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Obama Face au monde

mercredi, 04-Mar-2009


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Dominique Moïsi, auteur de «Géopolitique de l'émotion» en partance pour les États Unis est venu présenter au cercle Bernard Lazare ce qu'il faut attendre de Barak Obama

EditRegion6
 

Malgré une actualité proche orientale chargée et dramatique, et malgré un départ dans dix jours pour cinq mois d'enseignements aux USA, Dominique Moïsi est venu au Cercle Bernard Lazare pour tenir ses engagements, on lui avait demandé d'exposer «Le rôle des États Unis d'Obama dans le monde»

«Quand on m'interrogeais sur la politique étrangère des USA dans un avenir proche, je répondais, "Ce ne sera pas la priorité", avant que l'aventure de Gaza ne vienne peut-être modifier les choses.

 

Premier objectif : Remettre de l'ordre dans l'économie et donner confiance aux américains

Obama sait qu'il aura un déficit énorme, déficit qu'il devra encore agraver. En novembre 2007, John Edward, candidat malheureux à l 'investiture démocrate, avait prévu un déficit de 150 Md $, mais cette somme lui avait parue si démente qu'il n'avait osé annoncer que 25 md de $. Or Obama parle aujourd'hui de 800 md de $ ! pire, cette somme est jugée insuffisante. Le déficit de l'exercice 2008/2009 devrait représenter 8,3% du PIB contre 3,1% l'an dernier, selon un rapport du bureau du Budget du Congrès américain (CBO) publié mercredi. Ce qui correspond à 1200 md de $.

«Notre problème n'est pas seulement un déficit de dollars, mais aussi un déficit de responsabilité et un déficit de confiance» a affirmé Barack Obama, pour cela, il compte rassurer les gens créant une «sécurité sociale» qui fait cruellement défaut outre atlantique, et il espére que les remèdes de cheval qu'il administrera à l'économie finiront par produir des effets.

Par ce que la dépense privée ne répond plus, le nouveau président la relayera dans un premier temps par la dépense publique. Obama accroîtra donc le déficit en début de mandat pour mieux le résorber à la fin

 

La politique étrangère d'Obama

A priori, la politique étrangère des États Unis sera secondaire dans les objectifs d'Obama. Toutefois, l'actualité peut obliger le nouveau président à modifier ses priorités. Voici dans l'ordre les priorités de la diplomatie américaines telles qu'elles étaient connues lors de son élection :

1° Le moyen Orient

  • Afganistan : Empêcher l'Afganistan de tomber sous la coupe d'Al Quaïda. Cette lutte déborde sur le Pakistan pays dangereux doté de la bombe atomique, dont l'État ne contrôle que très mal les zones tribales, qui est infiltré de l'intérieur par les islamistes et qui sert de refuge aux Talibans et autres faiseurs de guerre.
  • Iran : Après avoir hésité, l'administration américaine veut appaiser les relations avec l'Iran. Pas nécessairement avec Ahmadinedjad. En effet le Président n'est qu'une des fractions qui dirige l'Iran, il est possible qu'il soit empêché de nuire par plus puissant que lui au sein de l'appareil d'État. C'est probablement cette politique qui explique la discretion de l'Iran lors de la guerre de Gaza.
  • Irak : Sortir du bourbier dans les deux ans. Il n'y aura pas de rupture avec la politique du Président Bush, signe de ceci : le maintien du général David Petraeus à la tête des troupes US dans le pays. Sa méthode : acheter les opposants. Quelque soit le prix, c'est généralement moins cher que de les combattre !
  • Turquie : La Turquie est un allié qu'il ne faut pas perdre. L'islam gagne du terrain dans ce pays officiellement laïque, et plusieurs signes inquiètants montrent une évolution anti-occidentale possible. (Cette évolution est prévue dans le livre de Samuel Hungiton «Le choc des civilisations»)
  • Le conflit Israélo-Palestinien : En novembre, on ne connaissait guère la position de Barack Obama, on sait que ce n'était pas sa priorité. Les États Unis, comme l'Iran ont été très discrets pendant l'offensive israélienne. Beaucoup espèrent ou redoutent une initiative de paix américaine, mais pour Dominique Moïsi, il est peu probable qu'Obama s'y investisse vraiment, ce n'est que sa cinquième priorité au moyen orient.

2) Le retour de la Russie

  • La russie redevient un problème. Elle fait chanter l'Europe avec le gaz, on a vu comment elle a pu étrangler l'Ukraine, et l'obliger à renoncer à tout rapprochement avec l'occident. La russie cherche à faire revivre la guerre froide : «Je vous fais peur, donc j'existe, vous m'aviez oublié, mais ma puissance de nuisance reste là»
  • La guerre de Géorgie illustre bien ce retour en force d'une puissance oubliée. Toutefois, la Russie est ruinée. La baisse du cours du pétrôle met en évidence des déficits abyssaux qui expliquent le durcissement de Gazprom devant l'Ukraine. Les nouveaux riches ont spéculés, contrairement aux Indiens et aux Chinois qui ont crée de la richesse.
3) La Chine partenaire et rivale
  • La Chine est-elle un partenaire ou un rival ? Obama préfère un partenaire, un bon acteur sur lequel on peut compter. En résumé le discours américain serait le suivant : « Je vous permets de vous enrichir, laissez moi gouverner»
  • Toutefois, il y a un grand risque. Que se passerait t-il si la crise s'agravait ? il y aurait du chômage en Chine avec des troubles intérieurs de plus en plus nombreux, et un durcissement de la politique intérieure et extérieure. Le risque de voir la Chine devenir agressive comme la Russie est bien pris en compte.
    Une raison de plus pour laisser la priorité à l'économie.
4) Le rapport au multilatéralisme
  • L'époque Bush est finie, les États Unis veulent devenir de «bons élèves». Un des signes les plus marquant, est leur changement d'attitude sur l'écologie. Ils lutteront contre le réchauffement de la planète.
  • Les américains se considèrent comme le peuple élu, et c'est fier de leur rôle qu'ils prendront sûrement des initiatives pouvant plaire au plus grand nombre.
5) Les relations trans-atlantiques
  • Si l'Europe ne passionne plus les USA, c'est par ce que «ça ne se passe plus chez nous». Sauf dans le cas improbable d'un retour de l'impérialisme Russe, l'Europe restera la cinquième priorité de la politique étrangère américaine.
En conclusion :

Les Etats Unis resteront encore un certain temps la seule super puissance par défaut.

Le reste gouverné par l'émotion, par exemple, Obama lui même a utilisé le ton compassionnel pour parler des victimes civiles de Gaza. Les médias servent de caisse de raisonnance. Il en va des émotions comme du cholestérol. Il y en a du bon et du mauvais.

  • Les bonnes émotions : par exemple celles qui entourent la personalité d'Obama dont on espère plus de justice et de fraternité
  • Les mauvaises comme les messes nazies de Nuremberg, les cultures de peur et d'humiliation.

Les rapports spécifiques à l'espoir aboutissent à la confiance, l'humiliation et la peur, c'est quand on a plus confiance en soi.

ma,

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