré parfumé à la fleur d'oranger. J'ai regardé la décoration, plutôt vieillotte, un grand panneau nous présentait Jérusalem-est en 1940 et en 1985, et nous montrait la dégradation de certains monuments... triste propagande, tout observateur voit qu'en règle générale d'énormes efforts sont fait pour tout retapper.

     Dans les quartiers juifs, quand on demade un café on vous dit : «Ézé café ?» quel café ? il faut répondre «Charror» pour le café turc non sucré sans fleur d'oranger, «expresso», «americano» pour un café allongé, ou «filter» pour un café filtre... un café coûte le même prix qu'en France, alors que les salaires sont moins de la moitié.

     J'ai eu droit à un concert merveilleux lors de la prière musulmane, une symphonie de muezzins qui rivalisaient de vocalises, et qui semblaient se répondre. Peu de temps après, ce furent les cloches qui se mirent à sonner à toute volée. Selon les rues et les angles, Jérusalem est une ville chrétienne, juive ou musulmane.

 Photos de Jérusalem

 Autres photos
(Site de J Gallay)

Il y a sur Modia Beaucoup de belles photos d'un amoureux de Jérusalem.

E,core des photos : chez Jaberwocky...

     Que pensent les habitants arabes de la situation actuelle ?  veulent-ils être palestiniens ou israéliens ?  on dit en Israël que la plupart souhaitent être israéliens, pour des raisons économiques et de sécurité. Les chrétiens ne souhaiteraient pas être à la merci du Hamas. Mais ils ne pourraient pas exprimer trop franchement leur opinion par crainte des terroristes qui n'hésiteraient pas à règler leur compte en cas de retour à la Palestine. L'exemple du Sud Liban a du marquer les esprits. Pour ma part, j'ai l'impression que les gens sont divisés. En passant devant un magasin d'encens, j'ai entendu par la porte ouverte la radio ou un enregistrement qui diffusait un message enflammé en arabe, m'étant arrêté pour écouter, le marchand qui avait un habit et une tête d'islamiste m'ayant remarqué  a aussitôt fermé sa boutique à double tour... plus tard j'ai vu sa photo dans le journal, interrogé par le Jérusalem Post, le marchand était un ancien juif orthodoxe, convertit à l'islam. Il m'a semblé être resté fidèle au fanatisme ! ! !      Un peu plus loin, une boutique toute ouverte proposait des jus d'orange très frais, et les chants de Julio Iglesias emplissait toute la rue, et tous les coeurs, le marchand, très jovial m'a exprimé son contement de voir les touristes revenir.  Diversité des  hommes et des opinions que rien ne peut mieux symboliser que cette échoppe photographiée pour vous :

      Voilà les tee shirts-vendus... on y trouve la tête d'Arafat, en bleu un "sabra" surnom affecteux donné aux juifs nés en Israël, des appels à libérer la Palestine, d'autres avec l'écusson de l'armée d'Israël, des appels à la paix ou à boire du Coca Cola... et un avec la devise "America, don't worry, Israël is behind you !" (Amérique ne te fait pas de soucis, Israël est avec toi ! -slogan humoristique sorti lors de la guerre d'Irak- ) . Sommes nous dans une ville occupée ? en tout cas, il y a une grande liberté d'expression ! 

      Toutefois, si on vante la paix, la Palestine ou la force d'Israël, il manque le tee shirt qu'on trouve le plus dans la partie juive de la ville : "I Y Jerusalem" ou "I Y Israël"

 

 

 

 

 

 

        Touristes rassurez vous, vous trouverez ici tout ce qu'il faut pour vous ruiner, les marchands arméniens ou arabes sont collants à souhait et les guides accrocheurs.... nous sommes entré dans une église Via Dolorosa, aussitôt un jeune homme nous a montré ce qu'il y avait à voir,  et nous a expliqué que nous étions à l'étape 1 du calvaire, et qu'il y en avait beaucoup d'autres. « Je commente par ce que j'ai la foi, uniquement pour la foi» nous expliqua t-il, «Je ne suis pas intéressé, mais je peux vous guider à travers la ville sainte, pour seulement 250 Shekels (50 €)» . Quand nous lui avons dit que nous préférions voir tout seul, le prix est tombé à 40 shékels !  C'est cela les miracles de la ville sainte.  Dans les quartiers juifs, y compris dans la vieille ville où prospèrent les marchands d'arts, les marchands sont plus européens, et moins collant, mais plus on se rapproche du mur, plus on rencontre de mendiants, qui eux sont dignes des marchands arabes. Certains s'habillent de façon ostentatoire afin d'être pris en photo, et dès que le malheureux touriste a fait clic, le modèle fait claque et tend sa petite menotte ! ! !  

        Certaines rues mènent à l'esplanade où se trouve la Mosquée Al Aqsa, mais l'entrée est filtrée par des soldats nonchalants, qui l'interdisent avec le sourire aux non musulmans, et à tous pendant les heures de prière, ils m'ont demandé si j'étais juif, devant ma réponse affirmative, ils m'ont donné l'ordre d'aller prier en bas, contre le mur...  et que ça saute ! ! !

        Je renierais mes racines française si je négligeais la cuisine, et là pas de doute, la France est supérieure !  On ne trouve que des traces des cuisines juives traditionnelles dans les restaurants, ce n'est qu'au marché Ma'hané Yehouda que j'ai vu des dizaines de carpes encore vivantes qui sautaient sur l'étale du poissonnier... comme des carpes . Autrement dit, ce qu'on vous sert est terriblement oriental, Showarma, 'Houmous, fella-fell... et comme légume l'éternelle salade tomate concombre, il y a une grande proximité entre la cuisine israélienne et la cuisine palestinienne.

     A côté de cela, les Viennoiseries sont appétissantes et à un prix abordable, j'ai particulièrement apprécié les croissants au fromage blanc vendus 20 Shekels, soit 40 cents, les israéliens les consomment souvent avec un grand verre de café au lait.

        Mais vous savez, les israéliens ont un caractère d'acier, et ils se lient facilement  d'amitié avec les touristes de passage,   j'ai pu immortaliser une rencontre merveilleuse...

          

                                    ....            A suivre ! ! !